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Suite
au crime raciste commis à Grande-Synthe, dans la Banlieue
de Dunkerque, où un adolescent de 17 ans, dorigine
arabe, a été tué par un Français de souche, Le journal Libération
a publié un entretien avec Catherine Wihtold de Wenden titré
"Du racisme ordinaire de petits Blancs". Dans
cet article, il ny a bien sur aucune enquête sur le
quotidien des Blancs dans une ville où entre 30 et 50 %
dhabitants sont maghrébins, pour tenter de comprendre
comment un homme peut en arriver là. Pour la directrice
de recherche au CNRS, tuer un homme est un " comportement
typique " de ceux quelles affuble du sobriquet
raciste de "Petits Blancs". Le journal a repris
le terme en caractères gras.
Le Lundi 07 octobre
2002
Madame, Monsieur,
Jai lu avec attention
les articles publiés dans votre édition de ce jour concernant
le crime raciste anti-arabe commis à Dunkerque.
Jai le sentiment
que ce genre dévénement sert dalibi par votre
rédaction pour laisser libre cour à un racisme antiblanc
envers certaines catégories sociales.
Javais été particulièrement
marqué, après le premier tour des élections présidentielles,
par lapparition du sobriquet raciste "Petit Blanc" dans les colonnes de votre quotidien. Déjà,
à lépoque, Vous aviez interrogé un sociologue au sujet
du vote Le Pen.
Je constate que le
terme " Petit Blanc " fait un retour
fracassant dans votre journal, imprimé dans un titre et
en caractère gras. A titre de comparaison, je ne lis nul-part
dans un autre article, concernant lagression homophobe
dont a été victime Bertrand Delanoe, dans la nuit de Samedi
à Dimanche, quelle est le fait dun "Bougnoule".
Lorsque vous avez évoqué des persécutions des immigrés en
Côte dIvoire, je nai pas lus dans vos colonnes
que leurs agresseurs étaient des "Nègres".
Le sobriquet "petit
blanc" est une marque de mépris et de condescendance
spécifiquement liée à lorigine ethnique de la catégorie
de personnes qui se trouve toute entière stigmatisée par
les propos de Madame Wihtold de Wenden : des Français
dorigine européenne issus de milieux modestes. Quil
soit utilisé par la sociologue que votre journaliste a interrogé,
puis imprimé en caractères gras, est assez emblématique,
peut être, du fossé grandissant qui existe entre Bobos,
intellectuels dune certaine gauche et les gens modestes.
En ce sens, je voudrais
revenir sur les propos de Madame Wihtold de Wenden pour
affirmer que boire un coup le samedi soir et décider de
tuer un arabe n'est pas un "phénomène classique"
chez les blancs d'origine modeste. Les propos rapportés
dans votre journal sont clairement réducteurs et racistes.
Jespère quà
lavenir, le terme "petit blanc" disparaîtra
de vos colonnes.
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