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Harare
- l'exode de la petite population angoissée des Blancs
du Zimbabwe se poursuit tandis qu'ils quittent le pays en
nombre record, principalement pour aller en Australie ou
en Grande Bretagne.
Peu
d'entre eux possèdent les 30 000 Rands en devises
dont ils ont besoin pour faire transporter leurs possession
dans de nouveaux pays, et la plupart débutent une
nouvelle vie avec 22 kilos de vêtements et quelques
photos.
Ils
disent qu'ils se sont accrochés durant ces quatres
années tumultueuses en espérant que la campagne
de haine du président Robert Mugabe contre eux se
relacherait, mais cela ne s'est pas produit et lorsqu'il
y a deux mois, il a fermé les écoles privées
au pretexte qu'elles avait augmenté leurs tarifs,
ils ont perdu courage.
Les
agents immobiliers disent qu'il y a eu ces dernières
semaines un afflux de maisons sur le marché qui a
fait chuter les prix à un niveau record. Des milliers
de maisons - du bungalows à la villa - le long des
avenues de banlieues sont à vendre pour aussi peu
que 150 000 Rands.
Plus
de trois millions de Zimbabwéens noirs se sont aussi
exilés, essentiellement pour des raisons économiques,
mais ils espèrent revenir un jour. La plupart des
Blancs, dont il reste à peu près 30 000 au
Zimbabwe, disent qu'ils ne reviendront jamais.
"C'était
une décision difficile parce que c'est le seul endroit
que nous connaissons" déclare Jeremy Callow,
55 ans, un des avocats les plus connus du Zimbabwe. "J'aime
le Zimbabwe, j'aime les gens, mais je ne peux plus le supporter."
"La
dernière goutte" est différente pour
chaque famille qui monte dans un avion en partance pour
de lointains pays.
Callow
a succombé à la pression "incessante"
dans les tribunaux pour aider des fermiers blancs à
récupérer légalement leurs biens sans
pourvoir, après avoir réussi, obtenir que
les décisions des tribunaux soient appliquées.
"J'ai
passé 80 % de mon temps avec les fermiers pour les
conseiller et je ne suis pas formé pour ça.
De plus, je ne peux plus supporter de voir des hommes adultes
pleurer. Les tribunaux n'ont pas les capacités de
gérer les milliers de saisies de fermes alors ils
changent les lois et déplacent la cage de but."
Dans
le cadre d'une nouvelle loi passée avant les élections
présidentielles truquées de 2002, Callow a
du, comme des milliers d'autres Blancs nés dans le
pays, renoncer à la possibilité d'obtenir
la citoyenneté britannique ou d'autres pays pour
pourvoir voter.
"Maintenant,
ça me coute cher de demander ma citoyenneté
britannique" dit-il
Parmis
les 350 fermiers qui sont encore sur leurs terres, subissant
des degrés variés d'instabilité, se
trouvent ceux qui n'ont pas été touchés
par les militants du ZANU-PF, le parti au pouvoir, mais
eux aussi abandonnent désormais leurs maisons.
"Nous
avons remarqué récemment qu'un certain nombre
qu'on avait laissé en paix s'en vont quand même."
déclare Hendrik Olivier, le directeur de ce qui reste
du syndicat des fermiers commerciaux, qui comptait plus
de 4000 membres.
Quelques mois
après que sa famille ait été attaquée
au mois de décembre à une vingtaine de kilomêtres
au sud d'Harare, un des jeunes industriels du Zimbabwe qui
réussissent le mieux, qui a demandé à
ne pas être nommé, a décidé de
partir pour l'Australie. Sa famille a essayé de s'installer
dans une superbe villa d'une banlieue verte; elle est désormais
à vendre.
"Nous
n'avons pas pu nous en remettre. En avril, j'ai vendu mon
commerce et dès que notre permis de travail arrivera,
nous partirons. Nous avons de jeunes enfants et les écoles
sont un problêmes. [le Zimbabwe] va me manquer, surtout
le bush. Nous avons de la famille en Afrique du Sud mais
là bas aussi, le futur est incertain."
John Winward,
57 ans, a passé la nuit de lundi dans une cellule
du poste de police de Karoi, jadis un petit village prospère
à 210 kilomètres au nord d'Harare.
La semaine
dernière, subissant des pressions d'envahisseurs
du ZANU-PF cherchant à lui faire quitter sa ferme,
Winward est allé voir la police locale avec les arrêtés
des tribunaux prouvant qu'il était autorisé
à rester sur sa ferme jusqu'en septembre pour mener
à bien une récolte d'une valeur d'un million
et demi de Rands.
"La
police n'a pas cru ou compris l'arrêt du tribunal
et m'a enfermé pour la nuit."
Maintenant,
je voudrais être parti il y a deux ans quand on était
sous pression mais je ne pouvais pas abandonner. J'ai gaspillé
du temps et de l'argent à combattre l'inévitable.
Je reste
seul pour écouler mon tabac, mon maïs et pour
vendre mon bétail, puis nous partirons pour la Grande-Bretagne
dans quelques semaines. Nous n'emporterons rien, nous n'en
avons pas les moyens."
Chris
Sheperd, 38 ans, père de quatre enfants, a été
chassé de sa ferme à Karoi il y a 21 mois
et il est désormais sans un sou à Harare.
Il déclarait qu'il ne partirait jamais et attendait
des signes d'accalmie.
"Je pars
en Australie à la fin du mois pour chercher du travail,
peut-être comme manoeuvre, et j'ai le coeur gros."
dit-il
David
Coltart, un député du Movement for Democratic
Change, le parti d'opposition, a déclaré:
"c'est un nettoyage ethnique, pas au sens bosniaque
de la phrase, car ils savaient qu'ils ne pourraient pas
s'en tirer avec un massacre général, c'est
plus subtil, programmé pour chasser les Blancs parce
que Mugabe croit que les Blancs founissent un soutien financier
et administratif au MDC.
il y
a un an, Jonathan Moyo, le ministre [de l'information],
a dit que les blancs seraient chassés du pays parce
qu'ils avaient créé le MDC. Ils se trompent
s'ils pensent que les faire partir va broyer le MDC.
Les lois ont
été changées pour déposséder
les Blancs de toutes les terres qu'ils possédaient.
Les écoles privées ont été fermées
pour atteindre les Blancs même si la plupart des élèves
sont noirs.
Mugabe
a dit que les Blancs étaient "des ennemis du
peuple" et il continu de les piloner."
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