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Au
début du mois de Juin 2001, afin de contrer Jacques Chirac
qui, quelques semaines auparavant, avait voyagé dans les
Dom-toms et quon avait pu voir à la télévision entourés
de Noirs souriants, Lionel Jospin est allé faire un voyage
express en Afrique du Sud. A la recherche de cautions morales,
Il en a profité pour y être pris en photo en compagnie de
Thabo Mbéki, lactuel président de ce pays, et pour
serrer la main de Nelson Mandela . Le premier ministre socialiste
ne laura sans doute jamais su, et la presse française
sest montrée fort discrète à ce sujet, mais tandis
quil dispensait, la bouche en cur, de grandes
leçons sur le racisme, huit fermiers blancs étaient massacrés
à l AK 47 dans leurs fermes (quatre couples de fermiers
qui laissent 6 orphelins derrière eux, Bennie, Klein jan,
Danie
).
Ces huit meurtres , qui
se sont produits entre le 31 mai et le 2 Juin 2001, sont
emblématiques à plus dun titre de la situation de
plus en plus dramatique des fermiers de descendance Boer.
Elles sinscrivent dans le cadre beaucoup plus large
de ce qui prend de plus en plus laspect dune
véritable campagne de terreur raciste, menée avec la complicité
dun gouvernement qui, ces derniers temps, émet les
signaux inquiétants dune dérive autoritaire et raciste,
aux antipodes de la promotion des valeurs de démocratie
et de tolérance dont on espérait, dans les pays occidentaux,
que la majorité noire dAfrique du Sud, une fois parvenue
au pouvoir, serait le porte drapeau.
Tout dabord, concernant la violence
dont sont victimes les fermiers blancs, il y a des chiffres
extrêmement parlants, qui dressent un tableau très sombre
de la situation de la communauté de descendance Afrikaner
au " pays de larc en ciel " .
Passons les en revue : Depuis 1991
- 5 544 fermes ont été
attaquées.
- Soit 800 fermes en moyenne
chaque année.
- Soit, Chaque jour , 2
à 3 fermes.
- 1 044 personnes ont été
assassinées, dont 74 % sont des blancs
- Tous les 3 jours, un
fermier est assassiné
- Un fermier blanc a 4
fois plus de chance d'être assassiné qu'un autre sud-africain
Devant ces chiffres, force
est de constater quil sagit dun mouvement
de grande envergure, et qui nest dailleurs pas
limité à une seule région dAfrique du Sud : les
quatre couples assassinés habitaient dans des régions différentes
du pays, le Mpumalanga, le Gauteng, et les provinces Est
et Ouest du Cap.
Les agressions dont sont
victimes les fermiers blancs apparaissent comme méthodiques,
délibérées et font lobjet de véritable mises en scène
visiblement destinées à semer la terreur au sein de la communauté
fermière. Les huit personnes assassinées pendant la visite
de Lionel Jospin ont toutes été abattues par de jeunes noirs
possédant des AK 47 et dautres armes de type militaire.
Fait troublant : Rien na été volé pendant ces
attaques, qui seraient des agressions "gratuites"
ou racistes ? De plus, selon un policier, " ces attaques
ont été menées avec une précision militaire
Cétaient
des embuscades du plus pur style militaire, mais qui ont
été menées contre des fermiers désarmés au lieu de cibles
militaires
". Dans le cas dune de ces attaques,
celle menée contre les Schoolwinkel, leur fils de dix ans
a été kidnappé, sauvagement brutalisé avant dêtre
ligoté nu avec du fil barbelé à une barrière à laquelle
il est resté accroché plusieurs heures.
Ce mode opératoire des agresseurs
est conforme au schéma type des agressions dont sont victimes
les fermiers sud africains. En Mars 2001, " Action
Stop Farm Attack ", une organisation regroupant
trois syndicats de fermiers (Agri SA, Transvaal agricultural
Union et Agricultural Employers association) organisait
une conférence de presse. Elle avait assemblé les preuves
de faits qui sont connus depuis au moins 1998 : Des
tueurs sont payés et entraînés pour tuer les fermiers. Selon
Werner Weber, son porte parole, six hommes soupçonnés dagressions
contre des fermiers auraient été trouvés en possession dune
bande vidéo passant en revue la marche à suivre pour tuer
les fermiers. De plus, des documents internes de la police
sud Africaine, font spécifiquement référence à un groupe
dindividus ciblant les fermiers blancs. Datés du 4
avril 2000, ce document aurait été émis par la northern
free state police et était adressé à une unité de prévention
du crime soccupant des fermes. Ce document stipule,
en autre :
" Les
informations obtenus dun employé signalent que des
inconnus noirs lui ont dit quils appartiennent à un
groupe nommé Black Jack
de Johannesburg et quils
ont lintention de tuer tous les employeurs blancs. "
" En
échange, les employés qui commentent ces meurtres reçoivent
2 000 rands lorsque les instructions ont été suivies. On
met a disposition des armes pour commettre ces meurtres ".
Pour Werner Weber, le porte
Parole d " Action Stop Farm Attack ",
La simple criminalité ne peut expliquer les attaques menées
contre les fermiers " Pourquoi
les agresseurs attendentils pendant des heures le
retour des fermiers, puis torturent lhomme et violent
la femme, pour se contenter seulement de tuer le fermier ? ". De son coté, Neels Moolman, un criminologue
engagé par les fermiers pour étudier le problème, conclut
que les attaquant ne veulent pas seulement tuer " Ils veulent
infliger douleur, humiliation et souffrance ". Il faut dire que la mise en scène des meurtre
est particulièrement effrayante. En général, les hommes
blancs sont torturés pendant des heures, avec une lente
strangulation au moyen de fil de fer barbelé, parfois ils
font lobjet de mutilations génitales alors quils
sont encore en vie. Les femmes, mais aussi de jeunes enfants,
sont souvent violées par plusieurs hommes,
une véritable condamnation à la mort lente dans un pays
où, selon les nations unis, 55 % de la population est porteuse
du HIV (En Afrique du sud, une femme violée sur quatre est
blanche, alors que les blancs ne forment que 10 % de la
population, il faut aussi savoir qu'un homme sur quatre
reconnait avoir commis un viol avant d'avoir atteint l'age
de 18 ans.)
Brll Meyer, un fermier,
se souvient être rentré de Pretoria et avoir trouvé sa famille
ligotée par des assaillants. " Ils mont entraîné vers
la salle de Bain. Jen ai pris un à la gorge, puis
nous avons traversé la porte vitrée de la douche. Cest
alors quil ma tiré dessus. " La balle, tirée dans le dos, lui ressort par
la poitrine, manquant le cur de deux centimètres.
Il est alors emmené devant sa famille, dont ses petits enfants,
pour être éxecuté devant eux : "Ils mont
dit, maintenant, on va te tuer. Ils ont tenu le revolver
sur ma tête et ont fait feu. Mais par chance, il sest
enrayé".
Bernard Scheepers, un fermier
de 36 ans dont les parents ont été tués en 1997 et qui a
trouvé leurs corps, décrit la scène : " Il y avait
du sang dans chaque pièce ". La police a dit que sa mère a enduré
au moins une heure de terreur. Il ny avait pas une
partie de son corps qui ne fut tuméfié. On lui a tiré trois
fois dessus - une fois à travers lil gauche
mais elle est morte dun coup qui lui a pénétré
le crâne. Son père à été tué dune balle dans le cur.
Les agresseurs nont pris ni argent liquide
ni bijoux. " Cétait
comme sils disaient : Nous ne voulons pas de
votre argent, nous voulons seulement vous tuer "
Dans trois autres cas, Une
femme âgée a été torturée au fer rouge, un homme a été étouffé
avec de lengrais, le corps dun autre à été mutilé
et " décoré " avec des abat-jours.
En avril 2000, trois hommes
armés ont pénétré dans la ferme dOtto Smith, à Hluhluwe,
dans la province du Kwazulu Natal, en exigeant de largent
et des armes. Comme il navait ni lun, ni lautre,
ils lui ont fait dégouliner des sacs en plastique brûlé
sur les jambes, lont mis dans une baignoire et ont
fait couler de leau chaude tandis quils fouillaient
sa maison.
Face à cette violence, la
réaction du gouvernement Sud Africain a été pour le moins
timorée. Cette attitude sexplique par le fait que
lANC est largement favorable à la redistribution des
terres en Afrique du Sud, raison pour laquelle Thabo Mbéki
na jamais ouvertement condamné la saisie des terres
des fermiers blancs au Zimbabwe voisin. Le mode de redistribution
des terres pratiqué par le gouvernement Sud-Africain est
lautre explication de la passivité des dirigeants
du pays. Outre des restitutions de terres spoliées pendant
le régime de lapartheid, les noirs peuvent se porter
acquéreurs de terres. Dans ces cas là, le gouvernement,
à laide de fond internationaux (dont ceux de lU.E)
fournit une aide financière ou des prêts pour racheter des
terres, sur une base du "vendeur consentant",
en tenant compte des prix du marché. Lorsquon sait
que, de laveu même de Thabo Mbéki, cela na aboutit
en un an quà la redistribution dun pour cent
des terres privées, on comprend tout lintérêt quil
peut y avoir à ce que beaucoup de vendeurs "consentent
librement" à céder leurs terres. De plus,
avec la saisie des terres des fermiers blancs au Zimbabwe,
la population noire dAfrique du Sud simpatiente
de plus en plus, tandis que les terres mises en valeurs
par les blancs sont lobjet de toutes les convoitises
Mahlubi Mbandazayo, un membre
du congrès pan-africain, une organisation dextrême
gauche, qui soupçonne, lui aussi, que les meurtres de fermiers
sont organisés, nest pas loin de se ranger à cette
opinion. Sans savoir qui en est responsable, il pense que
la lenteur de la réforme agraire a rendu les meurtres " déplorables
mais inévitables ". il déclare néanmoins que le comportement
des fermiers vis à vis de leurs employés pourraient être
la cause de la violence dont les blancs sont victimes, une
tentative de blanchissage démentie par les faits : dans 90
% des incidents, les fermiers et leurs agresseurs nont
jamais eut de contact
Aux pétitions et aux demandes
daudiences adressées par les représentant de la communauté
fermière, le gouvernement sud-africain répond en faisant
la sourde oreille ; ainsi, les membres de " Action
Stop Farm Attacks ", dont la pétition a été signée
par 384 000 personnes, nont jamais pu obtenir daudience
avec le président ou un de ses ministres. Au sein du gouvernement,
concernant les attaques contre les fermes, les attitudes
varient. Pour Moses Mushi, le porte parole du ministère
de lagriculture, ce ne sont pas seulement les fermiers
mais aussi les employés noirs qui sont attaqués et pour
lui " la violence
est une activité purement criminelle et devrait être perçue
ainsi ".
Ce sont néanmoins les commentaires
de Thabo Mbéki qui sont les moins rassurants. Sur la question
des fermes et de la redistribution des terres, le président
sud-africain a recours au chantage racial et au déplacement des culpabilité. Dans une lettre adressée au mois de Mars 2001
à lANC, il commentait ainsi les inquiétudes des fermiers
blancs sud-africains de voir une situation similaire au
Zimbabwe se développer dans leur pays: "le Zimbabwe et lAfrique du Sud
ont des gouvernements noirs. Cest ce qui provoque
la peur parmi les sud-africains blancs dune "contagion"
ou du "facteur Zimbabwe
La réponse à ces événements
du Zimbabwe a confirmé ce que beaucoup dentre nous
soupçonnaient : que les stéréotypes négatifs au sujet
des noirs dans lesprit de beaucoup de blancs est bien
implanté dans ces esprits ". Il faut dire quà lépoque, les blancs
navaient "aucune" raison de sinquiéter :
en lan 2000, sept fermiers blancs avaient été tués
au Zimbabwe et seulement 119
en Afrique du Sud...
Thabo Mbéki est dailleurs coutumier de déclarations à l'emporte-pièce qui, loin dapaiser les esprits,
exacerbent les tensions raciales à légard des blancs.
Lors des élections municipales de Décembre 2000, lANC
a franchement dévoilé ses priorités par la voix de Nelson
Mandela, qui déclarait " Vous ne pouvez
pas vous tromper en votant pour un parti qui ne sintéresse
quaux Noirs. Ce nest pas un parti blanc qui
pourra gouverner ce pays ". Sipho Seepe, un intellectuel noir sud-africain
qui a critiqué Thabo Mbéki plusieurs fois résume ainsi le
climat racial actuel en Afrique du sud : " Quand un
gouvernement na pas de bons résultats, il lui faut
des excuses. Les Blancs sont des boucs émissaires, bien
quon ne puisse plus tout mettre sur le dos
de lapartheid". Dans un tel contexte, il nest
pas surprenant que, selon un sondage dopinion publié
en Août 2000, seuls trois blancs sur dix pensaient que les
relations inter-raciales saméliorent en Afrique du
Sud.
Aujourdhui, la situation
des fermiers sud-africains blancs ne cesse de se dégrader,
et lapathie des nouveaux dirigeants de lAfrique
du Sud a commencé à avoir un sérieux impact sur léconomie
de ce pays en matière dagriculture. Jusque récemment,
les 60 000 fermiers blancs ont réussis à nourrir les 46
millions dhabitants de lAfrique du Sud, faisant
de leur pays un des rares qui, en Afrique, était capable
de nourrir sa population. Suite au climat de terreur qui
règne dans les campagnes, lactivité agricole du pays
a commencé à chuter de façon inquiètante : cette année,
pour la première fois de son histoire, lAfrique du
Sud devra importer de la nourriture
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