| Des militants du
Zimbabwe commencent à expulser un fermier blanc Bindura, Zimbabwe
Mercredi, au nord-est du Zimbabwe, des militants
noirs armés de gourdins et de pierre ont
commencé à expulser un fermier blanc de sa
terre. Cest la première saisie depuis que
lordre dexpulsion du gouvernement est
arrivé à échéance la semaine dernière.
Près de deux
tiers des 2 900 fermiers visés par la réforme
agraire du président Robert Mugabe ont défié
léchéance du 8 Août fixée pour
quils donnent leurs terres à des noirs
sans terres.
Environ 60
militants, pour lessentiel des jeunes,
fidèles à Mugabe ont encerclé le bâtiment de
Condwelani Farm, près de Bindura
piégeant à lintérieur Terry Hinde, sa
femme et son fils.
Un journaliste
zimbabwéen qui travaille pour le "Daily
News ", un quotidien
indépendant, et un autre reporter du "Daily
Télégraph", un quotidien
britannique, ont aussi été piégés dans la
maison.
" Nous
venons de lavoir au téléphone [Le reporter du Daily
News] et il nous a dit que les
militants ont brisé trois fenêtres et menacent
de sintroduire dans le reste de la
maison," a dit un rédacteur du journal
à lAgence Reuter.
Un journaliste
de Reuter et une équipe indépendante de
télévision ont été chassés quand ils sont
arrivés sur les lieux, à environ 90 Kilomètres
au nord de Harare, la capitale.
Les militants
ont frappé deux des journalistes à plusieurs
reprises, les accusant dêtre des partisans
de lopposition politique à Mugabe et ils
ont essayé de retourner leurs véhicules tandis
quils partaient.
Un porte-parole
dun groupe de pression des fermiers,
Justice for Agriculture (JAG), a dit que la
famille Hinde a appelé une compagnie de
déménagement après que les militants aient
commencé à jeter les meubles sur la pelouse.
" La
famille doit partir pour des raisons de
sécurité
" déclare Jenni
Williams, la porte-parole de JAG.
Des témoins
disent que la police sétait rendu à la
ferme tôt dans la journée de mercredi, mais est
partie avant larrivé des militants.
Des actions en Justice
La ferme a
été envahie il y a plus de deux ans et a été
listée pour une saisie obligatoire dans le cadre
du programme de réforme agraire accélérée de
Robert Mugabe.
Mugabe, qui
gouverne le Zimbabwe depuis son indépendance de
la Grande Bretagne en 1980, a juré de poursuivre
sa réforme agraire en dépit de graves critiques
tant à létranger que dans le pays.
Les réformes
agraires ont causé des bouleversements à une
époque où des millions dhabitants du sud
de lAfrique, au Zimbabwe et ailleurs, sont
confrontés à des pénuries alimentaires dues
aux troubles dans les fermes et à la
sécheresse.
Lundi, dans un
discours télévisé, Mugabe na pas su dire
ce qui arriverait à ceux qui défient
lordre de remise de 2 900 des 4 500 fermes
commerciales dirigées par des blancs.
Mais mardi, un
représentant du gouvernement a déclaré que les
fermiers blancs ne devraient pas trouver de
soulagement dans le fait que Mugabe nait
pas dit quelle mesure il prendrait.
" Il
ny a aucune indication quils seront
autorisés à rester
et ce qui nont
pas compris le message devront, éventuellement,
être expulsés de force. " a dit ce représentant.
Williams dit
que la famille Hinde prévoyait de se pouvoir
durgence devant la cour suprême pour
conserver sa ferme.
La semaine
dernière, La cour suprême a déclaré que,
létat ne pouvait confisquer des terres
appartenant à un fermier, en particulier, parce
quil navait pas prévenu sa banque,
qui avait une hypothèque sur la ferme.
JAG a incité
les fermiers a préparer de nouveau recours en
justice contre la saisie de leurs terres, disant
quil fallait dabord porter les
affaires devant les cours de justice, puis au
niveau international, " si
nous nobtenons pas un jugement
équitable ."
En faisant
apparemment référence aux actions en justice,
dans son discours de lundi, Mugabe a fait une
mise en garde : " Nous
ne tolérerons aucun obstacle et nous nous
souffriront certainement aucun délai
évitable. "
Onze fermiers
blancs ont été tués depuis le début du
programme de réforme agraire a commencé au
début de lannée 2000, certains apparemment
dans des vols incités par le climat
dabsence de loi et dautres lors de confrontations
directes avec des militants.
Des centaines
demployés agricoles noirs ont été
passés à tabac et un nombre inconnu
dentre eux sont mort aux mains des
"vétérans", dont beaucoup
dentre eux sont trop jeunes pour avoir
combattu pendant la guerre de libération de
lancienne Rhodésie, en 1970.
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