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L'Afrique
· Maghrébins, Arabes et
Esclavagisme
· Les Juifs et l'esclavagisme
· Les Indiens des Amériques
et l'esclavagisme
· Les Noirs, les Métisses
et l'esclavagisme aux amériques
La présentation contemporaine de l'esclavage, dans
les sociétés occidentales, illustre autant
qu'elle alimente l'existence de ce que j'ai nommé
le grand préjugé. Il faut dire que, dans ce
domaine, les sociétés occidentales sont quasiment
les seules qui aient mené un travail de mémoire,
de documentation et d'exposition de cet épisode particulier
de leur histoire. Alors qu'aujourd'hui, la société
française est devenue multi-ethnique, il apparaît
plus important que jamais de donner de cette pratique une
vision globale et honnête ; ce n'est, hélas,
pas le cas. Si on ne manque jamais, en effet, de dénoncer
l'esclavagisme que pratiquèrent les pays européens,
il est pour le moins hypocrite que des groupes ethniques,
tout en revendiquant leur droit à la différence
et à cultiver leurs racines, aient systématiquement
recours au silence sélectif dès que certains
faits du passé ne les présentent plus comme
d'éternelles victimes. Lorsqu'on se penche sur le
phénomène de l'esclavage, il est pourtant
clair que les Européens blancs n'ont pas eut le monopole
de la pratique esclavagiste, et que les noirs n'en ont pas
été que les victimes.
L'Afrique.
Une
image d'Epinal que nous avons hérité de la
colonisation voudrait que l'Afrique ait été
un continent vierge, peuplé de bons sauvages à
la mode de Jean-Jacques Rousseau, sur lequel les blancs
se seraient abattus avec la voracité d'une nuée
de criquets pèlerins. Bien sur, Il n'en est rien
: l'Afrique "Sub-Saharienne" était déjà
un continent divisé lorsque les Européens
arrivèrent sur ses rivages et que débutèrent
le commerce triangulaire, puis la colonisation. La paix
toute relative qu'a connu ce continent pendant la période
coloniale n'est pas différente de celle qui a existé
en URSS, en ex-Yougoslavie ou en Indonésie tant que
se sont maintenus au pouvoir des états forts : la
disparition de la tutelle coloniale n'a pas fait naître
de nouveaux conflits entre les différents peuples
d'africains, elle a été marquée par
la réapparition de ceux-ci, demeurés latents
pendant une centaine d'années.
De même, l'Afrique noire n'est pas devenue un continent
pourvoyeur d'esclaves sous l'influence " néfaste
" de l'Europe, mais parce que l'ensemble des sociétés
africaines étaient des sociétés esclavagistes.
Les peuples africains n'avaient aucun scrupule à
asservir leurs voisins pour leur faire accomplir les tâches
les plus pénibles de la vie quotidienne ou pour les
vendre à un tiers parti : les Européens, les
Arabes ou d'autres Noirs.
Sur
les cotés de l'Afrique de l'Ouest existaient des
royaumes puissants et structurés qui furent les principaux
fournisseurs d'esclaves des négriers européens
: par exemple la confédération Ashanti (Actuel
Ghana) qui, au début du XIXe siecle, envahit ses
voisins du Nord, les Dagombas, et leurs imposa un tribut
d'esclaves tandis qu'à la même époque,
au royaume du Dahomey (actuel bénin), Le roi Ghezo
asservit les Yorubas du Nigeria. Sur une zone géographique
qui va du Sénégal jusqu'en Angola, les peuples
africains participèrent activement à la traite
des noirs et en profitèrent largement, au point qu'ils
délaissèrent parfois leurs industries traditionnelles
pour y substituer ce commerce, jugé plus simple et
plus lucratif.
Les
états esclavagistes africains n'hésitaient
pas à mener des guerres sans merci contre leurs voisins
pour les asservir, employant une brutalité égale
à celle que les Blancs ou les Arabes allaient manifester
par la suite : une fois les captifs d'un village pillés
rassemblés, il n'était pas rare qu'on laisse
mourir les vieillards grabataires et qu'on massacre les
enfants trop jeunes pour qu'on pu en tirer quelques profits.
Si on estime, aujourd'hui, que le royaume de Dahomey livra
un million d'esclaves aux négriers européens,
il faudrait ajouter à ce chiffre le nombre de personnes
massacrées dans des guerres ou pendant les razzias
Qu'en
conclure ? Qu'une personne originaire du Sénégal,
de la Guinée, du Cameroun, du Gabon, du Congo, du
Bénin, du Togo, du Nigeria, De Côte d'Ivoire,
a autant de chance d'être le descendant d'un esclavagiste
qu'une autre, originaire, par exemple, de Bordeaux. Cette
liste, bien sur, pourrait s'étendre au Soudan et
à Madagascar, deux pays qui ne furent pas en reste
pour fournir des contingents d'esclaves aux planteurs de
la Réunion et des Comores.
Maghrébins, Arabes
et esclavagisme
Les
pays d'Afrique du Nord et du proche et orient, c'est à
dire l'ensemble des pays musulmans, au même titre
que les sociétés d'Afrique noire, étaient
des sociétés esclavagistes. La pratique de
l'esclavage y était d'autant plus répandue
qu'elle était reconnue légale par le Chariah,
et que le prophète Mahomet était un esclavagiste.
Pendant des siècles ont existé deux sources
de ravitaillement en esclaves pour les pays musulmans :
d'une part l'Afrique noire, d'autre part l'Europe.
Durant
le haut moyen âge, trois routes principales permettaient
l'acheminement des esclaves blancs : par la France et l'Espagne,
par la Crimée et par la Méditerranée.
Avec l'apparition d'états puissants en Europe de
l'ouest, et l'arrêt de l'expansion musulmane aux Pyrénées,
la traite des blancs par l'Europe de l'Ouest se tarit rapidement,
mais les populations méditerranéennes de ces
états restèrent longtemps exposées
aux razzias des maghrébins. A la menace des Sarrasins,
dans le midi de la France, vers le IXème siècle,
succéda " la course " des barbaresques.
Les
barbaresques étaient des corsaires maghrébins
qui, jusqu'au XIXème siècle, pillaient les
navires européens en Méditerranée,
menaient des raids sur la terre ferme en Corse, en Sardaigne,
sur les cotes d'Espagne, de France, d'Italie et de Grèce,
capturaient des européens et les rendaient à
leurs familles contre rançon, où les réduisaient
en servitude. La " course " était essentiellement
pratiquée par les pays du Maghreb. Il faut dire que,
si on en parle peu, l'esclavagisme fut longtemps pratiqué
par tous les peuples méditerranéens, d'une
rive comme de l'autre. et cela jusque longtemps après
la chute de l'empire romain. Ce fait historique est rarement
mentionné, et pour cause : le mérite d'avoir
mis fin à cette pratique dans le bassin méditerranéen
revient essentiellement aux européens
Au
14ème siècle, l'expansion de l'empire ottoman
fournit à nouveau de larges contingents d'esclaves
blancs. Les Turcs imposèrent aux populations de Grèce
et des Balkans un impôt particulier. Si, dans tous
les pays où l'islam domine, les personnes appartenant
à d'autres religions se voient attribué le
statut de " protégés " (dhimmi)
et donc l'obligation de payer un impôt spécifique,
les Turcs en avaient une vision particulière : Ils
imposèrent le Devsirme, un impôt qui se payait
en vies humaines : les villages Chrétiens devaient
livrer un tribut de garçons. Le devsirme ne fut abandonné
qu'au début du XVIIéme siècle, à
mesure que les Ottomans furent refoulés hors d'Europe.
Le trafic d'esclaves blancs, à la fin du XVIIeme
siècle, en fut considérablement amoindri,
mais il subsistait encore à une moindre échelle
dans tout le monde arabe : Slaves, Ukrainiens, Circassiens
et Géorgiens continuèrent à être
capturés puis vendus sur les marchés aux esclaves
du monde musulman jusqu'au début du XIXéme
siècle, lorsque trois facteurs déterminants
mirent fin à la traite des blancs :
- La
Russie, en soumettant les Tatars et en contrôlant
la Crimée, empêcha la poursuite de la traite.
- Les
Européens, par la force, en colonisant le monde
musulman, luttèrent activement contre l'esclavagisme.
- La
Turquie, sous la pression des européens, abandonna
la traite des blancs.
Les
difficultés rencontrées par les Turcs, les
Arabes et les Maghrébins pour s'approvisionner en
esclaves blancs à partir du 17ème siècle
fut rapidement compensée par un approvisionnement
accru en esclaves noirs. La servitude des noirs dans le
monde musulman était telle que, graduellement, le
terme utilisé pour désigné un noir
et le terme utilisé pour désigner un esclave
ne firent plus qu'un : " Abid ". En théorie,
l'Islam ne permettait pas l'asservissement d'un autre musulman
mais souvent, lorsqu'il s'agissait d'un musulman noir de
peau, ses coreligionnaires arabes ou maghrébins ne
s'embarrassaient pas de scrupules pour le réduire
quand même en servitude.
La
traite des noirs, qui étaient acheminés par
des réseaux qu'avaient établis les négriers
musulmans en Afrique noire, était effroyable et ne
le cédait en rien à la traversée de
l'atlantique en bateau, comme le montre ce témoignage
d'un anglais, en1875.
" la caravane était arrivée cinq jours
avant moi
j'en ai vu plus qu'assez pour me convaincre
de l'importance et de l'atrocité du trafic d'esclave
à cet endroit
Deux heures avant d'entrer dans l'oasis, nous avons rencontré
quatre esclaves menés par un arabe en route vers
Ozla, et, en entrant dans la palmeraie, nous avons rencontré
un autre arabe traînant une esclave par une corde
attachée autour de sa taille. Ces esclaves étaient
arrivés avec la caravane. Un peu plus loin, il y
en avait dix ou douze accroupis autour d'un puits ? J'allais
vers eux pour les examiner
Ils étaient réduits
à l'état de squelettes et leurs membres longs
et minces, avec la taille apparemment anormale et proéminente
de leurs genoux, de leurs coudes, de leurs mains et de leurs
pieds leur donnait l'apparence la plus affreuse et la plus
repoussante qui soit. Je n'ai vu, de ma vie, spectacle si
révoltant...
Les pauvres créatures qu'on amène à
Djalo de l'intérieur ne rapportent pas plus de dix
à douze livres, et si une sur trois arrive en vie
à Djalo, le propriétaire fait encore un profit
qui le paie largement de tous les risques encourus, car,
à Ouaddaï, le prix d'un esclave commence à
trois pièces de Calicot.
Ces êtres pitoyables parcourent 23 degrés de
latitude à pieds, nus, sous un soleil brûlant,
avec une tasse d'eau et une poignée de Maïs
toutes les douze heures pour leur entretien. Sur le trajet
de Quatorze jours nécessaires pour aller de Tukkru
à Djahuda, on ne trouve pas une goutte d'eau, et
la caravane poursuit son épuisant voyage en dépendant,
pour sa survie des gourdes remplies aux puits de Tukkru.
C'est en vain que la faim et la soif diminue le nombre des
Noirs épuisés, en vain qu'ils se laissent
tomber, lors de ce lugubre voyage, fourbus et perdant connaissance,
pour mourir d'une mort affreuse dans le désert. Le
marché de Djalo doit être approvisionné,
et approvisionné il est, mais à quel coût
en vies humaines... "
Le
trajet décrit précédemment ne couvre
que 14 jours d'un voyage qui pouvait durer trois à
quatre mois avant que l'esclave ne parvienne à sa
destination finale. Une pratique courante, chez les musulmans
qui se rendaient à la Mecque, était de se
pourvoir de plusieurs esclaves qui étaient vendus
au cours des différentes étapes du voyage
pour pourvoir aux besoins pécuniaires du pèlerin
- esclavagiste.
La
faim et la soif, n'étaient pas les seules souffrances
infligées par les esclavagistes du monde musulman
à leurs captifs. D'autres venaient s'y ajouter, communes
à la traite des blancs et des noirs. La mutilation
génitale, en vue de fabriquer des eunuques, était
courante. Les victimes de cette sordide pratique commerciale
étaient des enfants de huit à dix ans. On
imagine sans difficulté les souffrances atroces infligées
aux petites victimes des esclavagistes.
Les
femmes, pour leur part, étaient systématiquement
violées sur le parcours, à dessein d'ailleurs,
car il s'agissait de les briser moralement et psychologiquement
avant de les mettre en vente. Elles étaient ensuite
réduites à un état de dépendance
et de soumission totale vis à vis de leur propriétaire.
L'attribution du statut de concubine des esclaves par l'islam
n'était rien moins, somme toute, que la caution religieuse
du viol et de l'asservissement sexuel de ces femmes. Outre
qu'elles étaient soumises à ce droit de cuissage,
les malheureuses étaient également la proie
sans défense du ressentiment des épouses légitimes,
dont elles devenaient parfois les souffre douleurs. Souvent,
elles finissaient leurs existences confinées dans
des harems, affectées à diverses taches ménagères.
Ce fait n'est pas sans soulever quelques questions intéressantes.
En effet, lorsqu'on sait que le prophète Mahomet
ne se privait pas de coucher avec ses esclaves, on peut
se demander à juste titre si ces femmes se livraient
de bon grès et librement aux avances sexuelles du
" prophète "
Il
convient enfin de s'interroger sur la qualité de
vie des esclaves une fois devenus la propriété
d'un maître. En effet, si ceux-ci sont souvent décrit
comme traité humainement, " comme des membres
de la famille " (mais des membres de la famille qu'on
aurait pu battre, violer, accabler des tâches les
plus dures ou émasculer) il faut néanmoins
mentionner que l'espérance de vie d'un esclave noir,
en Egypte par exemple, tombait à cinq ou six années
après son déracinement de son pays d'origine.
Il y eut des révoltes d'esclaves en terre d'islam
et certains témoignages rapportent qu'en dehors des
milieux urbains, la condition des esclaves pouvaient être
particulièrement dures.
Les Juifs et l'esclavagisme
Si
tout le monde connaît les fameux passages de la bible
consacrés à l'esclavage du peuple juif en
Egypte, on évoque moins souvent le fait qu'à
plusieurs reprises au cours de son histoire, des membres
du peuple juif ont pratiqué l'esclavagisme. On aurait
tort de croire que ces pratiques esclavagistes n'auraient
vu le jour que sous l'influence des peuples au sein desquels
des communautés juives s'étaient installé,
car il n'en est rien. A toutes les époques, et sous
toutes les latitudes où l'esclavage était
une pratique courante et où ils étaient présents,
des juifs ont vendu, acheté et possédé
des esclaves quand ils en avaient la possibilité.
Dans
le monde musulman, rien n'interdisait à un juif d'être
propriétaire d'esclaves, ce que beaucoup furent.
Au Maghreb, certains d'entre eux servirent d'intermédiaires
dans le paiement des rançons des esclaves blancs,
transactions sur lesquelles ils touchaient un bénéfice.
En
Europe, concernant la période contemporaine de la
traite des noirs, on limite généralement l'histoire
des juifs à leur expulsion d'Espagne, aux ghettos
et aux pogroms. On parle moins (ou plus exactement, on ne
parle jamais) de la part non négligeable prise par
certaines communautés juives dans le trafic d'esclave
au nouveau monde. Ainsi après l'expulsion des juifs
d'espagne qui, comme un grand nombre de musulmans, avaient
refuser de se convertir et de s'assimiler, dès leurs
réinstallations dans de nouveaux pays, certaines
communautés juives devinrent parties prenantes de
la vie économique locale. A Amsterdam, la communauté
juive pesait un poids important dans la vie économique
de la cité ; elle contribua financièrement
à l'armement de navires faisant commerce avec les
colonies, dont les navires négriers, qui servaient
au commerce triangulaire entre l'Europe, l'Afrique et les
Amériques, et en tira donc un bénéfice.
A Hambourg, où s'était réinstallée
une autre communauté juive, il y eut également
des Juifs qui participèrent à l'armement des
navires esclavagistes et se livrèrent à la
traite des noirs. Il est probable que dans toutes les villes
qui pratiquaient le commerce triangulaire et où se
trouvaient des communautés juives, certains de leurs
membres ont été impliqués dans le commerce
des esclaves.
Dans
les colonies du nouveau monde, la présence d'esclavagistes
juifs est attestée. On en trouvait au Brésil,
au Surinam, en Guyane française, aux états
unis -notamment dans le sud- mais aussi dans les caraïbes,
en Martinique, à Saint Domingue (Haïti). Il
est probable que les juifs esclavagistes appliquèrent
le Code Noir au même titre que les Européens.
Bien sur, comme la majorité des Européens,
la plupart des juifs ne furent pas propriétaires
d'un grand nombre d'esclaves, s'ils en possédèrent
jamais. Quant à la pratique de l'esclavagisme par
certains juifs, si elle fut, dans une certaine mesure, moindre
que dans d'autres communautés, c'est moins la conséquence
d'une grandeur d'âme qui leur aurait été
particulière que celle de l'antisémitisme
de l'époque. Théoriquement, Les juifs n'avaient
pas le droit de s'installer dans certaines colonies portugaises,
espagnoles ou françaises, mais ces derniers utilisèrent
souvent des hommes de paille ou de faux noms pour contourner
les lois antisémites. En Jamaïque et à
la Barbade, la prospérité des juifs doit avoir
été évidente et suscitée bien
des jalousies puisqu'on adopta une loi limitant le nombre
d'esclaves qu'un Juif pouvait posséder.
La
traite des noirs au nouveau monde étant désormais
considérée, notamment par la loi française,
comme un crime contre l'humanité, on peut conclure
qu'au même titre que d'autres européens et
africains, à certaines périodes de l'histoire,
des juifs ont commis des crimes contre l'humanité
Les Indiens d'Amérique et l'esclavagisme
Lorsque
Christophe Colomb redécouvrit l'Amérique,
il n'y importa pas l'esclavage. Cette pratique existait
déjà, d'ailleurs, lorsque les vikings Erik
le rouge, puis Lief Erikson mirent pied sur le continent
Nord américain, aux alentours de l'an mille.
Comme pour l'Afrique, nous avons hérité d'une
vision idéalisée et incroyablement naïve
des nombreux peuples des Amériques, car on l'oublie
trop souvent : les civilisations des indiens des plaines,
des caraïbes ou d'Amazonie, des Incas ou des Aztèques
étaient extrêmement différentes. Les
peuples natifs de ces continents, comme partout ailleurs,
étaient racistes, pratiquaient la guerre et l'esclavagisme
et, dans certains cas, ont fait disparaître certaines
espèces animales.
L'exemple le plus connu de la pratique de l'esclavage chez
les peuples sud-américains est celui de Hans Staden.
Cet allemand qui vivait au XVIème siècle,
capturé par des indiens Tupinembas du Brésil,
devint l'esclave de leur cacique pendant plusieurs mois.
Ayant survécut à sa captivité chez
ces anthropophages, Il écrivit un livre " Véritable
histoire et description d'un pays habité par des
hommes sauvages, nus, féroces et anthropophages "
qui est toujours imprimé de nos jours.
En Amérique du Nord, l'esclavage fut pratiqué
à une large échelle par les Aztèques,
qui réservaient souvent un sort peu enviable à
leurs captifs, qu'ils sacrifiaient par centaines à
leurs dieux, en leur arrachant le cur. Les mayas,
plus proche de l'Amérique centrale, étaient
également des esclavagistes et " la Malinche
", l'interprète qui assista Cortés dans
sa conquête du Mexique, était une de leurs
esclaves.
Les Noirs, les Métisses
et l'esclavagisme aux amériques
Sous
le soleil des Amériques, la main qui tenait le fouet
n'était pas toujours celle d'un Blanc. Dans toutes
les colonies du nouveau monde où l'esclavage exista,
Les noirs ne furent pas seulement esclaves mais certains
furent aussi esclavagistes. Ils n'imitaient pas les Européens
en s'adonnant à cette pratique, mais ne faisaient
que reprendre leurs coutumes africaines.
Aux
Antilles françaises, anglaises et espagnoles se trouvaient
de larges populations de noirs libres ainsi que de métisses.
Un grand nombre d'entre eux devinrent à leur tour
possesseurs d'esclaves, et ces esclavagistes noirs n'étaient
pas plus tendres à leur égard que les Européens
chrétiens ou juifs. Ces noirs libres et ces métisses
ne furent pas les derniers à protester contre l'abolition
de l'esclavage.
Cette
situation n'était pas spécifique aux Antilles.
Sur le territoire nord-américain, dans les états
du sud des Etats-Unis d'Amérique, comme la Louisiane,
les esclavagistes n'étaient pas tous blancs ou juifs
: de nombreux noirs possédaient des esclaves. Certains
en avaient plusieurs dizaines qu'ils utilisaient, eux aussi,
à des fins lucratives, et non pas, comme ce fut plus
fréquemment le cas, pour les soustraire à
leur condition.
L'esclavagisme
de certains noirs, au nouveau monde, ne peut être
considéré comme une aberration. Ces derniers
le considéraient comme faisant partie de l'ordre
des choses, et s'y adonnaient lorsqu'ils en avaient la possibilité,
renouant avec leurs mode de vie africain.
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