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Lieu: Avenue Simon Bolivar, Rue Fessard, Paris XIXème
Type d’agression:
Agression Inter-Ethnique
Méthode:
Vol

C'était un mois de février. Il devait être vingt heures trente. Je revenais du parc des Buttes Chaumont où j'étais sorti m'aérer un peu, histoire de dire que je n'avais pas passé toute ma soirée confiné chez moi, en tête à tête avec mon micro ordinateur. Soudain, alors que j’arrivais au niveau du Bricorama de l'avenue Simon Bolivar, j'entend un hurlement de femme. Je reste un instant aux aguets, je scrute les alentours, je tends l'oreille mais je ne vois rien. Je me remet en marche.

Quelques secondes plus tard, remontant la rue en sens inverse du mien, un jeune noir de quinze ou seize ans -basquet' survet' casket' - me croise en courant. On m'accusera sans doute d'avoir des préjugés racistes, mais voir un adolescent noir vêtu d'un survêtement en train de courir à plus de huit heures du soir, et une minute ou deux après qu'une femme ait hurlé dans la rue m'a aussitôt paru suspect. Je l'ai suivi des yeux un instant puis j'ai poursuivi mon chemin.

Quelques secondes ont encore passé, puis c’est une femme -blanche, bien sur- qui a déboulée, en courant elle aussi, mais complètement essoufflée. Pas la peine de me faire un dessin, j'ai compris pourquoi j'avais vu un Zyva black, espèce habituellement des plus fainéantes, en train de produire un effort.

- Il vous a volé?"
- Y' m'a tiré mon portable !"

Avant qu'elle en ait pu en dire plus, j'ai tourné les talons et je me suis lancé en courant à la poursuite du jeune africain. Un vrai réflexe. Il avait quitté l'avenue Simon Bolivar et s'était engagé rue Pradier . Un français, me voyant arriver en courant et ayant vu un noir passer en courant quelques secondes plus tôt, a tiré de cette observation les mêmes conclusions que moi, lorsque j'avais vu arriver la française essoufflée. Sans que j'ai à lui poser la moindre question, Le passant a pointé du doigt la direction que le voleur avait prise.

La racaille en survet’ avait parcouru la moitié de la rue. Déjà persuadé que l'affaire était dans le sac, il avait ralentit le rythme de sa course et courait à petites foulées satisfaites. J'étais lancé à plein régime et , sans qu'il s'en doute, j'étais en train de gagner mêtre sur mêtre derrière lui. Il avait parcouru les trois quarts de la rue, moi la moitié, lorsque des gens sont sortis d'un immeuble voisin. J'ai hurlé les mots de circonstances:

- Au voleur, au voleur, arretez le! ARRETEZ LE! AR-RE-TEZ-LE"

Voilà le noir aiguillonné par la peur : d'un coup, il accélère. Moi pas, j'étais déjà à plein régime. A cet instant, un gardien d'immeuble portugais sortait avec son berger allemand. Il s'est mis, lui aussi, à courir après le voleur.

Finalement, la course s'est terminée rue Fessart. Le jeune africain s’était engagé dans le parking d’immeuble qui se trouvaient à proximité de la rue Botzaris . J’ai décidé de longer la grille du parking, coté rue pour l’empécher d'en sortir. Le gardien portugais s’est engagé derrière lui avec son chien et a finit par l’acculer entre deux voitures. Je suis arrivé à leur niveau ; le petit voleur avait déjà rendu le portable. Il s’est tourné vers moi et m’a lancé :

- Cé bon, Jé rendu l’portab’ ; affair klassé ! "

Une grille et une haie d’arbustes qui m’arrivaient au niveau des hanches me séparaient de lui. Je n'aurais eu qu'à étendre le bras pour l’attraper par le col et lui donner un coup de poing dans la figure. Ca faisait deux cent mètres que je lui hurlais que j’allais le massacrer mais soudain, je me suis trouvé en face du gamin de quinze ans. Nous étions deux contre un, sans compter le berger allemand. Certains diront que je suis un con mais dans ces conditions, je me serais senti lâche de cogner ce noir alors que lui, quelques minutes plus tôt, n’avait eu aucun scrupule à agresser une femme.

Dix secondes plus tard, j’ai regretté mes états d'âme car le gardien lui a dit :

-C’est bon, fiche le camps! "

Le petit voleur a pris la poudre d’escampette. J’ai essayé de le suivre un instant mais il a disparu dans un parking, derrière les immeubles. Il faisait sombre et ça sentait le guet-apens. J’ai laissé tombé la poursuite et je suis parti retrouver le gardien, que la femme avait finit par rejoindre. Je lui ai demandé pourquoi il avait laissé partir le voleur, au lieu d’appeler la police. Il m’a dit:

- C’est nous qu’on aurait eu les emmerdes ! "

 
 
 
   
 
 
 

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