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Il
y a quelques années, alors que je vivais aux Etats-Unis,
je me promenais sur un marché aux puces et, intéressé
par une pile de 78 tours, je m'arrêtais devant le
Bric à Brac d'un vendeur, avec qui j'engageais conversation.
Lorsqu'il entendit mon accent étranger, et voyant
devant lui un blond, aux yeux bleus, il cru d'abord que
j'étais allemand. Je lui appris que j'étais
français et il s'excusa précipitamment avant
d'ajouter en me lançant un clin d'il "
Quand même, on peut pas blâmer les allemands
pour ce qu'ils ont fait aux juifs ". Je lui répliquait
aussitôt: " Mec, tu es un raciste
".
L'homme me regarda surpris puis, pour rattraper le coup,
en quelque sorte, il s'empressa de me fournir sa bonne excuse
: " c'est pas de ma faute, vous savez, mon peuple vient
de l'esclavage
".
Cet
incident a sans doute été un des plus marquants
qui me soit car la première fois de ma vie, et en
contradiction totale avec une éducation qui m'avait
toujours présenté les blancs comme le seul
groupe ethnique capable de racisme envers les autres, j'avais
dit à cet homme qu'il était raciste. Une fois
ce pas franchi, je n'allais pas tarder à admettre
que j'avais souvent été victime de racisme.
A mesure que je réfléchissais à ce
sujet, je réalisais deux faits encore plus surprenant
que l'existence de ce racisme. D'une part, si j'avais été
outré par l'antisémitisme de cet homme, alors
que je n'en étais pas la cible, je n'avais pas relevé
tout ce qu'il y avait d'insultant pour moi dans ses propos,
car il considérait qu'ayant un physique Blanc très
typé, j'allais "forcément " me réjouir
du massacre de 6 millions d'êtres humains. D'autre
part, cet homme avait immédiatement avancé
la bonne excuse de l'esclavage pour se dédouaner,
insinuant par là que la responsabilité de
sa faute revenait au groupe ethnique auquel j'appartenais.
J'étais donc amené à me poser de nouvelles
questions
Pourquoi
étais-je si prompt à identifier et à
lutter contre le racisme dont d'autres groupes ethniques,
les Juifs, les Noirs, les Arabes, les Asiatiques peuvent
être victimes, et si incapable d'identifier celui
qui me visait ?
Pourquoi
étais-je toujours prêt à me laisser
marcher sur les pieds par les individus appartenant à
d'autres groupes ethniques par peur de passer pour "raciste
" ?
Si le racisme ne se limitait pas à une agression
physique ou à des insultes, pourquoi m'était-il
si difficile d'identifier, de dénoncer et de combattre
le racisme dont j'étais fréquemment victime,
à des degrés divers ?
Au
terme d'une réflexion personnelle, j'ai fini par
comprendre qu'il existait un racisme très particulier
dans ses croyances et dans ses modes opératoires
: Le racisme Antiblanc.
Revenu
en France j'ai commencé à constater que ce
racisme était de plus en plus présent, de
plus en plus virulent, se traduisant par des agressions,
des insultes, de fréquentes émeutes raciales,
et dans qu'un climat violemment raciste à l'égard
des blancs s'était installé sans que personne
ne le dénonce. Dans la France d'aujourd'hui, les
blancs sont les principales victimes des crimes inter-ethniques,
dont une bonne part sont, ou présentent tous les
signes, des crimes et des agressions racistes.
Lorsque
j'ai commencé à chercher des informations
sur le racisme Antiblanc, je n'ai trouvé aucune littérature
dans les bibliothèques municipales ou dans les librairies
grand public, quant à mes recherches sur Internet,
elles menaient quasi systématiquement à des
sites néo-nazis ou a des sites "antiracistes
" car si concernant le racisme des blancs, la traite
des noirs aux Amériques, le génocide indien
et l'antisémitisme, il y a redondance d'informations,
les bibliothécaires n'hésitant pas à
acheter dix livres sur le même sujet, alors qu'un
ou deux auraient suffit, sur le racisme Antiblanc, on ne
trouve absolument rien.
Finalement, au bout de quelques années, je me suis
résolu à écrire le livre que je n'ai
trouvé nulle part. C'est cet ouvrage, fruit de plusieurs
années de réflexions, que vous avez entre
les mains.
J'ai
divisé mon travail en quatre parties. J'ai essayé,
dans un premier temps, de décrire, de définir
et de nommer les manifestations et les mythes du racisme
Antiblanc. Je présente ensuite une analyse du livre
de Tahar Ben Jelloun "le racisme expliqué à
ma fille " pour montrer de quelle façon, dans
un ouvrage grand public destiné aux enfants, sous
un verni de bonnes intentions, se transmettent des stéréotypes
du racisme, essentiellement au détriment des Blancs.
Je rappelle en troisième partie quelques faits peu
connus sur l'esclavage, pour décrire ce phénomène
dans toute sa complexité : les quelques vérités
que j'expose, régulièrement passées
sous silence, donneront au lecteur une idée plus
précise de ce que j'appelle le silence sélectif.
Enfin, dans une quatrième partie, j'ai essayé
de comprendre qui profite du racisme Antiblanc, pourquoi
les questions raciales sont devenues l'objet incontournable
de la politique française et pourquoi une famille
politique a décidé de racialiser le débat
social dans notre pays.
Avant que le lecteur n'entre dans le vif du sujet, je souhaite
apporter trois précisions pour que les choses soient
bien claires :
D'abord, On ne trouvera pas ici une énumération
de faits divers sordides de la catégorie "Raymond
et Simone assiégés dans leur HLM de banlieue
par des hordes de délinquants noirs et arabes ",
et cela pour trois raisons. Parce que je ne passe pas ma
vie à scruter les journaux à la recherche
d'incidents de ce type. Parce que le sujet de mon livre
n'est pas " les méchants immigrés et
leurs enfants " mais " le racisme Antiblanc ",
la nuance me paraît importante. Parce qu'aujourd'hui
le racisme Antiblanc est devenu si répandu que, j'en
suis convaincu, les exemples illustrant les sujets que j'aborde
viendront d'eux même à l'esprit des lecteurs.
Ensuite,
si j'expose l'attitude pour le moins partisane de Monsieur
Ben Jelloun a l'égard du Christianisme, je ne cherche
pas à prendre la défense de cette religion
mais que je dénonce l'hypocrisie d'un écrivain
dont l'attachement à l'islam est , par contre, manifeste.
Enfin, je me suis posé la question de savoir si je
devais inclure les juifs dans le groupe ethnique des "
Blancs ". Assurément, les juifs sont des blancs
et peuvent être victimes du racisme Antiblanc mais
parce qu'ils se revendiquent comme une ethnie distincte,
ou ont été considérés comme
tels, je les présente comme tels. Mon livre se fait
l'écho de l'ambivalence de leur statut dans notre
société.
Quoiqu'il
en soit, J'espère qu'en refermant ce livre, quelques
lecteurs auront appris à mieux comprendre, à
identifier et à nommer les manifestations d'une haine
qui se cache sous les appels au "respect ", à
la "tolérance " et qui est devenu, pour
des raisons politiques, un racisme accepté, légitimé
et encouragé dans notre société :
le racisme antiblanc.
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