LE RACISME ANTIBLANC
Persécution au Zimbabwe

accueil 28 juillet 2002
Persécutions au Zimbabwe

Les derniers blancs de Marondera

La dernière famille blanche fait face à la saisie des terres

A Marondera, l'appel matinal à la radio des fermiers, commencé il y a plus de deux ans après l'assassinat du premier propriétaire blanc, s'est fait graduellement de plus en plus court. Le mois dernier, il s'est complètement arrêté. Car Nigel et Clare Hough sont désormais les seuls fermiers blancs qui restent dans ce qui fut la plus riche région de plantations de tabac du Zimbabwe. Leurs 23 Voisins sont tous partis. Le mois prochain, les Hough seront hors la loi s'ils restent sur leur ferme.

Au sein des ombres dansantes d'un après midi d'hiver africain, on peut comprendre tout de suite pourquoi la famille Hough Reste. Leurs quatre enfants, qui ont entre un et sept ans, jouent avec deux amis noirs, courent autour de la piscine, tandis que le couple les surveille depuis la terrasse. Les bougainvillées fleurissent dans un embrassement carmin et un soleil rouge se couche derrière les montagnes Hwedza.

Le seul signe qu'il manque quelque chose est l'absence d'autruches dans une ferme qui se proclame la "Kendor Ostrich Station". Puis les Hough expliquent que les huttes d'où montent la fumée de feux de bois, à moins de quatre cent mètres, ne sont pas les maisons des employés mais celles des soi-disant "vétérans de guerre" qui ont commencés à occuper les lieux depuis que le programme de réforme agraire engagé par le gouvernement a commencé en février 2000.

Un camion emporte dix de leurs vingt vaches pour les abattre. "Les gens volent les vaches, une par semaine maintenant." a expliqué Monsieur Hough "Nous retrouvons les squelettes le matin, toute la viande enlevée. C'est ce qui arrive quand il n'y a plus de loi."

Les vaches ne sont pas les seules choses à disparaître. Les pompes ont été enlevées et la semaine dernière, le câble électrique a été volé, plongeant la ferme dans l'obscurité. Si la police locale ne fait rien concernant de tels vols, Monsieur Hough s'attend à être arrêté dans deux semaines. Kendor est une des 2900 fermes litées sous la section 8 de l'acte d'acquisition des terres, qui fixe une date limite de quarante cinq jours pour cesser les activités agricoles et quarante cinq jours de plus pour que les propriétaires et leurs familles partent.

Pour les Hough, cela signifie qu'ils doivent partir d'ici au 9 août. Mais, contrairement à beaucoup, ils sont déterminés à rester. "Nous avons bâti ceci à partir de rien et nous pensons que cela vaut le coup de se battre" a expliqué Madame Hough "Mais nous ne nous faisons pas d'illusions. Ce ne sera pas facile."

L'ajout de la ferme [Sur la liste des fermes saisies] est une illustration criante du coté lunatique du programme de réforme agraire. "J'ai fais tout ce qu'il était possible pour être un fermier modèle" a dit monsieur Hough. Le couple a acheté la ferme en 1996 avec de l'argent gagné en élevant des autruches en chine et en Indonésie. En quelques mois, ils en avaient donné la moitié à un mécanicien noir du coin, Monsieur Chirashi. Il avait réparé leur tracteur et n'avait aucun endroit pour mettre ses vaches laitières.

Les Hough ont acheté 1 500 autruches et installé une usine produisant des sacs et des chaussures en peau d'autruches pour l'exportation et une autre pour des vêtements de safari. Ils ont alors commencé à former les gens du coin. Parce qu'un de leur employés sur trois mourrait du sida, ils ont décidé d'ouvrir un orphelinat pour les enfants des employés agricoles décédés. Monsieur Hough est devenu le directeur de quatre comités de créations d'emplois, aidant 3000 étudiants à lancer des projets de jeunes pousses tels des fermes d'autruches à petite échelle.

"Je passe tous les critères du gouvernement concernant ce qu'ils disent vouloir" dit-il "Avec seulement 30 hectares de terre arable, notre ferme est petite. C'est la seule ferme que je possède. Nous formons les gens et ce que nous produisons part à l'exportation. J'ai fait tout ce que je pouvais pour la communauté locale. Je passe sur tout sauf sur une chose - Je suis blanc."

Monsieur Hough, 39 ans, est né à Marondera et vient d'un milieu agricole. Des 36 familles de fermiers auxquelles il est lié, seules trois restent encore. Marondera a été le théâtre de certaines des pires violences du pays. David Stephens, le premier des douze fermiers blancs à être assassiné, a été abattu d'une balle dans la tête en avril 2000 dans sa plantation de tabac en bas de la route. A un moment, il y avait un incident par jour.

Ce n'est qu'il y a un mois que les Hough ont aussi songé à partir. Madame Hough a expliqué: "A la radio, il y avait encore plus de propagande déclarant que les blancs ont saboté le pays, et j'ai simplement pensé " Je n'en peux plus."". Le jour même, son mari était en mission de découverte en Australie.

Bien que la famille soit la seule à rester sur la ferme à l'expiration de la date limite, Monsieur Hough s'est résigné à partir, probablement à la fin de l'année. "Même si je vais en justice et que je gagne la ferme, nous ne serons jamais en sécurité, " a-t-il dit "dès l'instant qu'un type haut placé s'intéressera à la ferme, on nous jettera". Ils ne sont pas les seuls à avoir peur.

Akre, leur nourrice, se demande ce qui lui arrivera, ainsi qu'à ses deux enfants. Leur locataire, Madame Chirashi, a dit: "Nigel nous a traités comme un frère. Il ne nous fait payer qu'un dollar Zimbabwéen par bête et par mois pour la terre, et rien lorsque nous n'avons pas d'argent. Il s'est arrangé pour nous obtenir un prêt pour un camion. Celui qui lui succédera va nous expulser."

 

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Référence
  • 28 juillet 2002 - The Telegraph - "The last white family takes stand against land grab" par Christina Lamb - traduit ci dessus
Précédent - 24 juillet 2002 - Pourquoi la famine va s'aggraver au Zimbabwe
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Quelques Liens sur le Zimbabwe  
 

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