Le racisme antiblanc
 

Le drôle de livre de Tahar Ben Jelloun

 
 
 
 
 

· 3-1 La chronologie du racisme
· 3-2 La Diabolisation par l'exemple
· 3-3 Les Français (blancs) et les Noirs
· 3-4 Les atténuations
· 3-5 La mythologie raciste de Tahar Ben Jelloun
· 3-6 Conclusion


Il y a quelques temps, Tahar Ben Jelloun publiait un ouvrage intitulé : "Le racisme expliqué à ma fille". L'essai, d'une soixantaine de page, a reçu un excellent accueil du public français, mais aussi de nombre d'intellectuels. Il a donné lieu à des débats, à des rencontres, a été lu dans les écoles. On a vu en lui une sorte de leçon de civisme et il s'est imposé comme le modèle du genre, à l'origine d'une collection d'ouvrages similaires, qui tous se proposent d'éveiller la conscience morale et politique des enfants.

L'idée à de quoi plaire dans certains milieux : qui de mieux placé qu'un étranger pour parler de racisme, et quel symbole d'intégration qu'il puisse dispenser une leçon de morale aux enfants du pays qui l'accueille. Louable intention donc mais qui se révèle n'être que ça : une intention. Au fil de pages, quiconque prend le temps de lire ce livre découvrira toute une série d'omissions, de déformations, de répétitions, de tournures de style qui, prises une par une, semblent anodines mais qui, à la lumière de regroupements et de recoupements, ne peuvent manquer de faire aboutir le lecteur à la conclusion suivante : sous des apparences généreuses "le racisme expliqué à ma fille " est un ouvrage profondément raciste, pétrit de stéréotypes et de préjugés racistes à l'égard des blancs.
Le lecteur trouvera, dans les pages qui vont suivre, une brève analyse de l'ouvrage de Monsieur Ben Jelloun. Il est nécessaire d'apprendre à identifier les méthodes d'un racisme qui s'avance caché, pour pouvoir s'en défendre.

3.1. La chronologie du racisme

Par la déformation, la calomnie raciste, le silence sélectif et l'inversion culpabilisante, Tahar Ben Jelloun bâtit une étrange chronologie du racisme qui reflète le ton général de son livre.

1095 " En l’an 1095, le pape Urbain II lança, à partir de Clermont-Ferrand, une guerre contre les Musulmans, considérés comme des infidèles. Des Milliers de Chrétiens partent vers les Pays d’orient massacrer des Musulmans… "
XI – XVe siècles " Entre le XIe et le Xve siècle, les Chrétiens d’Espagne ont expulsé les Musulmans puis les Juifs en invoquant des raisons religieuses ". (P28)
1516 " Le mot " Ghetto " est le nom d’une petite île en face de Venise, en Italie. En 1516, les Juifs de Venise furent envoyés dans cette île séparée des autres communautés. "
XVIII – XIX siècles " Des Historiens, au XVIIIe et XIXe siècles, ont essayé de démontrer qu’il existait une race supérieure sur le plan physique et mental qu’une supposée race noire ".
XIX siècle " Au XIXe siècle, des pays européens…ont occupé militairement des pays africains et asiatiques…Le colonialiste considère qu’il est de son devoir, en tant qu’homme blanc et civilisé, d’aller " apporter la civilisation à des races inférieures. "
1830 " Les Français ont débarqué en Algérie en 1830 et se sont emparés de tout le pays. Ceux qui ne voulaient pas de cette domination étaient pourchassés, arrêtés et même tués. Le colonialisme est un racisme à l’échelle de l’état. "
1915 En 1915, les Arméniens, qui vivaient en Anatolie, ont été pourchassés et massacrés par les Turcs (plus de 1 million de mort sur une population de 1 million huit cent mille personnes) "
1933 - 1945 " Dés 1933, les nazis considèrent les juifs comme " une race négative ", " une sous race ", comme ils ont déclarés les tziganes " racialement inférieurs " et les ont aussi massacrés (Deux cent mille morts). "
1957 " En 1957, à Little Rock…il a fallut l’intervention du président Eisenhower, de la police et de l’armée pour que neufs enfants noirs puissent entrer à la Central High School, une école pour blancs. "
1968 " La lutte pour le droits des noirs n’a pas cesser malgré l’assassinat, en 1968 à Memphis, d’un des plus grands initiateurs de cette lutte, Martin Luther King ".
1992 " Les Serbes, au nom de ce qu’ils ont appelé la " purification ethnique " ont massacré par milliers des Bosniaques Musulmans ".

Une chronologie très sélective

Un examen rapide de la liste des événements historiques recensés par l'auteur met en lumière la pratique systématique du Silence sélectif. Si on excepte le génocide arménien, et une évocation très particulière des massacres du Rwanda (non citée dans ce tableau parce qu'elle n'est pas datée précisément par l'auteur) qui sera citée et analysée plus loin, aucun acte de racisme commis par un non-Blanc n'est recensé. Dans ce domaine, on se serait pourtant attendu, de la part d'un homme qui vient d'une autre culture, à un éclairage nouveau, il n'en est rien.

Monsieur Ben Jelloun passe sous silence, par exemple, la politique coloniale du japon (Annexion de Taiwan(1895), de la Corée(1910), de la Mandchourie(1931-1932), massacres de Nankin, asservissement sexuel des chinoises et des coréennes), l'invasion et le génocide tibétain par les Chinois (en cours), les massacres de chinois et le génocide Timorien en Indonésie, la guerre civile en Algérie (nous y reviendrons), l'invasion de la Grèce par l'empire ottoman au XVe siècle et les massacres de Chio, el cetera. Plus encore, l'auteur évite savamment de s'attarder aussi longtemps sur les aspects embarrassants de l'histoire de son pays d'origine que sur ceux de l'histoire européenne. Cette attitude est d'autant plus surprenante qu'on pourrait s'attendre à ce que l'auteur connaisse bien l'histoire du Maroc. Monsieur Ben Jelloun est capable de se souvenir de toutes les pages noires de l'histoire des "européens blancs", mais il est frappé d'amnésie concernant le reste du monde et son propre pays...

L'exonération de l'islamisme

Le silence sélectif qui domine dans "le racisme expliqué à ma fille" s'applique, entre autres, à la religion musulmane.

Un premier fait saute aux yeux à la lecture de la liste chronologique établie à partir des exemples cités par Tahar Ben Jelloun : Dans tous conflits opposant des européens au monde arabe, ou en Bosnie, il n'omet jamais de mentionner la religion des protagonistes et dépeint systématiquement les Chrétiens comme les initiateurs du conflit. Par contre, concernant le génocide arménien, il oublie soudain, les égorgeurs étant musulmans, de mentionner leur religion.

Dans le livre de Monsieur Ben Jelloun, il n'existe qu'un seul fanatisme religieux, c'est l'intégrisme. Ce n'est donc pas par hasard qu'il a choisit un mot souvent associé, en France, aux fanatiques religieux chrétiens, tandis qu'il tait le mot Islamisme, associé aux fanatiques de la religion musulmane.

Une autre méthode employée par Monsieur Ben Jelloun pour blanchir l'islam, est la déformation de la vérité historique.

Concernant les croisades, la caricature et le mensonge sont flagrants. L'auteur du livre donne l'impression que c'est sans autre motif que c'est pour casser du Musulman que les Européens sont partis en terre sainte. Les vrais motifs des croisades sont passés sous silence, à savoir que les musulmans de l'époque, extremement intolérants, interdisaient aux chrétiens l'accès des lieux saints à Jérusalem, mais aussi volaient et assassinaient les pèlerins Chrétiens.

Concernant l'Espagne ; il oublie que la Reconquista ne chassa pas tant les musulmans et les juifs qu'elle mit un point final à des siècles d'occupation de la péninsule ibérique par les Arabes et les Maghrébins qui l'avait colonisée.

L'insistance de Monsieur Ben Jelloun à dénigrer les chrétiens en ayant recours au mensonge ou à l'omission de faits est aisément compréhensible si on considère dans quel contexte il a écrit son Livre.

Jamais l'islam n'a autant parut aux yeux des français comme une religion intolérante. A cette époque, les Talibans imposent en Afghanistan un régime Islamiste si obscurantiste que même la république islamique d'Iran, modèle de fanatisme religieux, apparaît depuis comme un espace de liberté. L'opinion publique est secouée par les atrocités commises chaque jour en Algérie, où sont massacrés femmes et enfants tandis que les Islamistes font peser des menaces de morts sur tous les étrangers qui se trouvent dans le pays, menaces qui sont régulièrement mises à exécution. (Par exemple la décapitation de 6 moines Chrétiens par des algériens musulmans). Enfin, La France vient de connaître une série d'attentats meurtriers commis par des Islamistes algériens, événements dramatiques que Monsieur Ben Jelloun, s'il n'hésite pas à parler des " Massacres de Musulmans par des Chrétiens", se contente d'évoquer ainsi :

" L'autre jour, à la télévision, quand il y a eu des attentats, un journaliste a accusé l'Islam. C'était un journaliste raciste, d'après toi ?

-Non il n'est pas raciste, il est ignorant et incompétent. Ce journaliste confond l'Islam et la politique. Ce sont les politiciens qui utilisent l'Islam dans leur luttes. On les appelle des intégristes. "

Il n'est pas question, ici, d'admettre qu'un musulman ait pu assassiner d'autres personnes au nom de sa religion. L'emploi du verbe " accuser " donne aussi une connotation particulière à ce passage car une accusation, c'est en quelque sorte une attaque. On retrouve alors un schéma militant cher à l'écrivain : celui d'un islam innocent, agressé par les méchant occidentaux…


3.2. La Diabolisation par l'exemple

Le livre de Monsieur Ben Jelloun est typique de l'utilisation de la diabolisation. En surface, certes, Tahar Ben Jelloun déclare que tout le monde peut être raciste, mais avec toute une série d'exemples, il fait passer l'idée que certains sont plus racistes que d'autres. Il en résulte une tout à la fois un renforcement des mythes du racisme spécifique et de la cuillère en argent.

Qui sont les racistes?

  A B C Total
Blancs 16 6 0 22
Arabes 3 0 2 3
Noirs 2 0 1 2
Asiatiques 1 0 0 1
Autres 0 0 0 0
  • A Exemples dans lesquels le raciste est explicitement désigné comme étant…
  • B Exemples dans lesquels le raciste est implicitement désigné comme étant…
  • C Exemples dans lesquels l'acte raciste fait l'objet d'une atténuation

Qui est victime de racisme ?

  A B Total
Noirs 13 1 14
Arabes 8 0 8
Juifs 7 0 7
Blancs 3 1 4
Indiens 2 0 2
Asiatiques 1 0 1
Tziganes 1 0 1
Autres 0 0 0
  • A Exemples dans lesquels la victime est explicitement désignée comme étant…
  • B Exemples dans lesquels la victime est implicitement désignée comme étant…

3.3. Les Français (blancs) et les Noirs

La description que Monsieur Ben Jelloun fait de la société française et des quelques personnes qui la composent, en omettant le large espace qu'il consacre à Jean-Marie Le Pen et au Front national, n'est pas des plus flatteuses. Qui sont donc ces français :

Les voisins :

" Regarde par exemple nos voisins de l'immeuble. Ils se sont longtemps méfiés de nous, jusqu'au jour où nous les avons invités à manger du couscous… "

On verra un peu comme le comportement "peu amical " des voisins français contraste avec celui des marocains.

Les employeurs :

" Le père de Souad, la cousine de Maman, n'a pas de travail depuis deux ans. Il cherche mais ne trouve pas. Quelque fois, quand il téléphone pour un boulot, c'est d'accord puis quand il se présente on lui dit que c'est trop tard. "

Les employeurs français sont présentés comme racistes, règle considérée comme générale par Tahar Ben Jelloun sans doute, puisque Le père de Souad est présenté comme cherchant un travail depuis deux ans. Un français qui n'a pas de travail depuis longtemps est un chômeur longue durée ; Un immigré qui n'a pas de travail depuis longtemps, est forcement une victime du racisme.

Les journalistes :

" L'autre jour, à la télévision, quand il y a eu des attentats, un journaliste a accusé l'Islam. C'était un journaliste raciste, d'après toi ?
-Non il n'est pas raciste, il est ignorant et incompétent. "
Moins compétent, bien sur, que Tahar Ben Jelloun.

Céline, la petite française, et ses parents :

S'il est mentionné brièvement une invitation en Normandie par une camarade de classe, c'est surtout sur le cas de Céline que " Le racisme expliqué à ma fille " s'attarde :

" - Moi, je ne veux pas vivre avec Céline, qui est méchante, voleuse et menteuse…
- Tu exagères, c'est trop pour une seule gamine de ton âge !
- Elle a été méchante avec Abdou. Elle ne veut pas s'asseoir à coté de lui en classe, et elle dit des choses désagréables sur les Noirs.
- Les parents de Céline ont oublié de lui faire son éducation, peut être parce qu'eux même ne sont pas bien éduqués. "

" Je n'aimerais pas avoir deux Céline dans ma classe "

L'institutrice :

" L'institutrice nous a encore dit l'autre jour qu'Abdou, qui vient du Mali, était de race noire.
- Si ton institutrice a vraiment dit cela, elle se trompe. Je suis désolé de te dire ça, je sais que tu l'aimes bien, mais elle commet une erreur et je crois qu'elle ne le sait pas elle-même. "

Abdou, le petit malien.

" Si un camarade de classe, disons Abdou le malien, viens dans ta chambre, se conduit bien et que tu le mets dehors pour la seule raison qu'il est noir, alors là, tu es raciste. "

Mettre des prénoms à des individus identifie de façon claire les acteurs du racisme. Dans le livre de Tahar Ben Jelloun, ce sont Céline, la petite française raciste, et Abdou, le petit malien. On remarquera que ce dernier est toujours présenté en position d'infériorité, comme une victime, dans les exemples où il est cité. Ces occurrences sont un exemple type de la façon dont se transmet le grand préjugé.

La vision stéréotypée que Monsieur Ben Jelloun a des Noirs est, en fin de compte, tout aussi insultante que celle qu'il à des Blancs.

3.4. Les atténuations

" Les marocains sont comme tout le monde. Parmi eux, on rencontre des gens racistes et des gens non racistes.

- Aiment-il les étrangers ?
- Ils sont connus pour leurs traditions d'hospitalité. Ils aiment accueillir les étrangers de passage, leur montrer le pays, leur faire goûter leur cuisine. De tous temps, les familles marocaines ont été hospitalières ; cela est aussi valable pour les autres maghrébins, pour les Arabes du désert, les bédouins, les nomades. "

Quel contraste entre les traditions d'hospitalité des Marocains et la méfiance des voisins français !

Le lecteur aura remarqué, dans les tableaux précédents, une colonne C qui correspond aux exemples dans lesquels l'acte raciste fait l'objet d'une atténuation, mais qu'est ce qu'une atténuation ?

C'est une méthode, une figure de style utilisée pour minimiser la responsabilité d'un acte ou d'un crime raciste. Dans " Le racisme expliqué à ma fille ", sur trois exemples d'actes racistes attribués à des marocains, deux font l'objet d'une méthode d'atténuation. Les atténuations permettent de faire l'aveu d'un problème, mais en le minimisant le plus possible, voir en disculpant tout à fait l'auteur d'un acte raciste, tout en renforçant les préjugés racistes à l'égard d'un autre groupe.

L'atténuation par la surenchère.

" Certains marocains ont eu un comportement condamnable, notamment avec les noirs…On a pris l'habitude d'appeler les noirs Abid (esclaves).
Bien avant les Marocains, des européens blancs considéraient le Noir comme " un animal à part, comme le singe " (Buffon, 1707-1788). " (P45-46)

Dans cet exemple, Monsieur Ben Jelloun oublie que si les Noirs étaient appelés " esclaves " parce que pendant des siècles, comme les " européens blancs " razziés sur les côtes de méditerranée, ils étaient les esclaves des maghrébins et des arabes.

Pour minimiser l'aveu qu'il fait, du bout des lèvres, en effleurant les sujets du racisme, de la discrimination religieuse et de l'esclavagisme au Maroc, Monsieur Ben Jelloun utilise la surenchère dans la Haine en citant Buffon fort à propos. Ce faisant, il alimente sans scrupule le mythe du racisme spécifique des blancs qu'il présente ainsi comme antérieur et plus marqué que celui des Marocains, minimisé par contraste. Pourtant, la littérature du monde arabe et maghrébin abonde en stéréotypes racistes. Il suffit de lire attentivement " le racisme expliqué à ma fille " pour se convaincre qu'un auteur originaire du Maghreb peut être raciste à l'égard d'autres groupes ethniques.

Le lecteur appréciera maintenant une autre perle du genre :

" Au Maroc, les juifs et les musulmans ont vécu presque onze siècles ensemble. Les juifs avaient leurs quartiers ; qu'on appelle Mellah. Ils ne se mélangeaient pas avec les musulmans mais ne se disputaient pas avec eux. Entre eux, il y avait un peu de méfiance, mais aussi du respect. Le plus important, c'est que lorsque les juifs se faisaient massacrer en Europe, ils étaient protégés au Maroc… ".

Sans commentaires…

L'atténuation par le blanchissage.

" Au Rwanda, les Hutus ont massacré les Tutsis (minoritaires, favorisés et opposés par les Européens aux Hutus). Ce sont deux ethnies qui se font la guerre depuis que les Belges ont colonisé la région des Grands Lacs de ce pays. Le colonialisme, dont nous reparlerons, à souvent divisé pour régner. " (P43)

Ce court texte montre clairement non pas une, mais deux atténuations par le blanchissage. Il laisse entendre que si les Tutsis ont été massacrés par les Hutus, c'est parce qu'ils ont été " favorisés et opposés par les Européens aux Hutus " : La cause de la mort des Tutsis, ce n'est donc pas la Haine des Hutus, mais le comportement des européens. Il reprend cet argument une seconde fois en signalant que c'est l'arrivée des Européens qui marque le début des violences dans la région des Grands lacs, donc qu'ils sont à la genèse du génocide Tutsi.

En quelques lignes, Monsieur Ben Jelloun exonère les Hutus de leur crime raciste, pour en attribuer la responsabilité à la " toute puissance Blanche ", en utilisant la méthode du blanchissage.

L'atténuation " Canada Dry ".

" - C'est comme ma cousine Nadia. Elle a eu un avertissement et elle a dit à ses parents que les professeurs n'aimaient pas les Arabes ! Elle est gonflée, je sais que c'est une mauvaise élève.
- C'est de la mauvaise fois !
- Mais Nadia n'est pas raciste.
- Elle utilise un argument bête pour dégager sa responsabilité, et cela ressemble à la méthode des racistes. " (P38-39)

On a ici un exemple classique d'atténuation. Ce que Monsieur Ben Jelloun appelle un argument " Bête ", c'est en fait un argument raciste : la petite Nadia prétend que, du fait, de leur appartenance à un autre groupe ethnique (qu'on devine probablement Blanc), ses professeurs sont incapables de porter un jugement intelligent sur certains élèves.
Un peu comme le Canada dry " ressemble à de l'alcool, mais ça n'est pas de l'alcool ", l'argument raciste de la petite Nadia, " ressemble à la méthode des racistes ", mais ça n'est pas du racisme.

Il en va de même pour le " Mellah " où habitaient les juifs marocains ; il a l'air d'un ghetto mais ce n'est pas un " ghetto " ; c'est un " Mellah " ! Pourtant, la création des " Mellah " est une spécifié marocaine dans le monde musulman. Sa création remonte au XVIéme siècle. Il fut institutionnalisé par le sultan du Maroc de l'époque pour protéger les juifs des violences de leurs concitoyens maghrébins. Il semble que les Européens n'aient pas eut le monopole des pogroms. Bizarrement, l'écrivain marocain semble là encore frappé d'amnésie sur ce sujet…

3.5. La mythologie raciste de Tahar Ben Jelloun

A mesure qu'on analyse le livre de Tahar Ben Jelloun, on voit apparaître les grandes lignes d'une mythologie raciste qui n'est pas particulière à l'auteur, d'ailleurs, mais très largement partagée par les racistes Antiblancs. L'Européen Blanc y joue, le plus souvent, le rôle de la Fée Carabosse.

  1. On distingue d'abord " la période paradisiaque ", un état d'innocence symbolisée par le Maroc : " Pendant plus de mille ans, juifs et musulmans ont vécu dans la paix. Il existe des chants et des poèmes qui ont été composés en arabe par des Juifs et des Musulmans. C'est la preuve de la bonne entente entre les deux communautés "
  2. Vient ensuite "La perte de l'innocence ". c'est la période coloniale. L'attention de Tahar Ben Jelloun se tourne alors vers un autre pays du Maghreb, l'Algérie. Il s'attarde longuement sur la période coloniale dans ce pays, y consacrant trois pages, pour montrer comment les blancs, plus exactement les Français, ont introduit la notion de ségrégation raciale, en traitant différemment les juifs, les Européens et les Algériens.
  3. Enfin arrive " Le temps de la haine ". Monsieur Ben Jelloun s'éloigne encore plus du Maroc, du Maghreb, pour tourner son regard vers l'Afrique noire et plus particulièrement, le Rwanda. Le génocide du Rwanda, tel qu'il est présenté dans le livre, est le Legs des Européens blancs, qui auraient substitué leur héritage de haine aux traditions Locales.

La grille de lecture de l'histoire que propose l'écrivain est bien sure très révélatrice du Mythe de "la toute puissance blanche " et son schéma est fréquemment proposé pour expliquer les troubles qui secouent les nations non-occidentales. A la puissance coloniale, on substituera aussi parfois, la multinationale, symbole des pays " riches ".

La réalité, bien sur, est toute autre que celle que propose cette mythologie raciste. Pour le comprendre, il convient de revenir au Maroc, en se penchant sur les exemples que nous donne l'écrivain marocain.

On découvre alors que la société marocaine qui précède la période coloniale européenne est déjà frappée de tous les maux qu'on pourrait croire, en lisant " le racisme expliqué à ma fille ", être des tares spécifiques aux sociétés occidentales. La ségrégation raciale, l'esclavagisme, l'intolérance religieuse étaient les fondements de la société marocaine. Si je vais m'attarder dans les pages qui suivront sur l'esclavage dans l'islam, et bien sur au Maghreb, il n'est pas inutile d'apporter un éclairage sur la tolérance religieuse au Maroc et au Maghreb avant la période coloniale.

En matière de religion, les personnes qui ne pratiquaient pas l'Islam avaient le statut de " dhimmi ", c'est à dire de protégés, s'ils appartenaient aux religions du livre : le Christianisme et le Judaïsme. Ce statut impliquait le Paiement d'un impôt supplémentaire, mais aussi toute une série d'autres obligations.

Dans tous les pays du Maghreb, les juifs devaient porter un vêtement spécial auquel ne pouvaient être associées les couleurs de l'islam, ce qui n'est pas sans rappeler, en d'autres temps, l'obligation faite de porter une étoile jaune. Au Maroc, ils n'avaient pas le droit de posséder de terre. Il était aussi interdit aux Juifs d'utiliser l'écriture arabe, considérée langue sacrée ; ils l'écrivaient donc en caractères hébreux. Aux abords des mosquées, les juifs devaient se déchausser. Enfin, Juifs et Chrétiens ne pouvaient porter d'armes ou monter à cheval. Dans le domaine du mariage, un musulman pouvait épouser une femme de confession chrétienne, ou d'origine et de confession Juive. Un juif ou un Chrétien, par contre n'avait pas le droit d'épouser une musulmane.

3-6. Conclusion

Comme on a pu le constater, le livre de Tahar Ben Jelloun est loin d'être neutre. Son racisme, noyé dans un discours qui se veut bien-pensant, n'est pas directement perceptible. Il est pourtant bien présent, au détour d'une phrase ou d'une autre, cachés entre deux leçons de tolérance. Il utilise tours à tour la diabolisation, le silence sélectif, l'omission, le mensonge et la déformation, l'atténuation par le contraste, par la négation ou l'atténuation " Canada dry ". Sournoisement, il enseigne une vision du monde, de l'histoire, de la société, qui constitue le terrain fertile sur lequel proliférera le racisme Antiblanc pour les uns, la Haine de soi pour les autres. Est-il sain de faire lire cet ouvrage dans les écoles, à des enfants ? Chacun se ferra une opinion, cette fois ci en toute connaissance de cause.

Lors de la réédition du " racisme expliqué à ma fille ", l'ouvrage s'est enrichit des "commentaires des enfants" ainsi que de quelques lettres d'adultes ; l'analyse de ces ajouts n'est pas présentée ici. On y retrouve, grosso-modo, les méthodes qui viennent d'être décrites. Je ne peux qu'inviter Le lecteur désireux d'apprendre à décrypter les formes discrètes du racisme Antiblanc à se faire la main sur ces passages.

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
*
   
  - Introduction  
   
  - Ch2 : Aspects du racisme antiblanc  
  - Ch3 : Le drôle de Livre de Tahar Ben Jelloun  
  - Ch4 : L'esclavagisme dont on ne parle pas  
  - Ch5 : Les dérives racistes de la Gauche.  
  - Conclusion  
  - Bibliographie  
 
 
 
 

Roberto, douze ans :
" D'après votre livre, le racisme est plus diffusé chez les Blancs que chez les Noirs. "

Dans "Le racisme expliqué à ma fille -
les commentaires des enfants"

 
 
         
 
 
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