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Lieu: La Poste, rue Mouraud, Paris XXème.
Type d'agression:
Tandem Raciste
Méthode:
Chantage racial

Un après midi, j'étais allé chercher de l'argent au distributeur du Bureau de Poste de la rue Mouraud, dans le 20ème arrondissement. A l'époque, j'habitais Square Vitruve, juste à coté du Square de Cardeurs, dans la rue Saint Blaise. L'endroit est une des cités les plus mal-famées de Paris et ses "jeunes" défraient régulièrement la chronique. Pour leurs affrontements, parfois à l'arme à feu. Au fil des mois, j'avais appris à faire un détour soit par la rue Vitruve, soit par le boulevard Davout, pour éviter la petite place, où j'avais été témoin de bastons à coups de poings et à jets de canette.

Je m’apprêtais donc à faire mon opération et je venais d'introduire ma carte dans la machine quand soudain, un petit maghrébin d'une quinzaine d'année, en survet' - basquet' - casquet' s'approche de moi et vient se coller à ma gauche. Méfiant, je me déplace de ce coté là pour qu'il ne puisse pas voir mon code, mais il avait repéré sa proie et il ne m'avait pas choisi par hasard. Avec l'écharpe indienne que je portais autour du coup et mon pull un peu long, il avait reniflé tout de suite le pigeon blanc, sevré de propagande de SOS-racisme, qui n'aurait pas voulu passer pour un "raciste". Il attaqua directement dans le registre du chantage racial.

- Ouah, M'sieur, z'avé peur pass'que 'j'chui arab' "

Je n'avais pas peur, j'étais simplement prudent. Mais il avait compris comment brouiller les cartes et à l'époque, j'avais encore des états d'âme vis à vis des maghrébins. D'autant plus que je me culpabilisais de commencer à avoir des pensées "négatives" vis à vis d'eux, c'est à dire qu'ils commençaient sérieusement à me courir...

- Ayé pa peur, M'sieur, j'vé rien vou fère, sans blague"

Je me retrouvais dans un dilemme. Peut être qu'effectivement, j'étais méfiant parce qu'il était arabe. Le maghrébin, contrairement à moi, continuait sans scrupule son chantage racial, une bonne méthode pour désiorenter sa victime et la rendre confuse. A l'époque, je n'identifiais pas encore son comportement par une expression et j'avais donc du mal à m'en protéger moralement

- Z'avé peur dé z'arabs, M'sieur? fo pas! Bla bla bla…"

Enervé, je finis par taper mon code puis, me ravisant, j'annulais l'opération sans retirer d'argent et je quittais les lieux.

Fidèle à mon habitude, pour rejoindre le square Vitruve, j'évitais de traverser le square des cardeurs, une cour fermée tenue par les maghrébins et idéale pour les guet-apens. Je passais par le boulevard Davout. Lorsque j'arrivais au niveau de ce qui est désormais le bâtiment de l'INED, mais qui était à l'époque inoccupé et formait une section du boulevard sans le moindre commerce ou la moindre entrée d'immeuble, j'entendis quelqu'un aboyer dans mon dos.

- OuOh, M'sieur! M'sieur!"

Je me retournais. Un noir de 16 ou 17 ans, mais déjà bâti comme un homme mur, s'était approché de moi. C'était la racaille africaine typique: Grand uniforme basquet', survet', casquet', une mine patibulaire, les arcades sourcilières hachées de cicatrices, une démarche légèrement traînante de branleur, avec ce balancement un peu simiesque qu'affectent les rappeurs. J'aurais du me sauver en courant mais je m'arrêtais sur place: si je l'avais ignoré, j'aurais immanquablement passé pour un "raciste qui ignore les "pov'noirs" dans la rue" et cela lui aurait immanquablement servi de prétexte à une embrouille. Il me dit en continuant à s'approcher:

- M'sieur, fo pas êt' com' sa avec les p'tits, cé pa bien."

Puis, dès qu'il fut à portée de bras, d'une brusque détente, il sauta sur moi et tenta de plonger sa main dans ma poche à portefeuille. Je ne suis pas complètement naïf: Je savais bien que ce noir était un complice du petit maghrébin et que ces deux-là devaient s'entendre pour plumer les petits pigeons blancs de mon acabit. Sur le qui-vive, j'avais aussitôt agrippé mon prtefeuille et je me mis à hurler:

- Au voleur! Au voleur!"

Le Noir recula à deux ou trois mètres de moi et me dit avec un culot assez admirable, je le reconnais

- Ouoh, cé moa qu'tu trait' de voleur ? Si Tu continu j'vé t'cassé ta gueule"

Un coup d'oeil aux alentours m'avait suffit pour voir qu'il n'y avait personne pour m'aider. Lui semblait ne pas vouloir se battre, car du simple fait de mon gabarit, il était évident que me voler ne serait pas simple et qu'il y avait un risque de prendre une bonne châtaigne. De mon coté, je n'avais aucune envie de me retrouver en train de me battre contre cette racaille, avec le risque de voir rappliquer le petit maghrébin et, peut être, quelques "potes" de Saint Blaise. Il partit de son côté et moi du mien.

J'étais assez secoué. Ma première réaction fut de casser ma carte de crédit et d'en demander le remplacement, car si le noir avait tenté de me voler, cela voulait dire, à coup sur, que l'adolescent maghrébin avait réussi à voir mon code lorsque je l'avais tapé. Ma seconde décision fut d'aller porter plainte. J'allais donc au commissariat de quartier de la rue des Orteaux, qui se trouve assez près.

J'y découvris que n'ayant pas été volé, mais ayant seulement été victime d'une tentative de vol, je ne pouvais pas porter plainte: mes voleurs ne seraient jamais poursuivi, l'agression dont j'avais été victime ne leur serait jamais reprochée, les agents de police ne tenteraient rien pour les arrêter. Ce n'est pas un crime d'essayer de voler quelqu'un, il faut l'avoir volé et, de préférence, l'avoir blessé. Lorsque j'évoquais le chantage racial dont j'avais fait l'objet pendant ce tandem raciste, les agents de police, un homme et une femme, qui enregistraient ma main courante se regardèrent d'un air entendu. Et lorsque je terminais mon récit, un des agents me fit cette réflexion hallucinante:

- Soyez content que vous n'êtes pas une personne âgée"

Je quittais donc le commissariat, content de ne pas être une personne âgée; inquiet de savoir que je le deviendrais…

Le lendemain, j'allais chercher mon pain dans une boulangerie du Boulevard Davout. J'eus le bonheur d'apercevoir, à une quinzaine de mètres de la boulangerie où j'allais faire mes achats, le noir qui avait tenté de me dépouiller la veille.

Sans doute, depuis, les deux amis maghrébin et Africain ont-ils agressée et, peut-être, brisé les os d'une personne âgée, de préférence française, qu'ils auront embobinée -elle aussi- en lui faisant du chantage racial…

 
 
   
 
 
 

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