| Un
fermier Blanc exécuté.
Il n'aura fallut que quelques heures après le renouvellement
du Mandat de Robert Mugabe pour que le sang coule à nouveau
au sein de la communauté blanche du Zimbabwe. Dans la nuit
de dimanche 17 mars 2002 à lundi 18 mars 2002, un dixième
fermier blanc, Terry Ford a trouvé la mort dans sa ferme
de Gowrie, prés de Norton, à quarante kilomètres à l'ouest
d'Harare.
Depuis la réélection de Robert
Mugabe au cours d'élections truquées, la violence s'est
à nouveau intensifiée dans les fermes blanches du Zimbabwe,
violences qui ont culminés avec l'exécution de ce fermier.
Pendant la nuit, des militants du parti au pouvoir, qui
occupaient la ferme de Monsieur Ford, avaient commencé à
piller l'exploitation du fermier. Vers minuit; il avait
contacté un de ses voisins en réclamant de l'aide et en
lui demandant de réclamer l'intervention de la police, sentant
que sa vie était en danger. Il avait également déconseillé
à son voisin de venir seul, lui affirmant que les squatteurs
le tueraient. Contactée, la police avait refusé d'intervenir.
Coupé du monde, Terry Ford
a alors tenté de fuir sa ferme mais un véhicule en barrait
la sortie. Il a alors tenté de défoncer une clôture avec
sa voiture pour échapper au piège, mais sans succès. Les
squatteurs noirs se sont alors regroupés, l'ont tiré de
la voiture avant de l'attacher à un arbre. Il alors été
abattu à bout portant, d'une balle en pleine tête.
Les violences contre les blancs
n'ont cessé de s'intensifier depuis la fin des élections
du Zimbabwe. Les fermiers blancs expriment désormais ouvertement
leurs craintes. L'un des voisins qui a reçu le dernier appel
de Terry Ford a déclaré, sous condition d'anonymat:
"Je n'ai pas dormi, je savais au fond de moi
que le pire était arrivé. C'est la fin pour nous, la communauté
des fermiers blancs dans son ensemble est très effrayée
et les gens pensent que nous allons tous être exterminés
si nous ne partons pas".
David, un autre fermier blanc
de Mazowe (à 40 km au nord d'Harare), tient des propos de
la même nature:
"Depuis la réélection de Mugabe, ceux qui occupaient
nos terres ont compris qu'ils avaient carte blanche, moi
ils m'ont donné trois heures pour partir samedi. Je suis
toujours là mais je pense que ma fin sera imminente et violente".
Un autre fermier de Seke (30
Km au sud d'Harare), John, a déjà envoyé sa femme et ses
enfants en Grande Bretagne en 2001. En évoquant son départ
pour l'Angleterre, il déclarait à un journaliste de l'AFP:
"Ce n'est pas notre pays, nous n'avons rien
là bas mais nous n'avons pas le choix, c'est l'exil ou la
mort"
Depuis l'an 2000, des milliers
de Zimbabwéens blancs ont été contraints de quitter leur
pays suite à la campagne raciste de Robert Mugabe, se réfugiant
en Afrique du Sud, en Nouvelle-Zélande, en Australie ou
en Grande Bretagne. Monsieur Mugabe a en effet déclaré publiquement
que les blancs sont "des escrocs et des fraudeurs" et son ministre de l'agriculture, Monsieur Made
a dit que "les blancs ne sont
pas des êtres humains".
Pendant des années, la petite
communauté des fermiers blancs du Zimbabwe, forte d'environ
5000 fermiers, a réussi à assurer l'autosuffisance alimentaire
du Zimbabwe, faisant de ce pays une exception en Afrique.
Suite à la politique de "réforme agraire" de Robert
Mugabe, qui a pour but de redistribuer les terres des blancs
à la population noire du pays, la production agricole du
pays s'est effondrée, cinq cent milles personnes sont touchées
par les pénuries alimentaires, deux autres millions de zimbabwéens
sont menacés par la famine. Le Zimbabwe a fait appel à l'aide
internationale pour pouvoir nourrir sa population cette
année.

Terry Ford a été exécuté par
des partisans de Robert Mugabe
"Les blancs ne sont pas des êtres humains"
Joseph Msika,
vice président du Zimbabwe
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