28 mars 2002
 

Le mythe démonté de Leicester, Ville de tolérance

 
 
 
 
 

Le Lundi 5 février 2001, le Quotidien Libération consacrait en pleine page, un article enthousiaste à Leicester, une petite ville du centre de l’Angleterre, sous le titre "Leicester, l’élue des minorités ascendantes". Le motif d’une telle attention est ainsi expliqué par Christophe Boltanski : "En décembre, un responsable municipal a affirmé que Leicester pourrait bien devenir d’ici à dix ans la première ville britannique avec "une majorité non blanche" ". Un véritable sujet d’émerveillement pour le Journaliste, qui va s’attacher, tout au long de l’article, à décrire ce paradis de tolérance qu’est le Leicester des immigrés qui s’y sont installé massivement, pour le mettre en opposition au Leicester sombre et raciste des anglais. Pourtant, un an plus tard, Leicester reviendra sur le devant de la scène médiatique et le mythe du Leicester forcement tolérant des immigrés s’effondrera.

Leicester immigré, "paradis de la diversité ethnique"

Tout d’abord, bien sur, Christophe Boltanski tient à préciser que "Leicester se veut un modèle d’intégration. Les travaillistes, qui tiennent la mairie depuis 1979, ont largement ouvert leurs rangs aux immigrants. La moitié de leurs élus sont originaires du sous continent indien ou des Antilles. Pour mieux prouver leur engagement antiraciste, ils viennent d’invalider solennellement une charte édictée en 1265 et caduque depuis des siècles qui interdisait aux juifs de s’installer dans les murs." Cette précision faite, le journaliste décrit alors le symbole de cette intégration " fructueuse unique en Europe" :

"Belgrave Road, qui s’étire au nord de Leicester, brille de Mille Feux. Ce n’est qu’une longue suite de Bijouteries, ponctuée de bureaux de change et de vitrines débordantes de Saris et de Kurtas, les longues étoffes bariolées et les chemises sans col. "Bombay Look", promet une enseigne. Le faubourg, autrefois ouvrier, bâti au début du siècle autour de grandes usines textiles, est devenu l’un des plus grand marchés de l’or d’Europe. Jitendra vintra se souviens quand ses parents, venus du Kenya, ont ouvert boutique en 1975. "Nous étions alors les seuls étrangers. Aujourd’hui, il n’y a plus un seul commerce anglais dans la rue" .

La renommée de Belgrave Road s’étend sur tout le royaume et même au-delà. Jitendra Vaithas montre deux femmes voilées, une mère et sa fille, penchées sur une collection de bracelets. " Elles habitent Edimbourg et préparent un mariage. " Il sort un livre de comptes. "Elles ont déjà acheté pour 1200 Livres (13 000 F) et ce n’est qu’un début." Les bijoux, quand ils ne sont pas importés d'’nde ou de Singapour, sortent des ateliers du quartier. "Ici, c’est nos Champs-Elysées". A chaque Diwali, la fête Hindoue, l’avenue se transforme en gigantesque carrousel. "Sans équivalent en Europe", s’écrit fièrement le maire ".

Telle est, aux yeux du journaliste de libération, le symbole d’une intégration réussie : Une rue de Grande Bretagne dans laquelle on se flatte qu’il n’y ait plus un seul commerce anglais, où on pratique des traditions "bien anglaise" comme le Diwali, où l’on préfère le très british "Bombay Look" et où "Aujourd’hui, les minorités ethniques comptent pour un tiers de la population".

Le" racisme" des anglais, "une ombre au tableau"

Face à cet environnement "forcement" merveilleux où Sikhs, Jamaïcains, chinois, Penjahbis et maghrébins forment une merveilleuse diversité ethnique qui ne peut qu’être un gage de tolérance, il y a pourtant une ombre au tableau et cette ombre au tableau, bien sur, ce sont les blancs qui, à lire l’article, semblent en avoir le monopole du racisme.

A la fin de l’article sur Leicester figure, en caractère gras, l’annonce de la dernière partie du reportage : "Le racisme existe encore" et c’est dans cette partie, bien sur que le journaliste commence à évoquer les anglais de Leicester :

"Le racisme existe encore. Dans le centre historique, en face de la cathédrale, des élève en cravate Club et en costume sombre sortent des classes. C’est le meilleur lycée de la ville, privé comme toujours en Angleterre. Saint Martin Grammar prépare aux meilleures universités. Derrières ses fenêtres à guillotines et ses vieux murs mouchetés de Lichen, beaucoup de têtes blondes ". Impossible de ne pas remarquer dans quel contexte le journaliste évoque les anglais, en les décrivant comme très typés, pour faire comprendre au lecteur qu’à Leicester, les blancs sont, forcément, les nantis. Belgrave Road, l’un des plus grand marchés de l’or d’Europe, où il n’y a plus aucun commerce tenu par des anglais est un sujet d’emerveillement et un modèle d’intégration au yeux du journaliste de libération, mais que dans un collège privé, on évoque la présence de nombreuses " têtes blondes " devient un indice du "racisme" des blancs de Leicester. La description de ces élèves, on l’aura remarqué, fait également contraste avec celle de la communauté immigrée : D’un coté, une rue qui "brille de mille feux", de l’autre, les "fenètres à guillotines" et les "vieux murs", d’un coté le "Bombay Look", les "vitrines débordants de saris et de kurtas, étoffes, les longues étoffes bariollées et les chemises sans col ", de l’autre "des élèves en cravates club et en costumes sombres". D’un coté, les immigrés "brillant de milles feux, évoluant dans un monde bariolé", de l’autre les blancs " barricadés derrière de peu sympathiques fenêtres à guillotines, dans de vieux murs et vétus de sombres". Dans ces simples descriptions, il n’est pas dur de voir les stéréotypes racistes à l’égard des blancs que nourrit le journaliste, dont le message est simple : " Les immigrés sont sympathiques, les blancs ne le sont pas".

Mais dans l’univers quasi-sordide des anglais, Christophe Boltanski met un bémol en citant les propos du principal de l’établissement: "Les asiatiques forment un quart de notre effectif, et ils sont chaque année plus nombreux à se présenter à notre examen." En d’autres termes, "c’est vrai qu’il y a beaucoup trop d’anglais dans cette école mais que le lecteur se rassure, c’est en train de changer".

Le journaliste tient encore à mettre bien en évidence, au cour de l’article, l’opposition entre blancs "racistes" et immigrés, tellement plus tolérants. Tout d’abord, il a pris soin d’évoquer, comme cité plus haut, l’invalidation d’une charte antisémite datant de 1265. Que cette charte soit caduque depuis des siècles importe peu, l’essentiel dans cette évocation est surtout de faire passer l’idée qu’avant l’arrivée massive des étrangers à Leicester, les blancs étaient racistes, tandis que les immigrés sont "antiracistes".

Mais si les blancs ont été racistes dans le passé, le journaliste tient à faire passer l’idée que le racisme existe encore à Leicester, précisément parce qu’il y a encore des blancs qui y vivent, et il evoquer Nick Carter, le rédacteur en chef du journal local, le "Leicester Mercury" :

"Nick Carter, le rédacteur en Chef, reconnaït cependant que des problêmes subsistent. Le racisme existe, même si le National Front, présent dans les années 1970, ne fait plus parler de lui. "Des quartiers demeurent encore fermés aux non-Blancs." Une fois encore, que Belgrave Road soit une rue où il n’y a plus un seul commerce anglais n’est pas choquant mais l’inverse est condamnable...

L’après 11 Septembre… et on reparle de Leicester !

Si en Fevrier 2001, le journaliste Christophe Boltanski avait eut à cœur, lorsqu’il s’est déplacé à Leicester, de faire un véritable travail d’investigation, s’il avait porté sur cette ville un regard objectif plutôt que déformé par un certain racisme antiblanc, sans doute aurait-il pu découvrir une autre réalité que celle qu’il présente.

Car non! A Leicester, La haine ne se trouvait pas forcement dans ces quelques quartiers "fermés aux non-blancs" qui n’ont pas nécessairement envie d’être convertis en "merveilleuses rues où il n’y a plus un seul commerce anglais ". Contrairement au mythe raciste complaisamment alimenté par l’article de Libération, qui voudrait qu’il y ait un racisme spécifique des blancs, pour ne pas dire que le racisme est spécifique des blancs, il y a aussi de la haine et de l’intolérance dans les communautés étrangères qui s’installent en Europe. Les immigrés qui arrivent sous nos latitudes amènent parfois avec eux leur propre lot de haine.

Après les attentats du 11 septembre 2001, Leicester revient dans l’actualité, non plus comme ville de tolérance mais, au contraire, comme un des bastions en Europe du Terrorisme Islamiste et d’Al Quaeda. Dans un article du 22 janvier 2002, le journal "Le Monde " fait une description de Leicester qui n’a plus grand chose en commun avec celle de Christophe Boltanski:

"Au delà des enquêtes de routines, rien n’avait été entrepris avant les attentats de New York et de Washinton pour prendre la mesure de l’implantation des islamistes à Londres, à Leicester, à Bradford ou à Manchester. Des prêcheurs ultra, réputés pour leurs propos anti-américains et antisémites, ont pourtant pignon sur rue dans les mosquées pépinières d’extrémistes, où les confréries islamistes récoltent des fonds afin d’aider des musulmans dans le besoin. Une partie de ces fonds auraient été détournés afin d’alimenter des cellules clandestines."

Dès que ces enquêtes seront menées, on découvrira que Leicester a été choisie comme Base d’opération par des proches d’Oussama Ben Laden dès 1998. Il faut dire que Leicester présente tout les avantages pour ces terroristes :

  • une large communauté d’immigrés au sein de laquelle passer inaperçu,
  • une foule de sympathisants qui affichent ouvertement leur rejet des coutumes, des traditions et de la façon de se vétir des anglais, jusqu’à imposer leurs propres fêtes dans la ville,
  • un monde politique local perméable à l’influence politique des musulmans et un gouvernement national qui n’a pas plus la volonté d’endiguer le flot de l’immigration que d’imposer la culture britannique aux nouveaux arrivants.

Quelques jours après les attentats du 11 Septembre, Les services britanniques arrêteront à Leicester trois terroristes, dont Kamel Daoudi, un algérien naturalisé français en juin 2001, inculpé en France pour préparation d’un acte terroriste. Dans la foulée de ces arrestations, deux algériens seront également arrêtés à Leicester: Baghad Meziane, alias Abou Abdallah, pour son rôle de dirigeant d’Al Quaeda et Djamel Beghal, présenté comme le chef d’un commando qui projetait d’attaquer l’ambassade américaine à Paris ; c’est lui qui aurait recruté Moussaoui (l’homme qui ne voulait pas apprendre à atterrir) et Richard Reid (Le Jogger aux semelles explosives).

Enfin, les 17 et 18 janvier 2002, 17 personnes seront arrêtées au cour de la plus grande opération dirigée contre des réseaux d’Al Quaeda en Europe. Plusieurs sont accusées de financer l’organisation de Ben Laden par des escroqueries à la carte bancaire…

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A Leicester, la haine ne se trouvait donc pas là où le journaliste de libération voulait absolument la voir. Sans aucun doute, les préjugés racistes de Christophe Boltanski auront été la cause de son aveuglement. S’il n’avait pas fait une fixation sur le racisme des blancs, les lois antisémites de 1265 et le National Front qui ne fait plus parlé de lui à Leicester depuis les années 1970, peut être aurait-il remarqué ces imams intégristes qui, aujourd’hui, ont pignon sur rue à Leicester. Peut être, en croisant des femmes voilées, n’aurait-il pas vu matière à réjouissance mais plutôt un motif d’inquiétude. S’il avait eu la volonté de mener un véritable travail d’investigation, plutôt que de ne chercher que la confirmation facile de clichés naïfs, peut-être son enquête l’aurait-elle menée sur la trace d’individus qui préparaient un des attentats les plus abominables de l’histoire contemporaine…

En aucun cas, la mise en minorité des blancs dans les villes d’europe, voir l’élimination des blancs et leur substitution par des populations immigrés, comme à Belgrave Road – où il n’y a plus un seul commerce anglais- ne feront disparaître le racisme, parce que le racisme et la haine ne sont pas spécifiques des blancs, quand bien même des journalistes comme Christophe Boltansky écriraient 1000 articles pour tenter de prouver le contraire.

 
 
 
 
 
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Les leçons du 11 Septembre
 
 
 
   
   
 
Le mythe de Leicester
 
 

Jusqu'au 11 septembre, il semblait aller de soi que le racisme, l'extrémisme, la xénophobie et la haine de l'autre étaient l'apanage des seuls Blancs.

Le 11 septembre, c'est la prise de conscience par l'occident de sa vulnérabilité face à la haine d'autres peuples, alors qu'il croyait en avoir le monopole.

 
 
 
 
 
         
 
Références
 
  • 05 février 2001 – Libération – "Leicester, l’élue des minorités ascendantes" par Christophe Boltansky
  • 19 Janvier 2002 – Le Parisien – "17 islamistes arrétés en Angleterre"
  • 20 janvier 2002 - Le Journal du Dimanche – "Un nouveau réseau en France" par Gilles Delafon
  • 21 Janvier 2002 – Le Figaro – "Arrestations en Asie et en Europe"
  • 22 Janvier 2002 – Le Monde - "Un coup de Filet souligne le Rôle de la Grande Bretagne comme base logistique d’Al Qaida en Europe" par Marc Roch
 
 
   
         
 
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Sur le site: autres lieux de "tolérance" en Europe
    - Paris: des touristes Blancs chassés de la goutte d'or
    - Oldham : Les pakistanais créent des "Zones interdites aux Blancs
Télécharger le livre sur le racisme antiblanc