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Lieu: Rue Louis Bonnet
Type d'agression:
Agressions Inter-Ethniques "gratuite", Racket, Arme Blanche

Il fut un temps où j’allais souvent chez un petit traiteur "chinois " situé rue Louis Bonnet, dans le 11ème arrondissement. A l’époque, je travaillais à mi-temps et j’étais chroniquement fauché. Si j’avais vraiment la flemme de me faire à manger, j’allais là bas acheter un Sandwich vietnamien au Poulet . Il était à treize francs (2 €); c’était à la portée de ma maigre bourse. J’en profitais pour récupérer les journaux en chinois déposés là par des témoins de Jéhovah ; j’en recyclais les bonnes paroles en collages d’art postal.

On croit souvent que les chinois sont protégés par des sortes de triades. C’est faux : ils ferment simplement leur gueule, comme nous tous. Mes nombreuses visites dans cette sandwicherie m’ont donné l’occasion d’être témoin de l’anondin racket auquel se livraient les petits maghrébins du quartier envers les propriétaires asiatiques. Je dis racket anodin car il ne s’agissait pas de livrer des sommes d’argent à un quelconque Mafiosi chinois à la sauce John Woo. La méthode des adolescents maghrébins était des plus simples : une bande se présente "en force", l’un d’eux commande un sandwich. Le commerçant le prépare et le donne au "client", qui s’en va sans payer. Aucune protestation de la part de la victime. Je les ai même vu quasiment "offrir" le sandwich… Pour avoir la paix.

Petit drame, donc, au rythme d’un, deux, trois ou quatre sandwich par jour . On ne va quand même pas mobiliser la police pour un sandwich, n'est ce pas?... D’ailleurs la police connaît déjà l'établissement. J’ai souvent vu des agents ou des C.R.S s’y arrêter pour acheter à manger mais voilà : La police est du midi tandis que les délinquant maghrébins sont plutôt du soir.

Je m’étais donc attablé, un soir, au fond de la petite salle qui fait office de restaurant. Prés de la porte, et du plan de travail où le couple de commerçants préparait ses sandwichs, un groupe de trois clients, tous français, tous d’une quarantaine d’années, mangeaient en discutant.

C’était l’heure des maghrébins.

Une bande de dix ou douze pré-adolescents se présenta pour racketter un ou deux sandwichs. Trois ou quatre d’entre eux entrèrent "demander" à manger. "Sans qu’on puisse s’expliquer pourquoi", la tête d’un des clients français indisposa profondement une des petits racailles, qui ne cessa plus, dès lors, d’importuner sa tête-de-français. De toute évidence, l’homme aurait facilement pus flanquer une raclée à l’importun. Il fit mine de l’ignorer ; le petit roquet n’en fut que plus hargneux. La commercante – ce jour-là, c’était elle qui préparait les sandwichs- se hata de lui "vendre" le sandwich pour qu’il parte.

La petite crapule sortit un instant mais la présence de ses dix potes le galvanisa. Il fallait qu’il fasse chier des français. Il entra à nouveau dans le magasin, recommença ses insultes. Le client commençait à perdre patience, ses amis et moi également, mais ce qui retenait les quatre adultes que nous étions, c’était la crainte que l’affaire tourne à la bagarre générale et que ce soit les commerçants vietnamiens qui en fassent les frais avec une vitrine brisée et un restaurant saccagé.

Le petit arabe, quasi hystérique, les traits du visage déformés par la haine, la bouche grimaçante tandis qu’il crachait ses insultes en direction de l’homme, devenait de plus en plus agressif. L’autre s'énervait de plus en plus, d'autant plus que le maghrébin s'était mis à donner des coups de pieds dans le pied de la chaise sur laquelle il était assis.

Cette fois ci, l'adulte finit par perdre patience, il commença à se lever. A l'époque, l'agencement du restaurant n'était pas le même qu'aujourd'hui: il suffisait de tendre le bras pour atteindre ce qui se trouvait sur le plan de travail où on préparait les sandwichs. Le jeune maghrébin, ivre de haine, s’empara d'un grand couteau de cuisine qui y traînait et le brandit à bout de bras. Si la commercante vietnamienne n’avait pas eut le réflexe de se jeter sur lui et de lui attraper les poignets, l’affaire aurait pu tourner au drame.

Je ne me souviens plus de quelle façon l’incident s’est résolu, mais l’image de ce maghrébin de quatorze ans en train de brandir ce couteau et de la haine qui tordait son visage est restée gravée dans la mémoire…

 
 
   
 
 
 

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