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Le
Lundi 5 février 2001, le Quotidien Libération consacrait
en pleine page, un article enthousiaste à Leicester, une
petite ville du centre de lAngleterre, sous le titre
"Leicester, lélue
des minorités ascendantes". Le motif dune telle attention
est ainsi expliqué par Christophe Boltanski : "En décembre, un
responsable municipal a affirmé que Leicester pourrait bien
devenir dici à dix ans la première ville britannique
avec "une majorité non blanche" ".
Un véritable sujet
démerveillement pour le Journaliste, qui va sattacher,
tout au long de larticle, à décrire ce paradis de
tolérance quest le Leicester des immigrés qui sy
sont installé massivement, pour le mettre en opposition
au Leicester sombre et raciste des anglais. Pourtant, un
an plus tard, Leicester reviendra sur le devant de la scène
médiatique et le mythe du Leicester forcement tolérant des
immigrés seffondrera.
Leicester immigré, "paradis de la diversité
ethnique"
Tout dabord, bien
sur, Christophe Boltanski tient à préciser que "Leicester se veut
un modèle dintégration. Les travaillistes, qui tiennent
la mairie depuis 1979, ont largement ouvert leurs rangs
aux immigrants. La moitié de leurs élus sont originaires
du sous continent indien ou des Antilles. Pour mieux prouver
leur engagement antiraciste, ils viennent dinvalider
solennellement une charte édictée en 1265 et caduque depuis
des siècles qui interdisait aux juifs de sinstaller
dans les murs." Cette précision faite, le journaliste
décrit alors le symbole de cette intégration " fructueuse unique en Europe" :
"Belgrave
Road, qui sétire au nord de Leicester, brille de Mille
Feux. Ce nest quune longue suite de Bijouteries,
ponctuée de bureaux de change et de vitrines débordantes
de Saris et de Kurtas, les longues étoffes bariolées et
les chemises sans col. "Bombay Look", promet une
enseigne. Le faubourg, autrefois ouvrier, bâti au début
du siècle autour de grandes usines textiles, est devenu
lun des plus grand marchés de lor dEurope.
Jitendra vintra se souviens quand ses parents, venus du
Kenya, ont ouvert boutique en 1975. "Nous
étions alors les seuls étrangers. Aujourdhui,
il ny a plus un seul commerce anglais dans la rue" .
La renommée
de Belgrave Road sétend sur tout le royaume et même
au-delà. Jitendra Vaithas montre deux femmes voilées, une
mère et sa fille, penchées sur une collection de bracelets.
" Elles habitent Edimbourg et préparent un mariage. "
Il sort un livre de comptes. "Elles ont déjà
acheté pour 1200 Livres (13 000 F) et ce nest quun
début." Les bijoux, quand ils ne sont pas
importés d'nde ou de Singapour, sortent des ateliers
du quartier. "Ici, cest nos Champs-Elysées".
A chaque Diwali, la fête Hindoue, lavenue se transforme
en gigantesque carrousel. "Sans équivalent
en Europe", sécrit fièrement le maire ".
Telle est, aux yeux du journaliste
de libération, le symbole dune intégration réussie :
Une rue de Grande Bretagne dans laquelle on se flatte quil
ny ait plus un seul commerce anglais, où on pratique
des traditions "bien anglaise" comme le Diwali,
où lon préfère le très british "Bombay Look"
et où "Aujourdhui,
les minorités ethniques comptent pour un tiers de la population".
Le" racisme" des anglais,
"une ombre au tableau"
Face à cet environnement
"forcement" merveilleux où Sikhs, Jamaïcains,
chinois, Penjahbis et maghrébins forment une merveilleuse
diversité ethnique qui ne peut quêtre un gage de tolérance,
il y a pourtant une ombre au tableau et cette ombre au tableau,
bien sur, ce sont les blancs qui, à lire larticle,
semblent en avoir le monopole du racisme.
A la fin de larticle
sur Leicester figure, en caractère gras, lannonce
de la dernière partie du reportage : "Le racisme existe
encore" et cest dans cette partie, bien
sur que le journaliste commence à évoquer les anglais de
Leicester :
"Le racisme existe encore. Dans le centre historique,
en face de la cathédrale, des élève en cravate Club et en
costume sombre sortent des classes. Cest le meilleur
lycée de la ville, privé comme toujours en Angleterre. Saint
Martin Grammar prépare aux meilleures universités. Derrières
ses fenêtres à guillotines et ses vieux murs mouchetés de
Lichen, beaucoup de têtes blondes ". Impossible de ne pas remarquer dans
quel contexte le journaliste évoque les anglais, en les
décrivant comme très typés, pour faire comprendre au lecteur
quà Leicester, les blancs sont, forcément, les nantis.
Belgrave Road, lun des plus grand marchés de lor
dEurope, où il ny a plus aucun commerce tenu
par des anglais est un sujet demerveillement et un
modèle dintégration au yeux du journaliste de libération,
mais que dans un collège privé, on évoque la présence de
nombreuses " têtes blondes " devient
un indice du "racisme" des blancs de Leicester.
La description de ces élèves, on laura remarqué, fait
également contraste avec celle de la communauté immigrée :
Dun coté, une rue qui "brille de mille
feux", de lautre, les "fenètres à guillotines" et les "vieux murs",
dun coté le "Bombay Look",
les "vitrines débordants de saris et de kurtas,
étoffes, les longues étoffes bariollées et les chemises
sans col ", de lautre "des élèves en cravates
club et en costumes sombres". Dun coté, les immigrés "brillant
de milles feux, évoluant dans un monde bariolé", de
lautre les blancs " barricadés derrière
de peu sympathiques fenêtres à guillotines, dans de vieux
murs et vétus de sombres". Dans ces simples descriptions,
il nest pas dur de voir les stéréotypes racistes à
légard des blancs que nourrit le journaliste, dont
le message est simple : " Les immigrés sont
sympathiques, les blancs ne le sont pas".
Mais dans lunivers
quasi-sordide des anglais, Christophe Boltanski met un bémol
en citant les propos du principal de létablissement:
"Les asiatiques
forment un quart de notre effectif, et ils sont chaque année
plus nombreux à se présenter à notre examen." En dautres termes, "cest
vrai quil y a beaucoup trop danglais dans cette
école mais que le lecteur se rassure, cest en train
de changer".
Le journaliste tient encore
à mettre bien en évidence, au cour de larticle, lopposition
entre blancs "racistes" et immigrés, tellement
plus tolérants. Tout dabord, il a pris soin dévoquer,
comme cité plus haut, linvalidation dune charte
antisémite datant de 1265. Que cette charte soit caduque
depuis des siècles importe peu, lessentiel dans cette
évocation est surtout de faire passer lidée quavant
larrivée massive des étrangers à Leicester, les blancs
étaient racistes, tandis que les immigrés sont "antiracistes".
Mais si les blancs ont été
racistes dans le passé, le journaliste tient à faire passer
lidée que le racisme existe encore à Leicester, précisément
parce quil y a encore des blancs qui y vivent, et
il evoquer Nick Carter, le rédacteur en chef du journal
local, le "Leicester Mercury" :
"Nick
Carter, le rédacteur en Chef, reconnaït cependant que des
problêmes subsistent. Le racisme existe, même si le National
Front, présent dans les années 1970, ne fait plus parler
de lui. "Des quartiers demeurent
encore fermés aux non-Blancs." Une fois encore, que
Belgrave Road soit une rue où il ny a plus un seul
commerce anglais nest pas choquant mais linverse
est condamnable...
Laprès 11 Septembre
et on reparle de Leicester !
Si en Fevrier 2001, le journaliste
Christophe Boltanski avait eut à cur, lorsquil
sest déplacé à Leicester, de faire un véritable travail
dinvestigation, sil avait porté sur cette ville
un regard objectif plutôt que déformé par un certain racisme
antiblanc, sans doute aurait-il pu découvrir une autre réalité
que celle quil présente.
Car non! A Leicester, La
haine ne se trouvait pas forcement dans ces quelques quartiers
"fermés aux non-blancs" qui nont pas nécessairement
envie dêtre convertis en "merveilleuses rues
où il ny a plus un seul commerce anglais ".
Contrairement au mythe raciste complaisamment alimenté par
larticle de Libération, qui voudrait quil y
ait un racisme spécifique des blancs, pour ne pas dire que
le racisme est spécifique des blancs, il y a aussi de la
haine et de lintolérance dans les communautés étrangères
qui sinstallent en Europe. Les immigrés qui arrivent
sous nos latitudes amènent parfois avec eux leur propre
lot de haine.
Après les attentats du 11
septembre 2001, Leicester revient dans lactualité,
non plus comme ville de tolérance mais, au contraire, comme
un des bastions en Europe du Terrorisme Islamiste et dAl
Quaeda. Dans un article du 22 janvier 2002, le journal "Le
Monde " fait une description de Leicester qui
na plus grand chose en commun avec celle de Christophe
Boltanski:
"Au
delà des enquêtes de routines, rien navait été entrepris
avant les attentats de New York et de Washinton pour prendre
la mesure de limplantation des islamistes à Londres,
à Leicester, à Bradford ou à Manchester.
Des prêcheurs ultra, réputés pour leurs propos anti-américains
et antisémites, ont pourtant pignon sur rue dans les mosquées
pépinières dextrémistes, où les confréries islamistes
récoltent des fonds afin daider des musulmans dans
le besoin. Une partie de ces fonds auraient été détournés
afin dalimenter des cellules clandestines."
Dès que ces enquêtes seront
menées, on découvrira que Leicester a été choisie comme
Base dopération par des proches dOussama Ben
Laden dès 1998. Il faut dire que Leicester présente tout
les avantages pour ces terroristes :
- une large communauté
dimmigrés au sein de laquelle passer inaperçu,
- une foule de sympathisants
qui affichent ouvertement leur rejet des coutumes, des
traditions et de la façon de se vétir des anglais, jusquà
imposer leurs propres fêtes dans la ville,
- un monde politique local
perméable à linfluence politique des musulmans et
un gouvernement national qui na pas plus la volonté
dendiguer le flot de limmigration que dimposer
la culture britannique aux nouveaux arrivants.
Quelques jours après les
attentats du 11 Septembre, Les services britanniques arrêteront
à Leicester trois terroristes, dont Kamel Daoudi, un algérien
naturalisé français en juin 2001, inculpé en France pour
préparation dun acte terroriste. Dans la foulée de
ces arrestations, deux algériens seront également arrêtés à
Leicester: Baghad Meziane, alias Abou Abdallah, pour son
rôle de dirigeant dAl Quaeda et Djamel Beghal, présenté
comme le chef dun commando qui projetait dattaquer
lambassade américaine à Paris ; cest lui
qui aurait recruté Moussaoui (lhomme qui ne voulait
pas apprendre à atterrir) et Richard Reid (Le Jogger aux
semelles explosives).
Enfin, les 17 et 18 janvier
2002, 17 personnes seront arrêtées au cour de la plus grande
opération dirigée contre des réseaux dAl Quaeda en
Europe. Plusieurs sont accusées de financer lorganisation
de Ben Laden par des escroqueries à la carte bancaire
***
A Leicester, la haine ne
se trouvait donc pas là où le journaliste de libération
voulait absolument la voir. Sans aucun doute, les préjugés
racistes de Christophe Boltanski auront été la cause de
son aveuglement. Sil navait pas fait une fixation
sur le racisme des blancs, les lois antisémites de
1265 et le National Front qui ne
fait plus parlé de lui à Leicester depuis les années 1970,
peut être aurait-il remarqué ces imams intégristes qui,
aujourdhui, ont pignon sur rue à Leicester. Peut être,
en croisant des femmes voilées, naurait-il pas vu
matière à réjouissance mais plutôt un motif dinquiétude.
Sil avait eu la volonté de mener un véritable travail
dinvestigation, plutôt que de ne chercher que la confirmation
facile de clichés naïfs, peut-être son enquête laurait-elle
menée sur la trace dindividus qui préparaient un des
attentats les plus abominables de lhistoire contemporaine
En aucun cas, la mise en
minorité des blancs dans les villes deurope, voir
lélimination des blancs et leur substitution par des
populations immigrés, comme à Belgrave Road où il
ny a plus un seul commerce anglais- ne feront disparaître
le racisme, parce que le racisme et la haine ne sont pas
spécifiques des blancs, quand bien même des journalistes
comme Christophe Boltansky écriraient 1000 articles pour
tenter de prouver le contraire.
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