| Alors
que la nuit de Noël approche et que la communauté
internationale regarde ailleurs, Roy Bennett -le seul fermier
blanc parlementaire de l'opposition au gouvernement du Zimbabwe
- arrive à plus de 40 jours en prison.
Condamné
à un an de travaux forcés, Bennett est déjà
sérieusement brûlé par le soleil et
il couvert de poux. le crime du député? Officiellement,
c'est qu'en colère, il a poussé Patrick Chinamasa,
le ministre de la justice (à qui il a présenté
des excuses) qui avait ouvertement insulté sa famille,
qualifiant le père et le grand père de Bennett
de "Voleurs et d'assassins" et qui lui avait dit
qu'il ne serait jamais autorisé à retourner
dans sa ferme, saisie par le gouvernement ZANU-PF de Mugabe.
Des
paroles provoquantes, en effet, pour un ancien agent de
police, dont le grand père anglais s'est installé
dans ce qui était alors la Rhodésie.
Le vrai
crime de Bennett ? Etre le seul fermier blanc du parlement
à s'être constamment dressé contre le
régime de Mugabe, en dépit de passages à
tabac, d'arrestations et de menaces.
Tandis
qu'il languit dans la prison de Mutoko, le monde continue
sans lui.
Le 20ème
anniversaire de Roy et Heather Bennett est passé
tandis que le courageux parlementaire était entassé
avec 17 autres prisonniers dans une cellule prévue
pour quatre.
Le coeur
brisé et anxieuse, Heather n'est autorisée
à voir son mari que 10 minutes toutes les deux semaines.
Lorsque
j'ai récemment découvert freeroybennet.com
et que j'ai lu que Bennett ne mange qu'une demie tasse de
brouet et de potage au chou deux fois par jour, j'ai été
submergée par le souvenir de ma rencontre avec lui
le 16 Août 2002, des souvenirs qui m'ont mis les larmes
aux yeux.
En Août,
les médias canadiens m'ont invité à
rencontrer le parlementaire zimbabwéen dans un hotel
de Toronto. Deux journalistes, dont moi-même, se sont
présentés. Un buffet faisait parti de la conférence
de presse et Bennett avait joyeusement plongé sur
les pommes de terres et le saumon.
"Cette
nourriture est délicieuse" me dit-il tandis
qu'il retournait à table pour quelques secondes.
Remarquant
qu'il avait payé cher le courage qu'il avait eu en
parler des Zimbabwéens affamés, je lui demandais
s'il avait déjà envisagé d'abandonner
et de quitter sa patrie pour une vie plus tranquille ailleurs.
"On
ne peut pas tout fuir. Il y a des choses dans la vie qui
valent qu'on se batte" me dit Bennett, gagnant pour
toujours dans mon coeur la place d'un véritable héro.
Un fermier
de coeur, Bennett n'a jamais été du genre
à tourner les talons et à s'enfuir. Lors de
mon éditorial après notre rencontre, j'ai
écris qu'il m'avait frappé comme étant
beaucoup plus un fermier, un mari et un père qu'un
politicien, ce que je crois toujours.
Etre
attentif aux autres est l'appat qui l'a enlevé à
la vie de fermier et à sa famille pour le monde plus
dur de la politique.
Chez
Lui, Bennett est devenu si populaire que chez les habitants
du coin, on lui donné le surnom de "Pachedu
- L'un de nous". Ce sont les populations locales qui
l'ont convaincu de se présenter aux élections
zimbabwéennes de l'année 2000. Et il l'a fait,
gagnant avec une majorité écrasante dans ce
qui avait été un bastion du parti au pouvoir.
La souffrance
à laquelle a donne lieu son élection hantera
ses partisans jusque dans leurs tombes. Elle a commencé
à peine deux mois plus tard lorsque Charleswood,
sa plantation de café, a été envahie
pour la première fois par des "vétérans
de guerre" autoproclamés. Heather Bennett, qui
était enceinte de presque 4 mois, a été
tenue en otage à la pointe d'un couteau et contrainte
àa danser et à chanter sous la pluie des hymnes
du ZANU-PF. Deux travailleurs agricoles ont été
brutalement assassinées devant elle. Lorsqu'elle
a enfin réussi à s'enfuir, elle avait fait
une fausse couche et perdu celui qui ne serait jamais leur
troisième enfant.
Charleswood,
qui employait des centaines de Noirs, a été
poussé à la banqueroute lorsque les animaux
ont été abattus et ses tonnes de café
exportées vers l'Allemagne. L'invasion de la plantation
de café s'est produite quelques mois à peine
après que les emprunts qui avaient permis de la mettre
en route aient été complètement remboursés.
Mais,
comme bien d'autres choses dans le Zimbabwe de Robert Mugabe,
Charleswwod n'est plus que le souvenir qui s'estompe de
jours meilleurs.
Les
images perturbantes d'employés noirs violées
et tués par un Zanu-PF qui piétine les droits
de l'homme sont visible sur freeroybennett.com
Confrontée
au fait que nul au sein de la communauté international
ne va venir au secours du parlementaire, c'est Heather,
qui loue actuellement une maison avec sa fille adolescente,
qui a eu l'idée de lancer la campagne pour la libération
de Roy Bennett.
Tandis
que les semaines passent, Heather est deçue par le
manque d'inteêt et le manque d'aide du gouvernement
britannique et de beaucoup d'autres.
Selon
ses propres mots: "tout le monde crie au sujet de la
démocratie et quand des gens courageux comme Roy
se lèvent, ils disent que c'est ce qu'il faut faire.
Mais s'il est arrêté, la communauté
internationale tourne la tête. C'est criminel."
Canadafreepress.com,
actuellement classé par alexa dans le premier pourcent
du classement du Web mondial, veut montrer à Heather
que si les membres des gouvernements qui font le promotion
des droits de l'homme sont en période de Noêl,
les petites gens, partout, prêtent attention.
Grâce
à l'internet, un courriel d'espoir et d'encouragement
à Heather ne coutera rien, et le moral du prisonnier
le plus solitaire du Zimbabwe pourrait en dépendre.
Pendant
ce temps, que l'enfant jésus protège et porte
secours à Roy Bennett, le parlementaire du Zimbabwe.
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