03 octobre 2002
 

"Je n'ai pas goûté de Sang Blanc depuis 20 ans"

 
 
 
 
 

" Je n’ai pas goûté de sang blanc depuis 20 Ans "

Harare - Selon des documents juridiques obtenus ici mercredi, La femme d’un généralissime de l’armée du Zimbabwe a menacé de tuer un fermier blanc, lui déclarant, pendant qu’elle occupait sa ferme, qu’elle n’avait pas "goûté de sang blanc" depuis 22 ans.

Jocelyn Chiwenga, une cadre du ZANU-PF, le parti au pouvoir de Robert Mugabe, et son mari, le Lieutenant-Général Constantine Chiwenga, le commandant de l’armée, ont reçu un ordre d’Anele Matika, Juge à la haute cour, de cesser de vendre les produits d’exportation de la ferme qu’elle et son mari occupent illégalement depuis le mois d’avril de cette année.

Selon des affidavits acceptés par le juge, Roger Staunton, propriétaire de Stepherd Hall, une ferme de 1 275 Hectares située à 30 kilomètres à l’Est de Harare, dit que Madame Chiwenga est arrivée sur son domaine le 23 mai en "crachant le feu."

Selon Constantine Mkiya, l’avocat de Staunton, elle était accompagnée de plusieurs hommes portant des A.K 47.

" Il a déclaré qu’ "ils n’étaient pas en uniforme à cause de la position de son mari, mais nous sommes certains que c’étaient des soldats."

Quand Staunton a voulu lui serrer la main "Elle m’a dit qu’elle n’avait aucune intention de serrer la main d’un porc blanc."

"Elle a déclaré qu’elle n’avait pas goûté de sang blanc depuis 1980 (indépendance),que l’expérience lui manquait et qu’elle avait besoin du moindre prétexte pour tuer quelqu'un. "

Il dit qu’ "Elle a ordonné à un de ses gardes de "tuer le bâtard blanc" " L’homme a levé son arme mais n’a pas ouvert le feu ".

On signale que le Général Chiwenga aurait reçu une autre ferme dans le district de Marondera, dans une région où un de ses voisins est Perence Shiri, le commandant de l’armée de l’air, qui a chassé de la ferme dont il s’est emparé environ 300 fermiers qui y avait été réinstallés précédemment.

Pendant l’occupation, Madame Chiwenga s’est autoproclamée " la nouvelle Mbuya Nehanda ", une sorcière vénérée comme la meneuse d’un soulèvement contre l’occupation des blancs.

Monsieur Staunton a aussi déclaré qu’elle s’était vantée d’être " pleine aux as ". Les Chiwengas lui on donné 5 jours pour quitter la ferme et se sont emparés de toute sa propriété et de tous ses biens - comprenant des bâtiments, des camions, des équipements d’irrigation et un important projet de Serre et de plantation de roses – d’une valeur d’1 milliard de Dollars Zimbabwéens (environ 20 millions de dollars)

Elle a également vendu illégalement les roses et les légumes de sa serre à des compagnies d’exportations pour environ 85 Millions de Dollars Zimbabwéens.

Staunton dit que Chiwengas lui a d’abord promis de le dédommager entièrement pour la propriété et a fait pression sur lui pour qu’il accepte de ne pas leur faire un procès ou pour signaler l’incident à la presse.

Staunton a déclaré qu’après la violence et les intimidations qui ont accompagné l’occupation " J’estimais avoir de la chance " qu’on lui ait offert un dédommagement.

Cependant, a-t-il dit, depuis, les Chiwengas ont révélé au grand jour leurs intentions et m’ont fait en termes clairs qu’ils ne me dédommageraient pas car j’avais fait assez de profit au fil des ans, en utilisant la terre que je leur avais volé. "

Staunton a dit qu’il avait signalé la saisie au vice-président Joseph Msika, qui dirige le " programme de réforme agraire ".

Lorsque Madame Chiwenga l’a su, elle a dit au fermier que Msika n’avait " pas de couilles " et qu’il était incapable de les faire partir de la ferme. Elle a dit que "la prochaine fois qu’elle me verrait, je serais peut être dans un cercueil."

Staunton suit actuellement un traitement en Afrique du sud pour une maladie cardiaque causée par le stress qu’il a subit pendant l’occupation.

Lundi, cette semaine, Matika a accordé un mandat urgent afin que les Chiwengas cessent de récolter ou de vendre les produits de la ferme, et il a ordonné à Hortico, un agent qui vend des produits Zimbabwéens en Europe, de cesser d’acheter aux Chiwengas.

Stunton demande également un mandat pour que les Chiwengas quittent la ferme et lui permettent d’y retourner et de continuer à faire de l’agriculture.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
         
 
Références
   
 
   
         
 
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