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Blessée et forcée dabandonner
un rêve.
Par Michael Owel-Brown
Cheryl Jones
sest faite tirer dessus, a été terrorisée, volée et
forcée de fuir son pays adoptif par un despote impitoyable.
En Afrique, la
corruption est une cause principale de destruction. Madame
Jones, 47 ans, et son fils de 13 ans, Callum, sont rentrés
mardi en Australie après que son rêve africain ait été brisé
par la politique de Robert Mugabe, le président du Zimbabwe.
Hier elle a déclaré
que sa réforme agraire et lélimination impitoyable
de lopposition détruisaient le tissu social de cette
nation qui fut prospère.
"Cest une tragédie sociale.
Je peux être en colère envers (mes agresseurs) pour lavoir
fait les circonstances qui ont forcé ces garçons à le faire
sont le véritable problème. Aucun deux navait
jamais travaillé" a dit Madame Jones.
Née et élevée
à Wagga Wagga, elle est tombée amoureuse dune Afrique
colorée et, en 1997, a créé une ferme de café et de légumes
de 1000 hectares à environ 150 kilomètres à lEst de
Harare, la capitale.
Même si elle
sest résignée à perdre sa ferme dans le cadre des
"réformes agraires" de Monsieur Mugabe et à recommencer
à partir de rien en Australie, Madame Jones sait quelle
a eut beaucoup de chance. Plusieurs fermiers blancs ont
été assassinés depuis que le président Robert Mugabe a annoncé
que des fermes seraient saisies aux blancs et redistribuées
aux noirs. Seul un miracle médical a permis quelle
ne soit pas une victime de plus.
Le 3 mai, Madame
Jones sest faite tirer dessus et a été volée par quatre
crapules âgées de 16, 18, 23 et 24 ans, qui lattendaient
en embuscade près de sa ferme.
La balle a brisé
son épaule droite et lui a traversé le torse, forçant littéralement
madame Jones à retenir ses organes à lintérieur de
son corps tandis quelle conduisait 2 kilomètres jusquà
sa maison.
Tandis que Cal
tenait une couverture autour de sa mère pour enrayer lhémorragie,
son partenaire, John Logan, a conduit 40 minutes avant quils
ne rencontrent une ambulance.
Elle a reçu un
traitement durgence dans un hôpital rural avant dêtre
transférée dans un hôpital à Harare. Les chirurgiens ont
été horrifiés par létendue de ses blessures et la
quantité de sang perdu.
En dépit du labyrinthe
torve de cicatrices qui couvre son torse et qui est un rappel
constant de son épreuve, Madame Jones concentre sa colère
sur Monsieur Mugabe. Elle dit que les meilleures fermes
et le meilleur équipement sont distribués aux hommes de
main de Mugabe, exacerbant la famine du pays, causée par
une grave sécheresse.
"Quand linvasion des
terres a commencé, il y a trois ans, leur motivation était
entièrement politique pour ré-établir
la position de Mugabe comme seigneur du Zimbabwe" déclare Madame Jones
"Nous avons des politiciens
au Zimbabwe qui déclarent que le gouvernement voudrait réduire
la population de 6 millions dhabitants. Cela signifie
que 6 millions de personnes doivent mourir cest
une situation à la Pol-Pot."
En février 2000,
La ferme de Madame Jones a été une des premières a être
envahie par une milice denviron 20 jeunes hommes armés
de Haches et de Machettes. Ils menaçaient de tuer ses chiens
et de saccager ses récoltes.
Après que Madame
Jones et ses employés aient refusé de se laisser intimider,
les crapules sont parties.
Elle est "désespérément
triste " pour ses employés et ses voisins qui,
désormais, sont menacés par la famine.
Elle aime encore
lAfrique mais craind que le continent ne puisse évoluer
à moins que loccident ne prenne position contre une
corruption installée au plus haut niveau.
" Jaime les côtés
sauvages " dit-elle "En
général, les gens sont merveilleux. Jaime la couleur,
les odeurs, les défis quil faut relever tous les jours.
Mais je pense quil faut quil y ait un consensus
entre les dirigeants de ce monde pour reconnaître que la
corruption en Afrique est la cause première de la destruction
de tous ces pays. "
Madame Jones
vit avec son frère, Ian Stone, dans les Blue Mountains et
projette de déménager vers la Sunshine Coast, dans le Queensland.
Sa fille Sally,
âgée de 22 ans, vit à Londres.
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