21 Septembre 2002
 

Une fermière australienne Chassée

 
 
 
 
 

Blessée et forcée d’abandonner un rêve.

Par Michael Owel-Brown

Cheryl Jones s’est faite tirer dessus, a été terrorisée, volée et forcée de fuir son pays adoptif par un despote impitoyable.

En Afrique, la corruption est une cause principale de destruction. Madame Jones, 47 ans, et son fils de 13 ans, Callum, sont rentrés mardi en Australie après que son rêve africain ait été brisé par la politique de Robert Mugabe, le président du Zimbabwe.

Hier elle a déclaré que sa réforme agraire et l’élimination impitoyable de l’opposition détruisaient le tissu social de cette nation qui fut prospère.

"C’est une tragédie sociale. Je peux être en colère envers (mes agresseurs) pour l’avoir fait les circonstances qui ont forcé ces garçons à le faire sont le véritable problème. Aucun d’eux n’avait jamais travaillé" a dit Madame Jones.

Née et élevée à Wagga Wagga, elle est tombée amoureuse d’une Afrique colorée et, en 1997, a créé une ferme de café et de légumes de 1000 hectares à environ 150 kilomètres à l’Est de Harare, la capitale.

Même si elle s’est résignée à perdre sa ferme dans le cadre des "réformes agraires" de Monsieur Mugabe et à recommencer à partir de rien en Australie, Madame Jones sait qu’elle a eut beaucoup de chance. Plusieurs fermiers blancs ont été assassinés depuis que le président Robert Mugabe a annoncé que des fermes seraient saisies aux blancs et redistribuées aux noirs. Seul un miracle médical a permis qu’elle ne soit pas une victime de plus.

Le 3 mai, Madame Jones s’est faite tirer dessus et a été volée par quatre crapules âgées de 16, 18, 23 et 24 ans, qui l’attendaient en embuscade près de sa ferme.

La balle a brisé son épaule droite et lui a traversé le torse, forçant littéralement madame Jones à retenir ses organes à l’intérieur de son corps tandis qu’elle conduisait 2 kilomètres jusqu’à sa maison.

Tandis que Cal tenait une couverture autour de sa mère pour enrayer l’hémorragie, son partenaire, John Logan, a conduit 40 minutes avant qu’ils ne rencontrent une ambulance.

Elle a reçu un traitement d’urgence dans un hôpital rural avant d’être transférée dans un hôpital à Harare. Les chirurgiens ont été horrifiés par l’étendue de ses blessures et la quantité de sang perdu.

En dépit du labyrinthe torve de cicatrices qui couvre son torse et qui est un rappel constant de son épreuve, Madame Jones concentre sa colère sur Monsieur Mugabe. Elle dit que les meilleures fermes et le meilleur équipement sont distribués aux hommes de main de Mugabe, exacerbant la famine du pays, causée par une grave sécheresse.

"Quand l’invasion des terres a commencé, il y a trois ans, leur motivation était

entièrement politique pour ré-établir la position de Mugabe comme seigneur du Zimbabwe" déclare Madame Jones

"Nous avons des politiciens au Zimbabwe qui déclarent que le gouvernement voudrait réduire la population de 6 millions d’habitants. Cela signifie que 6 millions de personnes doivent mourir – c’est une situation à la Pol-Pot."

En février 2000, La ferme de Madame Jones a été une des premières a être envahie par une milice d’environ 20 jeunes hommes armés de Haches et de Machettes. Ils menaçaient de tuer ses chiens et de saccager ses récoltes.

Après que Madame Jones et ses employés aient refusé de se laisser intimider, les crapules sont parties.

Elle est "désespérément triste " pour ses employés et ses voisins qui, désormais, sont menacés par la famine.

Elle aime encore l’Afrique mais craind que le continent ne puisse évoluer à moins que l’occident ne prenne position contre une corruption installée au plus haut niveau.

" J’aime les côtés sauvages " dit-elle "En général, les gens sont merveilleux. J’aime la couleur, les odeurs, les défis qu’il faut relever tous les jours. Mais je pense qu’il faut qu’il y ait un consensus entre les dirigeants de ce monde pour reconnaître que la corruption en Afrique est la cause première de la destruction de tous ces pays. "

Madame Jones vit avec son frère, Ian Stone, dans les Blue Mountains et projette de déménager vers la Sunshine Coast, dans le Queensland.

Sa fille Sally, âgée de 22 ans, vit à Londres.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
         
 
Références
 
  • 21 Septembre 2002 - The Advertiser (australie) - "Shot Forced to Abandon a dream" Par Michael Owen- Brown

SUR LE SITE au sujet de cette fermière

  • 04 Mai 2002 / Agression suspecte sur une fermière blanche
  • 06 Mai 2002 / le ministre des affaires étrangères australien dénonce le racisme
 
 
   
         
 
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