19 février 2002
 

Tandis que le Zimbabwe est affamé, Madame Mugabe fait du Shopping

 
 
 
 
 

Un compte rendu "un peu" partisan, mais dans le bon sens :-)


Tandis que le Zimbabwe est affamé, Madame Mugabe fait du Shopping
Par Adam Sage à Paris


Hier à Paris, le président Chirac a déroulé le tapis rouge en signe de bienvenue, fournissant à l'infâme dictateur africain une aile entière d'un hôtel de luxe.
Tandis que la police arrêtait plus d'une douzaine de manifestants qui protestaient contre les violations des droits de l'homme au Zimbabwe, Grâce, la femme de Monsieur Mugabe, s'est vue attribuée une limousine et des gardes de sécurité pour, affirment avec quasi-certitude les observateurs, partir faire son shopping.
"Mugabe ne devrait pas être reçu à dîner et invité à boire du vin au palais de l'Elysée. Il devrait être poursuivi en justice pour torture", a déclaré Peter Tatchell, le militant gai des droits de l'homme.

Le président Mugabe est un des nombreux dirigeants brutaux invités au sommet France-Afrique au moment même où Jacques Chirac tente d'éviter une guerre contre l'Irak. Le président français a invité le dirigeant Zimbabwéen en dépit d'une interdiction de voyager dans l'Union Européenne, et les autorités françaises semblent faire tout ce qu'elles peuvent pour le bichonner et le protéger.
Des manifestants chantant "Mugabe, Assassin" ont été arrêtés après s'être regroupés devant le Plaza-Athéné, où réside monsieur Mugabe. Un correspondant de la BBC et trois autres journalistes couvrant une manifestation à l'extérieur de l'ambassade du Zimbabwe ont également été détenus pendant près d'une demi-heure.

Pendant ce temps, Monsieur et Madame Mugabe, ainsi que leur entourage, savouraient le confort du luxueux Plaza-Athéné, avenue Montaigne, aux frais du contribuable français.

Les trente trois chambres de l'aile Est, au troisième étage, étaient réservés à la délégation de Monsieur Mugabe, avec des gardes de sécurité français et Zimbabwéens tenant les autres invités à l'écart. Le prix de la nuit va de 520 Euros (3 410 F) pour une chambre simple à 4 250 Euros (27 870 F)pour la suite présidentielle, avec un petit déjeuné coûtant entre 33 et 45 Euros (216 F- 295 F)
Au rez-de-chaussée, un gros garde de sécurité Zimbabwéen était assis au côté d'une jeune française jouant la musique du film "chariots de feu " à la harpe. Au bout du corridor éclairé par des chandeliers se trouve un des meilleurs restaurants de Paris, dirigé par Alain Ducasse, le chef aux trois étoiles, qui sert des plats tels que des truffes noires avec pommes de terres à 110 Euros (721 Fr)… (N.D.T. : je passe sur la description des plats et de l'ardoise)…

Alan Ducan, un député conservateur, a déclaré " L'invitation de la France à Mugabe est un outrage moral. Pendant qu'il affame son propre peuple, il va se gaver à de somptueux banquets à Paris ".

Les limousines les plus prestigieuses ont été sorties: une Renault Avantime, une Renault Vel Satis et une Peugeot 607. Dans la matinée, Monsieur et Madame Mugabe se sont promenés dans un hôtel entouré par une foule de gardes de sécurité. Quelques heures plus tard, Madame Mugabe est sortie, couverte de bijoux, et a été dirigée par des gardes vers une limousine qui l'attendait.
Des représentants officiels ont refusé de dire où elle allait, mais on sait qu'elle a un penchant pour les Galeries Lafayette, Boulevard Haussman, l'équivalent parisien d'Harrods

Un peu plus tôt, Monsieur Tatchell a tenté de mener une manifestation contre Monsieur Mugabe devant le ministère de la justice, à Paris. La police antiémeute a repoussé les manifestants.

Monsieur Tatchell a également déposé plainte en demandant que Monsieur Mugabe soit arrêté pour torture bien qu'elle n'ait quasiment aucune chance d'être reconnue par la justice française.

Aujourd'hui, Monsieur Mugabe va participer à la première séance pleinière du sommet de deux jours qui réunis le président Chirac et ses homologues africains. Le dirigeant du Zimbabwe sera reçu à dîner au palais de l'Elysée, ainsi que des dictateurs tels que Denis Sassou Nguesso, du congo, et Ange-Félix Potasse, de la république Centre-africaine.

Monsieur Mugabe n'aurait pas du pourvoir assister au sommet, puisqu'il fait l'objet, ainsi que 70 personnes de son entourage, d'une interdiction de voyager suite à des sanctions de l'Union Européenne qui expiraient mardi. Monsieur Chirac a été d'accord pour les renouveler à condition qu'il puisse inviter Monsieur Mugabe à ce sommet.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
         
 
Références
 
  • 20 février 2003 - The Times - "As Zimbabwe starves, Mrs Mugabe goes shopping" par Adam Sage
 
 
   
         
 
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  Suivant : - 27 février 2003 - Mugabe à paris - revue de presse
 
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