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Mort
d'une Hotesse
Par Evan Alan Wright - Tokyo
L'histoire tragique
de Lucie Blackman a tenu le Japon en haleine, devenant la
cause d'un examen de conscience national et une parabole
pour le malaise d'aprés Bulle du pays
Le 4 mai 2000, portant
des hauts talons et un ensemble noir et argent calculé pour
saccorder à sa valise Samsonite, Lucie Blackman débarqua
dun vol Virgin atlantique de treize heures Londres
- Tokyo et mit le pied dans le cauchemar national du Japon.
Ancienne hôtesse de lair de British Airways, qui mettait
sa fierté à être " chic, sophistiquée et éveillée ",
Lucie remettait ses cheveux en ordre parfois même avant
daller sentraîner à la gym. Il est donc sensée
quelle ait eu les cheveux fraîchement coiffés à cet
instant, une crinière naturellement blonde coupée droite
et tombant sur ses traits anglais quasi patriciens, frappants,
comme un rideau de perles de verre. Dissimulant ses yeux
bleus derrière une paire de lunettes de soleil trop grandes,
de style Gucci. Ses ongles formaient de parfaites petites
demi-ellipses, leur cuticules nettes.
Le visage du Lucie,
plus que tout autre, allait éventuellement devenir synonyme
des anxiétés, des aspirations et des insécurité millénaristes
de Tokyo. Lorsquelle disparut deux mois plus tard
dans la nuit de Tokyo, sujet de spéculations et de commérages
salaces, elle devint le symbole, littéralement, dune
nation soudain incertaine de la direction où elle allait
et de ce qui lui arrivait.
Tokyo, ce printemps
là, était une ville embourbée dans sa neuvième année consécutive
de stagnation économique. Même Lucie avait entendu parler
des malheurs fiscaux du japon _ Un marché de limmobilier
déprimé, des entreprises diminuant leurs dépenses
mais la ville quelle voyait offrait un spectacle complètement
diffèrent. En sinstallant dans une " Gaijing
house " du centre de Tokyo et en cherchant du
travail dans certains des bars à hôtesses du quartier de
Roppongi, Lucie, 21 ans, voyait une ville presque charnelle
dans ses appétits et bacchanalesque en esprit. Elle naurait
jamais supposé que cétait une ville en déclin, capitale
dun empire qui aurait supposèment vu des jours meilleurs.
Au lieu de cela, latmosphère, ou Kibun,
dans les rues et dans les bars était une sorte de consumérisme
gourmand de type " prenez-en-tant-que-vouspouvez-encore ".
Ce quelle était encore trop nouvelle pour sentir était
que cette rapacité ne naissait pas de loptimisme mais
du désespoir. Le gâteau économique diminuait, donc tout
le monde essayait dattraper la plus grosse part tant
quil y avait encore quelque chose à prendre.
Roppongi, où elle trouva
éventuellement du travail dans un bar à hôtesses nommé " Casablanca ",
est le terrain de jeu éclairé au néon de cette civilisation
en déclin, où les cadres se collent à lépaule des
strip-teaseuses russes et où les jeunes dune vingtaine
dannées aux cheveux couleur thé viennent senvoyer
des drogue branchées. Le quartier abrite des dizaines de
bastringues, de cafés, de boites de strip-tease, de casinos
et de clubs ouverts la nuit servant les étrangers et les
japonais qui aiment traîner avec eux. La foule des
courtiers américain en costume brook brothers, des mannequins
en visite, des rock stars de second ordre, des portiers
africains, des vendeurs de rue israéliens, des Marines ivres,
des maquereaux pakistanais et des craignos polyglottes
renforce le sentiment que Roppongi est le centre de radiation
de la vie dorée et féconde de Tokyo.
Lucie était venue parce
quelle avait entendu quon pouvait se faire une
fortune dans ce quartier scintillant, simplement en versant
des boissons et en ayant des conversations anodines avec
des hommes daffaire japonais. Ce Japon exerce un appel
curieux pour des occidentales ayant un penchant pour laventure.
Peut être découvrent t - elles la possibilité dêtre
hôtesse pendant un voyage en Asie, ou en rencontrant des
femmes de retour du Japon qui leur parlent de grosses sommes
dargent. Certaines répondent à des publicités dagences
dans les journaux étrangers pour travailler comme " danseuses "
ou " artistes de variétés " - Pour se
retrouver à faire les hôtesses. Dautres ne font que
passer à Tokyo, peut être lors de la première étape dun
itinéraire en Asie, et voient quon peut se faire de
largent facile en baratinant des japonais enivrés.
Cest la sur la plus âgée dun ami, à Londres,
qui a informé Lucie des possibilités qui soffrent
au Japon à une jeune femme attirante.
Descendant vaguement
de la tradition des maisons de Geisha, les bars à hôtesses
emploient des femmes à lheure pour se comporter en
compagnes des clients. Les hôtesses ne sont pas des prostituées ;
elles sont plutôt des petites amies platoniques et payées.
Elles peuvent choisir de coucher avec un client, ou pas.
Bien quil ny ait pas de chiffres officiels sur
le nombres de femmes qui travaillent dans les bars à hôtesses,
on estime que des centaines de milliers de femmes travaillent
dans ce qui est certainement une industrie multimilliardaire.
Pour les cadres clients, les bars à hôtesses, avec leur
atmosphère chic, leurs belles femmes et un flot régulier
de boissons, sont des lieux de rendez-vous de choix dans
lesquels impressionner un client ou conclure un accord commercial.
La plupart des clubs à hôtesses emploient des japonaises
ou des asiatiques, mais à partir des années 80, de plus
en plus ont commencé à sapprovisionner en femmes occidentales.
De toutes les hôtesses au Japon, les plus payées sont les
blanches mignonnes, blondes et qui parlent anglais. Lucie
satisfaisait toutes ces critères.
Les premières semaines
dune hôtesse novice peuvent être déboussolantes. Tout
dabord, il y a les horaires. On devient une créature
purement nocturne, se présentant au travail vers neuf heure
du soir, finissant vers deux heures du matin et se dépensant
jusquà laube dans des bars comme le " Gas
Panic " ou des clubs très onéreux comme le " Lexington
Queen ". Les filles gagnent un salaire de 150
à 400 dollars la nuit, en plus des pourboires et des cadeaux
que déversent sur elles des clients en adoration. Mais dans
ce spectacle de Saturnales, il y a encore plus doccasion
de flamber largent. En plus de la gnole, des clubs
et des vêtements, il y a la drogue lextasie,
lherbe, la cocaïne à laquelle beaucoup trop
de filles se laissent aller.. Au début, ce cycle était insensé
pour Lucie travailler cinq heures puis sortir dans
les bars et les club pour se défouler Mais après
avoir passé des nuits entière à prétendre rire de blagues
idiotes ou à feindre comprendre langlais rudimentaire
dun employé de bureau ivre, cela ne faisait pas de
mal de relâcher la pression.
Les particularités
de ce commerce rendaient également Lucie confuse. Par exemple,
chaque soir entre neuf et dix heures, lorsque les clubs
commençaient à peine à ouvrir, un flot continu de Nissan
Cimas et de Jaguar S-Type sarrêtaient devant les immeubles
de six ou sept étages hébergeant les hôtesses pour déposer
des étrangères habillées de la façon la plus renversante.
Les filles, presque toujours de type caucasien (1) et généralement dans la vingtaine
sortaient, insouciantes, par des portières ouvertes par
des hommes qui étaient toujours japonais et généralement
deux fois plus âgés quelles. Les filles fendaient
les trottoirs de Roppongi avec un air de désintérêt, télégraphiant
le sex-appeal et linaccessibilité à chaque claquement
de leurs hauts talons sur le sol. Ce rituel de trottoir
faisait partie dune coutume des bars à hôtesses appelée
le " Dohan ". Les hommes les déposant
étaient des habitués des bars à hôtesses payant des suppléments
pour emmener dîner leur hôtesse puis pour les déposer au
travail.
Lucie Blackman détestait
tout cela lorsquelle arriva. Les heures, La pression
de sortir pour les Dohans. Elle avait travaillé pendant
deux ans sur les vols long courrier de British Airways vers
lAfrique et les Amériques, mais elle navait
pas souvent été éloignée plus de quatre jours daffilés
du domicile familiale, où elle vivait toujours avec sa mère,
sa benjamine et son frère- à Sevenoaks, une banlieue de
Londres dans le Kent. Après son arrivé à Tokyo, elle téléphonait
et envoyait des courriels à sa famille de façon quasi quotidienne,
leur disant quelle avait le mal du pays.
Elle avait quitté son
emploi dHôtesse de lair, sétait-elle plaint
à sa sur, parce quil lui donnait le sentiment
dêtre en décalage horaire permanent. Son salaire annuel
à British Airways était de 18 700 dollars. Une bonne hôtesse
pouvait gagner cela en deux mois. Avant même dembarquer
sur ce vol pour Tokyo, elle avait anticipé les retombées
du travail dhôtesse , débitant son compte de carte
de crédit de 1400 dollars pour sacheter un nouveau
lit quelle comptait utiliser à son retour du Japon.
" Lucie nétait pas la personne la plus intelligente "
dit sa sur Sophie " mais nétait pas
stupide. Elle faisait les choses que ferait une fille normale
de vingt et un ans ".
Lucie avait envoyé
un Courriel disant à sa sur que travailler au club
était " comme être une hôtesse de lair sans
laltitude ". Elle avait téléphoné à sa mère
une fois pour lui dire quun client lui avait offert
" une somme dargent fantastique pour coucher
avec lui ". Lucie avait dit quelle avait
écarté la proposition en riant, rappelant à sa mère que
son travail était verser des boissons, dallumer des
cigarettes et " de discuter de sujets ennuyeux,
comme les volcans." Elle confessa à Sophie que quelquefois,
les clients parlaient anglais avec un accent si prononcé
quelle ne pouvait que secouer la tête. " Je
ne peux pas croire quon me paie autant dargent
simplement pour prétendre que je les écoute "
rapporta t-elle.
Lucie et Louise Phillips,
un amie venue avec elle à Tokyo, partageaient une pièce
dans la " Yoyogo Gaijin House ". Au
début de son second mois à Tokyo, Lucie navait pas
réussit à économiser le moindre argent, mais elle commençait
à faire la paix avec les environs de Tokyo. Continuant à
envoyer des courriels à sa sur quasiment tous les
jours, elle lui dit quelle gagnait léquivalent
de 1 450 Dollars par semaine. Et elle sattendait à
ce que ses profits augmentent car les clients la réclamait
plus fréquemment. Elle aimait la vie noctambule de Roppongi
et était sortie pour quelques rendez vous galants, à lopposé
des Dohan, avec un américain, Scott Fraser, un jeune Marine
basé sur le porte avion américain USS Kittyhawk.
Le premier Juillet,
un samedi, Lucie sortit pour un Dohan avec un client de
Casablanca. Lhomme, dont Lucie ne partageât le nom
avec personne, lui avait offert un téléphone mobile pré
- payé si elle laccompagnait dans un restaurant prés
de la mer. Sa colocataire, Louise, était encore au lit dans
leur pièce de six
tatamis(2) lorsque Lucie partit. Louise se
souvient avoir entre aperçut Lucie alors quelle
sortait, en sandale et dans une robe, avec un collier dargent
orné de curs. Elles avaient en projet de se voir dans
la soirée, en même temps que Scott. Lucie téléphona 3 fois
ce jour là. Dabord à 13 heures 30 pour dire quelle
avait rencontré son rendez vous, puis à 17 heure, disant
" on memmène à la mer " et finalement
à 19 heures lorsquelle dit " Je serais de
retour dans une demi heure ". Elle téléphona à
Scott quelques minutes plus tard pour dire le même message.
On nentendit plus jamais parler delle.
Le jour suivant, Phillips
reçut un appel sur le téléphone portable dun homme
parlant avec un accent très marqué se présentant comme étant
Akira Takagi. Il lui dit que " Lucie sest
joint à un culte nouvellement formé. Elle est en sécurité
et sentraîne dans une Hutte de Chiba. "
Limmeuble en
stuc blanc de quatre étages situé sur la côte rocheuses
et venteuse de Mirua sappelle le " Blue
sea ". Le palmier qui se trouve en face de lui
est tenu par des cordes pour lempêcher de se coucher.
Mais la vue sur la baie et la cote rocheuse est spectaculaire.
Cest un endroit chic : lacteur japonais
des années soixante le plus connu, Toshiro Mifune, a vécu
à quelques centaines de mètres sur la côte jusquà
ce quil meure, il y a quelques années. Il ne faut
pas plus de soixante secondes pour marcher de la salle avant
du Blue Sea jusquà lendroit où les restes de
Lucie ont été découverts.
Le Tueur ne pouvait
aller que dans une direction lorsquil a transporté
les morceaux du corps de Lucie hors de son appartement.
Une voie de garage tourne sur la droite de la porte de devant ;
la baie est en face. A gauche, il y a un petit parking,
puis un sentier étroit mène, à travers des pierres et des
piliers en ciment, à une petite plage, qui fait peut être
le quart de la surface dun cour de tennis. A cinq
mètres en retrait de leau, il y a une surface rocheuse
avec une crevasse de deux mètres de large, qui sétend
à quelques mètres de la plage. Elle est partiellement ouverte
au sommet, et la lumière y coule. Il sy trouvait une
baignoire dont on sétait débarrassée, entre autres
déchets emportés là par le vent. Pendant les quatre mois
durant lesquels les policiers de Tokyo, avec laide
déléments
des forces dautodéfense (3), ont passée au peigne fin le secteur,
personne na pris la peine de regarder sous la baignoire.
Eventuellement, vers 9 heure du matin, le 6 février, les
policiers revisitèrent la caverne quils avaient déjà
fouillé en automne. En sondant autour de la baignoire, ils
trouvèrent le corps de Lucie coupé en Huit morceaux, enterrés
à approximativement 50 centimètres sous le sable. Au début,
les enquêteurs ne purent identifier le corps. La tête avait
été coulée dans du ciment. Les morceaux de corps étaient
si décomposés que le sexe ne pouvait être identifié. Lorsque
les médecins légistes coupèrent le ciment enfermant la tête
dans lespoir de trouver des dents pour identification,
ils trouvèrent immédiatement un élément identifiable, indéniablement
étranger : Des cheveux long, dun blond naturel.
La dernière fois que
Sophie Blackman a vu sa sur aînée en vie a été à 4
heure du matin, le jour où Lucie est partie pour le Japon.
Avant daller à laéroport, Lucie avait grimpé
dans le lit de Sophie. Elle avait prévu de donner à Lucie
une carte lui souhaitant bonne chance, mais au lieu de cela,
elle présenta une lettre de dix huit page. " Lucie
était une belle âme " dit Sophie. " Je
voulais lui dire ce quelle signifiait pour moi ".
A la différence de
sa sur, qui navait pas vraiment trouvée ce quelle
voulait faire de sa vie, Sophie avait travaillé en service
de cardiologie dans un hôpital du voisinage pendant plus
dun an. Elle avait trouvé ce travail gratifiant. Il
la probablement aussi aidé a réagir promptement et
avec un détachement méthodique en période de crise.
Jane, la mère de Lucie
était en train de préparer une colis attentionné pour lucie
avec des médicaments contre les rhumes et ses snacks préféré,
les " Pick and Mix " de Woolworth (4) lorsque Phillips a appelé chez
les blackman, le 3 juillet. Les parents de Lucie, Tim et
Jane, tout les deux en milieu de quarantaine, se sont séparés
cinq ans plus tôt. Tim vivait avec son amie à une heure
et demie de là, sur lile de Wight, dans un appartement.
Les filles vivaient avec leur mère et leur frère de dix-sept
ans, Rupert. Ils étaient locataires, pas propriétaires,
mais de la classe moyenne aisée. Tous travaillaient sauf
Ruppert. Jane comme thérapeute pour des cancéreux. Tim avait
une petite entreprise de construction.
Ce lundi là, lorsque
Jane Blackman reçu lappel, elle téléphona à Sophie
au travail. Sophie Fit des arrangements pour senvoler
vers Tokyo. Tim Blackman, se préparant au pire, alla à sa
banque et prit un prêt de 29 000 Dollars. En fin de compte,
il dépensa prés de 145 000 Dollars la plus grande
partie étant des contributions de proches parents
à rechercher Lucie.
Sophie Partit pour
Tokyo le jour suivant et arriva le 5 juillet. Tim Blackman
vint quelques jours plus tard, après avoir confié la conduite
quotidienne de son commerce à ses partenaires. Sophie se
souvient ne pas avoir dormit pendant ses premiers jours
à Tokyo, suant à cause dune intense chaleur et désorientée
par des stations de métro labyrinthiques. Pendant leurs
deux premières semaines, elle et son père imprimèrent et
distribuèrent 30 000 prospectus portant la photo de Lucie.
Ils parlèrent à tous ceux qui auraient pu la connaître.
Ils rencontrèrent la police, ils tinrent une conférence
de presse. " Nous voulions rendre impossible à
quiconque de dire " nous nenquêtons pas
sur ça " ".
Cétait le problème,
du point de vue de Tim. De toutes les pistes possibles,
la plus traçable aurait du être les quatre appels effectués
pendant et après le Dohan de Lucie. en particulier,
les trois que Lucie a passé depuis un téléphone portable
fourni par son " rendez vous ". Tim
dit " " les autorités nous ont dis
quelles ne pouvaient obtenir aucune information du
fait des lois sur la vie privée, et elles ont dit que les
moyens techniques pour le faire était au delà des compétences
des compagnie téléphoniques japonaises. "
Tim blackman sest
aussi demandé pourquoi le propriétaire du club où Lucie
a travaillé a été incapable de donner à la police des informations
sérieuses sur le client que sa fille a rencontré pendant
quelle y travaillait. " Ma fille a été présentée
à cet homme dans le club où elle travaillait pendant les
jours qui ont précédés sa disparition. Comment le propriétaire
du club aurait-il pu ne rien savoir à son sujet ? "
La famille na pu sempêcher de se demander si
la police navait pas dautres motifs de traîner
les pieds. " Ma sur travaillait illégalement
au japon. " déclare Sophie. " Nous avions
peur que certaines personnes considèrent quelle avait
mérité ce qui lui était arrivé ".
Sur approximativement
300 000 travailleurs étrangers dans lillégalité quon
estime être au Japon, Prés dun tiers sont des femmes
employées dans le mizushobai,
ou commerce de leau, la phrase générique pour désigner
lindustrie du sexe. Tandis que la plus grande partie
de léconomie a stagné durant les dix années qui se
sont écoulées depuis leffondrement de la bulle financière,
le commerce de leau à exploser.
La plupart des femmes
de type caucasien qui parlent anglais ne réalisent pas quelles
font partie du mizushobai. Elle y occupent une position
privilégiée en comparaison des dizaines de milliers de femmes
asiatiques qui travaillent en devanture des magasins, abattant
les actes sexuels à des prix listés sur des menus. Les hôtesses
ne sont pas non plus confrontées aux dangers auxquels font
face les centaines de femmes sud-américaines, certaines
âgées dà peine 16 ans, qui travaillent ouvertement
comme prostituées dans les ruelles du centre de tokyo.
Au sein du Mizushobai,
les hôtesses caucasiennes sont essentiellement payées le
plus pour en faire le moins, mais cela ne les empêche pas
dêtre stigmatisées. " Certaines hôtesses
ne se considèrent pas comme faisant parti du Mizushobai
parce quelles ne font pas dactes sexuels. "
déclare Mizuho Fukushima, membre de la chambre haute du
parlement japonais, et avocat très en vue du droit des femmes
" Mais les gens qui sont en dehors les considèrent
comme faisant partie du commerce du sexe ". En
1989, avant dentrer au gouvernement, Fukushima a aidé
à établir un centre privé nommé Help, qui a prêté assistance
à plus de 2 000 femmes la plupart dAsie mais
comprenant un nombre croissant venant de Russie ou dAmérique
du Sud- qui ont souffert dabus tels que la prostitution
forcée, les intimidations physiques et les agressions. Fukushima
déclare " Jai emmené ces étrangères qui
sétaient faite tabasser à la police ou au service
dimmigration qui ont déclarés devant moi " Quest
ce que vous faites ici ? ces femmes sont en situation
irrégulière ". Elle ajoute que les représentants
des autorités tentent de se débarrasser de ces cas, en avançant
largument suivant : " A quoi sattendaient
ces femmes quand elles sont venues ici illégalement ? "
Ce qui est le plus
troublant, dit Fukushima, sont les étrangères, surtout asiatiques,
qui ont disparues ou sont mortes dans des circonstances
mystérieuses au fils des ans. " Elles ne sont
pas répertoriées, mais nous avons des chiffres fiables, "
dit elle " Les médias soccupaient à peine
de se problème jusquau cas de Lucie. Tout un coup,
cest devenu une nouvelle quand une blanche a disparue. "
Le fait que les Blackman
aient utilisés toutes les approches possibles pour faire
avancer leur enquête a aussi aidé. Un ami de Tim qui avait
travaillé comme chauffeur de Limousine dans un aéroport,
à Londres, avait fait plusieurs courses pour Sir Richard
Branson, le légendaire fondateur des entreprises Virgin.
Le chauffeur téléphona au bureau de Sir Richard et, quelques
jours plus tard, Virgin offrit aux Blackman douvrir
un bureau à Tokyo pour les besoins de leur enquête.
Tim et Jane Blackman
appelèrent et envoyèrent un Courriel aux ministère des affaires
étrangères britannique, remontant jusquau bureau du
premier ministre Tony Blair. Par coïncidence, Blair devait
être au Japon le 21 Juillet au sommet du G8 à Okinawa. Blair
évoqua la disparition de Lucie avec son équivalent Japonais,
Yoshiro Mori. Ces contacts dans les hautes sphères amenèrent
des résultats immédiats. Peu après le sommet du G8, dit
Tim " La police ma dit quils avaient
soudain résolus tous les problèmes techniques et légaux
pour identifier les appels téléphoniques. "
Pendant ce temps ;
les pistes commencèrent à saccumuler sur la ligne
rouge que les Blackman avaient ouverte à Tokyo. Trois étrangères
présentèrent des histoires remarquablement similaires. Chacune
avait travaillé dans les bars à Hôtesse de Roppongi pendant
les quelques années précédentes, et étaient allées dans
un restaurant en bord de mer avec un homme daffaire
japonais riche et bien habillé. Chaque femme rapporta avoir
perdu conscience et sêtre réveillée des heures ou
des jours après dans lappartement de cet homme. Il
avait utilisé un pseudonyme différent avec chaque fille,
se présentant comme " Kazu ", " Yuji "
ou " Koji ".
A la fin du mois de
Juillet, Le visage de Lucie était en première page des journaux
japonais et étrangers Les journalistes de la télévision
sabattirent sur les Blackman, suivant leur moindre
faits et gestes dans Tokyo. De nombreux articles sattardèrent
sur les aspects les moins reluisants de Roppongi et spéculèrent
que Lucie avait été entraînée dans la drogue ou dans un
culte S-M. Au moment où son corps fut découvert, son visage
était connu par quasiment tout le monde au Japon. Sa disparition
a été aussi obsessivement couverte que le procès OJ Simpson
aux Etat Unis, explorant comme là bas des problèmes raciaux
complexes, mais cette fois ci vus à travers un prisme japonais. (6). La blondeur de la victime, la
nipponité présumée du tueur, tous ces problèmes pouvait
être lus ainsi : Quelle est lattitude du japon
face aux étrangers ? Comment cette société déshumanise
t-elle les femmes ? Et le plus important, que dit ce
crime sur létat moral du japon ? Les médias sen
sont donnés à cur joie pour discuter de ces problèmes
et dautres tandis que Lucie devenait la cause dun
examen de conscience et de perplexité nationale, encore
un autre rappel que quelque chose, ineffablement, allait
très mal.
Eventuellement, la
police métropolitaine de Tokyo allait attribuer plus dagents
à ce cas quelle ne lavait fait à celui des attaques
au gaz sarin dans le métro de la ville en 1995, qui avait
tué 12 personnes et en avait blessé 5 500. Finalement, ils
attrapèrent leur suspect le 12 octobre lorsquun homme
daffaire japonais de 48 ans, nommé Joji Obara fut
détenu en rapport avec la disparition de Lucie. Le 6 avril,
Obara, qui a constamment clamé son innocence, fut accusé
de sa mort : un viol qui a apparemment tourné au meurtre.
Les policiers japonais, parlant officieusement à la presse
japonaise, suggèrent quil pourrait avoir violé jusquà
deux cent femmes sur une période de deux décennies et demi,
une succession de crimes dont, a apprit TIME, la police
métropolitaine de Tokyo avait été alertée avant la mort
de Lucie.
Tandis que Joji Obara
attend son procès pour avoir tué Lucie, et que son cas le
révèle comme celui dun des plus prolifiques violeurs
en série jamais attrapés, il est devenu pour certains japonais
le symbole du malaise de léconomie daprès bulle
et de ses séquelles morales.
Sil est une carrière
qui capture lessence du japon daprès la bulle,
cest celle de " spéculateur immobilier raté ".
Pendant les années 80 et le début des années 90, la spéculation
immobilière a été le centre mousseux de léconomie
" café sérré " du japon, avec les promoteurs
et les courtiers devenant la version de cette époque des
milliardaires actuels du point.com. Les spéculateurs comme
Joji Obara étaient les héros du japon de lère go-go (7), conduisant leurs Bentleys et
leur Rolls-Royces, vivant dans leurs villas et sortant avec
leurs exotiques petites amies blondes. Cétait la période,
souvenons nous, où le japon allait conquérir
le monde (8) Des hommes comme Joji Obara se
présentaient comme les guerriers Fibe Mini à lavant
garde de linvasion japonaise. Nakao Tomono, un journaliste
qui a écris de façon approfondie sur le cas de Lucie pour
le magazine Shunkan Buson, offre un aperçu surprenant sur
la façon dont les hommes de la tranche dâge dObara
perçoivent son infamie de violeur en série : " ils
le respectent comme un homme à laise qui va dans des
bars onéreux et qui lève des occidentales ". Susumu
Oda, professeur de psychiatrie à luniversité de Gakuin,
qui a travaillé sur dautres affaires criminelles très
en vue, dit quObara est un " bizarre symbole "
des hommes de sa génération, " parce quil
était obsédé par les femmes de type caucasien".
Le déclin dObara
son cabinet sest effondré, ses banques ont
réclamé leurs créances est aussi une parabole du voyage
économique du japon. Et comme la plupart de ses compatriotes,
ses revers nont pas affectés son mode de vie. Ses
habitudes prodigues ont continué ; il a gardé sa Ferrari,
sa Rolls Royce Silver Cloud, ses appartements de Muria,
en bord de mer. Conduisant sa Ferrari dans Roppongi, cétait
un personnage curieux avec sa moustache tombante et ses
yeux occidentalisés, modifiés par chirurgie. Haut dun
mètre soixante dix, il portait des semelles compensées et
prenait régulièrement des doses dhormone humaine de
croissance dans la croyance erronée que cela le rendrait
plus grand.
Cest à la villa
" Denen Chofu " dObara que
la minable décadence de son mode de vie daprès bulle
est lobjet dun examen rigoureux. Le bâtiment
dun design sixties sélève derrière la grille
dun chemin daccès, avec des caméras de surveillance
qui émergent des buissons. A lApex de la bulle, il
valait 25 millions de dollars. Ona fait valoir des droits
de rétention sur ses propriétés lorsque son cabinet a fait
faillite au début des années 90. Obara a continué de fréquenter
la maison jusquà son arrestation, la laissant se détériorer,
comme un portrait de Dorian Grey de la psyché nationale
du Japon, jusquà un état de délabrement avancé, avec
des écailles de rouille pelant des fers forgés de lextérieur
et des briques croulant des murs. Une Maserati, une Bentley
et une Aston Martin du début des années soixante sont garées
sur la pelouse. Les voitures ont des pneus crevés. Il y
a des ordures partout. Montant la garde a coté dune
porte se trouve une statut de berger allemand grandeur nature,
avec des crocs de céramiques découvert et une langue rose
en céramique qui luit à la lumière du soleil.
Lorsque les policiers
fouillèrent la maison, ils trouvèrent aussi un vrai berger
allemand congelé en un bloc solide, dans un grand congélateur,
à coté dun bouquet de rose et de nourriture pour chien.
Obara déclarera plus tard quil lavait préservé
dans lespoir quun jour, la science pourrait
" réanimer mon animal de compagnie affectueux
en un chien cloné. ". Aussi étrange que cela paraisse,
le chien est consistant dune manie quavait Obara
de conserver ses détritus personnels.. Il y avait des piles
de vieilles batteries de voiture, de postes de télévisions
usagés, de tickets de caisse, de journaux et bandes enregistrées
personnelles remontant aux années 70. La plus grosse prise
comprenait plus de 200 vidéocassettes montrant des douzaines
de femmes apparemment inconscientes agressée par Obara qui,
sur beaucoup de bandes, selon une source policière, ni porte
rien sinon un loup à la Zorro. (il y a des similarités entre
les crimes imputés à Obara, les vidéos et le thème communément
montré dans la pornographie japonaise dhommes ayant
des rapports sexuels avec des femmes endormies. Appelé le
Yobai, il y a
même des sex shops à Tokyo quon appelle des "clubs
à images " où des hommes paient pour tripoter
et avoir des rapports sexuels avec des prostituées feignant
de dormir. Ces formes contemporaines de Yobai sont une bâtardisation
de mythes folkloriques à propos de jeunes hommes qui prennent
des mariées endormies. Le Yobai a même été le thème dun
roman du lécrivain Nobel Yasunari Kawabata).
Joji Obara est né en
1952 dans une pauvre famille coréenne de lOsaka daprès
guerre. Son père était un ferrailleur, puis un chauffeur
de taxi qui travailla jusquà posséder une petite flotte
de voiture et une chaîne de
salles de Pachinko (9) qui lui permirent damasser
une fortune. Peut être en songeant aux discriminations subies
par les Coréens, Lorsquon demanda au jeune Obara
connu alors par son nom coréen de Kim décrire
un mot dadieu dans le journal de lannée de son
lycée, il inscrivit : la façon dont on est élevé
est plus importante que le nom de famille. "
A 15 ans, il fut accepté
dans une des lycées les plus élitistes, une école de prépa
affiliée à la prestigieuse université de Keio. Pour faciliter
lentrée dObara à lécole, son père fit
lacquisition de la villa " Den Chofu "
et envoya le garçon y vivre avec une servante. LorsquObara
eut 17 ans, son père mourut , laissant à son fils des avoirs
à Tokyo et à Osaka.
En 1981, Obara obtint
sa licence de luniversité de Keio (Alma Mater de Junichiro
Koizumi, le premier ministre récemment élu) avec des diplômes
en politique et en droit, devint un citoyen japonais par
naturalisation et changeât légalement son nom en Obara.
Une fois quil eut expurgé son lignage coréen, Obara,
avec sa fortune et son bagage universitaire, aurait pu entrer
dans lélite dirigeante de la nation, devenant, peut
être, un grand commis ou dirigeant dun grand
groupe. Au lieu de cela, il devint un homme de son temps,
menant une existente décousue et médiocre, ponctuée par
son incursion désastreuse dans la spéculation immobilière.
Il créa une compagnie dinvestissement, Plant, en 1988,
relativement tard au court du cycle de la Bulle. Lorsque
léconomie seffondra, emportant quasiment tous
les biens dObara avec elle, sa mère, qui avait toujours
le contrôle de la lucrative affaire de Pachinko, aida à
solder les comptes de son fils, remboursant, en une occasion,
un créancier de prés de 33 millions de dollars en liquide.
Après ces échecs en affaires, Lentreprise dObara
devint de notoriété populaire une façade pour les Sumiyoshi
Yakuzas - Estampillé par la police deuxième plus grand syndicat
du crime qui lui maintinrent la tête hors de leau
en lemployant comme homme de paille pour leurs opérations
de blanchiment dargent.
Obara fuit les appareils
photo toute sa vie. On a déterré peu de photos de lui, en
dehors dun cliché granuleux des années 70. Les anciens
employés de son entreprise immobilière disent quil
leur interdisait de le prendre en photo. Pendant la journée,
il portait invariablement des lunettes de soleil. La liste
dappel de son téléphone portable obtenue par la police
indique quil était devenu une créature nocturne, plaçant
la plupart de ses appels entre le coucher et le lever du
soleil tandis quil allait et venait infatigablement
entre ses appartements de la côte et ses résidences du centre
de Tokyo.
Avant son arrestation
liée à la disparition de Lucie, Obara avait eu une occasion
de friction notable avec la loi. En 1998, il avait été arrêté
dans les toilettes pour femmes dune ville balnéaire
appelée Shirahama, dans la préfecture de Wakayama. Obara
était travesti et tentait de filmer en vidéo une femme utilisant
les toilettes. Il avait été condamné pour délit à une amende
de 75 dollars.
Après larrestation
dObara liée à la disparition de Lucie, une image plus
pointue de sa vie personnelle emergeat. En contraste avec
sa personnalité publique fermée, les obsessions privées
dObara sont cernées en détails atroces.. Il écrivait
un journal et dicta des journaux audios sur cassettes à
partir du début des années 70. Des reporters japonais comme
Mamoru Kadowaki, de lHebdomadaire Schincho ont obtenu
certaines des entrées les plus compromettantes dObara
grâce à des fuites policières. Selon Kadowaki , une des
entrées les plus troublantes dObara, présentée sous
une forme vaguement poétique, inclue les lignes " Les
femmes ne sont bonnes que pour le sexe. Je leur mentirais.
Je me vengerais. Vengeance contre le monde ".
En 1983, ses journaux
font leurs premières références au " Jeu de conquête ",
un euphémisme, déclare le ministère public, quObara
utilisait pour décrire ses agressions contre des femmes.
Les journaux compris entre 1983 et 1995, comportent le nom
de plus de 200 femmes, aux cotés desquels Obara écrivait
des mots de code, 29 desquels, croient les inspecteurs,
font référence à des drogues. La police a retrouvé plus
douzaines de variétés différentes de drogues dans les maisons
dObara des pilules de somnifères au Chloroforme,
jusquà lhormone de croissance humaine. Dans
ses journaux, il mentionne les drogues fréquemment, déclarant
à un moment " je suis si las de lherbe,
du hash et du LSD ". Mais sil y a des doutes
quant à son principal intérêt, ils peuvent être écartés
par une entrée dans laquelle il constate : " Je
ne peux pas me faire de femme qui sont conscientes ".
Lorsque la police a
arrété Obara début octobre, il a commencé par nier savoir
qui était lucie Blackman. Les policiers ont trouvé des cheveux
blonds correspondant à ceux de Lucie dans un des appartement
côtiers dObara, puis un rouleau de pellicule contenant
des photo delle prise prés du même logement. Mais
sans corps, ils ne pouvaient linculper. La police
a passé au peigne fin les vidéos et les journaux intimes
pour trouver dautres victimes. Les trois hôtesses
étrangères ont accepté de coopérer avec le ministère public,
et Obara a été inculpé pour plusieurs viols.
Dans dune lettre
décousue adressée aux média, Obara a répliqué " ces
dames qui sont soit disant victimes sont toutes des hôtesses
étrangères ou des filles de sex-clubs. Plusieurs prenaient
de la cocaïne et dautres drogues devant moi, et toutes
ont accepté de coucher pour de largent. "
Les femmes racontent une histoire différente. Il les rencontrait
dans des bars à Hôtesses, les invitaient en Dohan, les attirait
dans son appartement en utilisant toute une panoplie de
méthodes. Il invita une femme chez lui, proposant de lui
faire à dîner. Il demanda à une autre de laccompagner
à une soirée plus tard dans la soirée. Entre temps, elle
pourrait regarder un concert de Mariah Carey à la télé dans
son appartement. Il conduisit simplement une autre à son
logement et lui demanda de laider de monter des boites
se trouvant dans sa voiture.
Une fois quil
les avait fait entrer, il gardait une conversation légère.
Inévitablement, il les pressait essayer un vin rare dont
il leur disait quil venait dInde ou des Philippines.
Pour expliquer le drôle du goût du breuvage emplit de drogue,
Obara disait à ses victimes quil contenait des herbes
spéciales. Il y a une victime qui fut amadouée par le biais
dun toast de " porte bonheur " qui
nécessitait quelle avale tout le verre en une seule
gorgée. Si elle ne buvait pas tout dun coup, lavait
il prévenue, elle naurait pas de chance !
Les bandes vidéos disent
alors le reste de lhistoire. Selon des documents de
la court remplis par la partie civile, les bandes montrent
Obara trimbalant des femmes inconscientes sur son lit. Il
a du se battre pour certaines. Lucie était plus grande que
lui de cinq centimètres. Des fuites de sources policières
ont données des détails comme quoi il avait ligoté certaines
femmes, les pénétrant avec des objets étrangers et sodomisant
beaucoup dentre elles. Il agressait la plupart de
ses victimes pendant 12 heures ou plus. Pour sassurer
quelles demeuraient inconscientes, il leur plaçait
un linge imbibé de drogue, connue dans un cas comme étant
du chloroforme, sur leur bouche. Il enregistrait ses agressions
sur bandes vidéos en utilisant des lumières et un équipement
vidéo professionnel. Une de ses victimes souffrit de brûlures
lorsquil laissa une lampe chaude trop prés de son
corps.
Les femmes dObara
se réveilleraient 24, voir 48 heures plus tard , malades
et désorientées par les drogues. Le chloroforme est toxique
pour le foie et peut être fatal. Chacune des femmes se souvient
sêtre réveillée en vomissant, incapable de tenir debout,
rampant aux toilettes sur les mains et les genoux . Peu
avaient la moindre idée de ce qui sétait passée. Obara
les rhabillait quelque fois dans leur vêtements avant quelles
ne reprennent conscience. Puis, il avait toujours une histoire.
Il dit à lune des femme : " vous une
fille tellement drôle. Vous avez bu une bouteille entière
de Vodka ". il déclara à une autre quil
y avait eut une fuite de gaz. A la femme à la peau brûlée,
qui avait été inconsciente par intermittence pendant plus
de 36 heures il fut dit quelle était devenue ivre
et quelle était tombée.
En plus des témoins
contre Obara, la police a découvert des factures dhôpital
le liant à une ancienne hôtesse de Roppongi, une Australienne
nommée Carita Ridgeway. En 1992, il ammena une Ridgeway
gravement malade à lhopital Hideshima, déclarant aux
infirmières quelle avait mangé de mauvais fruits de
mer. Ridgeway fut diagnostiquée par erreur comme souffrant
de défaillance du foie résultant de labsorption de
fruits de mer contaminés par le virus qui cause lhépatite.
Après quelle soit morte quelques jours plus tard,
Obara réconforta même les parents lorsquils emmenèrent
son corps. Suite à un coup de chance administratif, le foie
de Ridgeway avait été conservé à lhôpital des femmes
de Tokyo, où lautopsie avait été faite à lorigine.
En automne dernier, après quObara ait fait lobjet
dune enquête pour la disparition de Lucie et ses autres
agressions, les examinateurs médicaux testèrent le foie
de Ridgeway pour déceler du chloroforme, qui se trouva être
présent à des niveaux toxique. Obara fut inculpé en relation
avec sa mort.
Larrestation
dObara, si elle na eut quun effet, a été
encore plus angoissante pour les Blackman. En plus de ce
quils avaient appris sur ses agressions sur dautres
femmes, la police a laisser filtrer des détails sur ses
activités pendant les premiers jours de la disparition de
Lucie. Tard dans la nuit du 2 juillet, Obara appela les
hôpitaux du secteur pour savoir comment soigner une victime
doverdose.
Le 3 juillet, Obara
acheta une tronçonneuse, un mixeur à ciment et dautres
outils dans un magasin doutillage. cet après midi
là, le manager de limmeuble en bord de mer dObara
appela la police pour signaler quun occupant se comportait
de façon suspect. Même dans le langage laconique des rapports
de police filtrés aux médias, la scène de cet après midi
dans lappartement dObara semble sortie dun
moule Hitchcokien. Obara avait du ciment sur les mains lorsquil
accueillit les policiers à sa porte. Soupçonneux, ils demandèrent
à jeter un il dans lappartement. Obara accepta,
mais devint agité lorsque la police demanda à regarder dans
sa salle de bain. Lorsquil refusa de les laisser entrer,
la police partit sans pousser les choses plus loin.
Postérieurement, les
voisins rapportèrent avoir vu Obara ce soir là parcourant
de long en large la petite plage de quinze mètre de long
adjacente à son immeuble. Le jour suivant, les rapports
montrent quObara fut traité dans un hôpital pour de
nombreuses piqûres dinsectes, conséquence davoir
été dehors toute la nuit. En dépit de toutes ces informations,
la police métropolitaine de Tokyo manqua de fouiller complètement
le secteur autour de lappartement dObara jusque
début février.
Beaucoup au Japon,
même des reporters endurcis, ont cru au mythe qui veut que
la police ait connu lemplacement des restes de Lucie
pendant des mois. Des hebdomadaires respectés ont indiqués
que les restes navaient pas été touchés pour, dune
certaine façon, piéger Obara. En réalité, la police a raté
linculpation de meurtre en échouant à découvrir le
corps beaucoup plus tôt. Le cadavre de Lucie était dans
un état de décomposition si avancé que lautopsie a
été incapable de révéler la cause de sa mort. Les autorités
ont laissé entendre quelles possèdent une vidéo dObara
agressant Lucie, mais sans preuve de présence de Chloroforme
dans son foie, ils ne peuvent directement lier Obara à son
meurtre.
Des allégations encore
plus sérieuses sur lineptie de la police ont été soulevées
par Kazuo Iizuka, le propriétaire de Club Cadeau, un autre
bar à Hôtesse. Iizuka déclare quun samedi soir, début
octobre 1997, une de ses employées, une jeune hôtesse britannique,
revint sérieusement malade après être sortie pour un Dohan
avec un homme, dont on pense maintenant quil sagissait
dObara. Elle avait été droguée et, soupçonnait-elle,
victime dune agression sexuelle. Iizuka dit quelle
était si pâle et faible, quil affréta une ambulance
pour lemmener de son club à un docteur. Des tests
révélèrent que les fonctions de son foie avaient été sérieusement
atteintes. Iizuka dit quil lemmena au poste
de police plus dune fois et tenta de laider
à porter plainte pour viol contre lagresseur inconnu
qui, croit-il, aurait pu être identifié. " Mais
la police ma demandé " Quest ce que
vous faîtes là ? " " dit Iizuka.
" Je suis le propriétaire dun club, et elle
était hôtesse, il ont pris ça de haut. Ils ont refusé douvrir
laffaire ".
Après quObara
ait été arrêté, Iizuka dit quil découvrit que trois
autres femmes ayant travaillé dans son club avaient été
droguées et agressées. Une source de la Police Métropolitaine
de Tokyo reconnaît quIizuka a contacté le département
de police dAzabu en 1997 mais il dit quil ny
avait pas assez de détails concrets pour juger sil
y avait un problème de crime ".
Un peu avait Midi,
le premier mars, Tim Blackman, son amie et ses deux enfants
encore en vie ont ouvert une bouteille de Veuve Clicquot
sur la plage où Lucie a été retrouvée. Sous le regard de
représentants de Scotland Yard et de la Police métropolitaine
de Tokyo, ainsi que de douzaines de Paparazzis bourdonnant
sur leau dans des hors-bords, les blackman ont planté
un arbre à feuilles persistante en mémoire de Lucie. Tim
dit de la fin de sa fille, " Jespère que
Lucie a eut un verre de champagne, sest sentie un
peu éméchée et sest évanouie ". ils ont
priés. Ils ont pleuré. Et puis, pour une raison quelconque,
ils se sont mis à rire. Tim dit que ce pourrait être difficile
à comprendre mais " avec Lucie, le rire était
toujours présent "
Il se pourrait, parce
que les meurtres est si rare au Japon, que le public ait
le luxe daccorder à ses plus terribles meurtriers
un statut de quasi-célébrités. Il y a une décennie, lorsquIssei
Sagawa fut rapatrié au Japon depuis un hôpital
psychiatrique européen, après avoir assassiné et cannibalisé
sa petite amie (10), il devint un pontife des shows
télévisés, et on lui donna sa propre colonne dans les journaux.
Larrestation dObara a déclenché un déluge dappels
téléphoniques à lambassade de Grande Bretagne de la
part de japonais qui voulaient exprimer leur honte. Mais
dans le même temps ; les Hôtesses de Ropponji signalent
un afflux dhommes se présentant comme " Joji
Obara ". Amélia, une des jeunes femmes travaillant
à lancien club de Lucie, déclare quun client
lui a dit récemment : " Je sais quune
fille comme toi ne coucherais jamais avec moi. La seule
façon pour moi de tavoir serait de te droguer ".
Casablanca, le club
de Lucie, nest plus listé sur lannuaire des
étroits bâtiments de six étages juste en retrait de lattraction
principale de Ropponji. Dans un effort pour effacer lhistoire
du club, le management a changé son nom en " Greengrass ".
Tout le reste est pareil. Les clients sont toujours accueillis
par un maître dhôtel en Smoking mal ajusté lorsquils
entrent dans le bar. La salle est toujours sombre. Les canapés
modulables de cuirs noirs sont toujours si spongieux que
clients et hôtesses y tombent presque lun sur lautre
quand ils sassoient. il y a toujours une douzaine
de petites tables, chacune juste assez grande pour un decanteur
de Whisky Suntory, un siphon à eau et un saut de glace,
qui sont tous inclus dans le tarif dentré de base
de 150 dollars.
A 23 heures un récent
vendredi, un monsieur du troisième âge aux yeux vitreux
régale le club, en un ramage de chien malade, dune
interprétation dImagine de John Lennon. A coté de
lui, une jeune femme blonde en robe blanche froissée quelle
aurait put porter à son bal détudiante sourit joyeusement
les mains suspendues, prête à applaudir quand son compagnon
âgé finira sa chanson. A une autre table, un homme habillée
avec un sweater blanc au col en V et un pantalon de golf
couleur crème est flanqué de deux femmes nordiques. Dun
anglais saccadé, il les régale dhistoire sur le coût
de lhôtel pendant un voyage récent. " Très
onéreux " repète-il, tandis quelles hochent
la tête par devoir. De lautre coté de la pièce, ,
un homme large dépaule de la trentaine affichant
le dernier style gangsters avec sa coupe à la tondeuse et
un bruyant saffale sur un canapé et dort. Une jeune
femme blonde est assise à coté de lui, fixant le vide.
Dix jeunes femmes attendant
dêtre sélectionnées sont perchées sur des canapés.
Presque toutes sont blondes, leur age moyen est peut être
de 22 ans. Elles sassoient droites, poussées les unes
contres les autres comme une collection de poupées. Attentives
à ne pas abimer leur maquillage et leur coiffure, elles
bougent avec une raideur exagérée mais leurs yeux voltigent
avec convoitise lorsque de nouveau clients entrent dans
le club. Bientôt, chacune de jeunes femmes est assise à
coté dun parfait inconnu. Elles tendent leurs cartes
de visite. Elle savent pour Lucie, mais cest de lhistoire
ancienne. La semaine dernière, deux filles ont été virées
de Greengrass parce quelles navaient pas fait
leur quota de Dohan.
- An
anglais, de type caucasien ne veut pas dire
originaire du Caucase, mais est un terme générique pour
désigner les blancs - Retour
- Au
japon, le tatami est lunité de mesure
de la surface des habitations. - Retour
- Officiellement, depuis la seconde guerre
mondiale, le Japon ne possède pas darmée. Ce sont
les forces dautodéfenses qui en tiennent lieu - Retour
- Woolworth est léquivalent de
Prisunic en France - Retour
- Sauf en France ?
- Retour
- Ayant
vécu aux états unis pendant une partie
du Procés O.J Simpson, je me souviens parfaitement de
cette affaire qui sest déroulée à Los Angeles. OJ
Simpson, un athlète noir américain, star du football américain,
avait sauvagement assassiné sa femme, une blanche très
typée, ainsi quun livreur de pizza (un blanc) ;
Je précise que les deux victimes navaient aucune
relation entre elles. Les preuves contre O.J Simpson étaient
accablantes. Ses avocats, des noirs américains, tirant
parti de lémotion suscitée par les émeutes raciales
du procès Rodney King, avaient systématiquement eut recours
au chantage racial comme stratégie de défense, jouant
sans scrupule la carte de la couleur de peau. Le meurtrier
était ressortit libre du procès grâce à sa couleur de
peau. - Retour
- Les
Go-go, un Célèbre groupe Pop américain
des années 80. - Retour
- Je
me souviens quà lépoque,
lorsque jétais au lycée, la prof de Géographie nous
avait passé un documentaire qui imaginait la défaite économique
de la France face au Japon : cette France était censée
avoir du signer un armistice et abandonner toute activité
industrielle. Vu du nord de la France, où la filature,
le textile, les charbonnages et les aciéries avaient fermé
boutique les uns après les autres, cétait tout à
fait crédible. - Retour
- Le
pachinko est une espèce de flipper
vertical dont raffolent les japonais - Retour
- Tout
le monde se souvient du " japonais
cannibale " qui avait été jusquà raconter
comment il faisait cuir à la poêle les seins de la femme
quil avait tué. Il a echappé à l prison
en se faisant passer pour fu et il est devenu une star
au Japon !!! - Retour
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