| Les cohortes
de Mugabe saisissent les biens dune ferme
dune valeur de 4.4 millions de
Dollars : Procés. Les blancs
répliquent : au Zimbabwe, un nouveau défi
légal au programme de redistribution des terres.
Par Peta
Thornycroft
Harare
Un des plus proches alliés du président Robert
Mugabe a expulsé de ses terres un
fermier blanc et a saisi des biens estimés à
une valeur de 4.4 millions de Dollars, selon des
documents des tribunaux remplis au Zimbabwe. Le
fermier, Guy Watson-Smith, a lancé la première
action en justice contre un membre du cercle des
proches de Mugabe, impliqué
dans la saisie illégale de terres et de biens..
Craignant pour sa sécurité, M.
Watson-Smith, âgé de 51 ans, a fui
en Afrique du Sud.
La cible de son
action est le général Solomon Mujuru, alias Rex
Nhongo, le chef des guérillas de Monsieur
Mugabe, pendant la guerre d
"indépendance". Dans le Zimbabwe
daprès lindépendance, il était
devenu chef des armés avant de quitter le
service du gouvernement en 1995. Le Général
Mujuru sest mis aux affaires
après avoir quitter le gouvernement et possède
plusieurs fermes commerciales, mais appartient
toujours au cercle des proches de Monsieur
Mugabe en tant que membre du comité
central et du Politburo du ZANU-PF, le parti au
pouvoir. Cest un des hommes les plus craint
de son pays. Sa femme, Joyce,
est ministre des affaires de leau, au sein
du cabinet des ministres du Zimbabwe.
M.
Watson-Smith a demandé à la cour
suprême dobliger Joseph Made,
le ministre de lAgriculture ; Ignatius
Chombo, le ministre de
lintérieur ; "Camarade
Zhou", un "vétéran de
Guerre",, et le général Mujuru
de lui rendre les liens mobiliers de sa ferme,
incluant des tracteurs, des véhicules et des
équipements dirrigation. A Prétoria, où
il séjourne chez des proches, M. Watson-Smith a
déclaré : "Nous resterons
en Afrique du Sud le temps quil
faudra".
Selon les
documents des tribunaux, Il y a trois mois,
Monsieur Watson-Smith, sous le coup de graves
menaces de violences physiques de la part des
militants de Mugabe, a été forcé à quitter
ses fermes du District de Béatrice, à 65
kilomètres au sud dHarare. En début du
mois, Le Général Mujuru a
conduit M. Watson-Smith à
sa ferme cétait la première fois en
deux mois que sa présence était autorisée sur
les lieux- et lui a ordonné de dire aux
employés de la ferme quils travailleraient
pour une nouvelle direction.
On a dit à Monsieur
Watson-Smith que sil retournait
dans sa maison pour plier bagage, les camions de
déménagement seraient brûlés. Ce sont donc sa
femme Vicky, âgée de 44
ans, son fils Adam, âgé de
17 ans et sa fille Alice,
âgée de 15 ans, qui ont empaqueté leurs
possessions et abandonné la ferme.
Monsieur
Mugabe est confronté à de
grandissantes pressions internationales au sujet
de son programme de redistribution des terres,
dont il dit quil est une étape vitale pour
réparer les injustices de la période
coloniale.. Dans le cadre de ce programme, des
centaines de fermes appartenant à des blancs ont
été saisies, souvent avec violence et sans
compensations.
Jeudi, Le
Comité daction ministériel du
Commonwealth a prévenu le Zimbabwe quil
risquait dêtre suspendu du groupe des 54
nations à moins que soit mis un terme aux
occupations, aux intimidations politiques et aux
intimidations des médias. Les ministres du
Commonwealth ont aussi demandé à Monsieur
Mugabe dautoriser des
observateurs internationaux dans le pays pour
surveiller les préparatifs des élections
présidentielles de lan prochain, où il
risque dêtre confronté à un véritable
défi de la part du parti dopposition, le Movement
for Democratic Change.
Vendredi, Georges
W Bush, le président des Etats-Unis,
a signé le Zimbabwe Democracy and
Economic Recovery Act, ayant pour but
d'encourager le gouvernement du Zimbabwe soit de
s'impliquer dans la tenue d'élections libres et
dans un programme équitable de réforme agraire,
soit de subir des sanctions.
Ce mois-ci,
lunion européenne sest aussi
approchée du point dimposer des sanctions
contre le gouvernement de Robert Mugabe,
à moins quil ne mette en uvre les
promesses faites en Septembre à Abuja de mettre
fin à la violence et de tenir des élections
libres et équitables.
Samedi dernier,
Monsieur Mugabe sen est
violemment pris au Commonwealth, laccusant
dagir sous la pression de la
Grande-Bretagne. "Le Commonwealth
est une organisation qui nous est commune et il
ne devrait jamais y avoir de situation dans
laquelle un pays veut sen servir comme
instrument pour atteindre ses propres
objectifs." a déclaré Monsieur
Mugabe dans des propos diffusés à la
télévision détat. Il a dit au Zimbabwe
Herald, lorgane de presse du
gouvernement, que la menace de sanctions ne
l'écarterait pas des ses projets concernant les
fermes. "Ils
peuvent même demander à Lucifer de les aider,
mais cest notre pays, et nous ne lâcherons
pas" a til dit.
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