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Madame,
Monsieur,
Ce
mercredi 26 février 2003, en lisant "Le Monde",
je suis tombé en page 28 sur un article intitulé
:
"
L'ascension par le rap d'un >petit Blanc< nommé
Eminem "
L'expression "petit Blanc" me paraît plus
que déplacée dans vos colonnes car il s'agit
d'un sobriquet raciste destiné à stigmatiser
des personnes d'origine européenne appartenant à
des milieux modestes.
Dans les milieux intellectuels, professionnels ou artistiques
de gauche, l'utilisation de ce sobriquet par certaines personnes
devient malheureusement de plus en plus répandu.
Puis-je vous rappeler, alors que vous publiez un supplément
sur Staline, qu'avant la chute des communismes d'Europe
de l'Est, les mêmes n'avaient de cesse de stigmatiser
le " Koulak" en URSS, le "petit bourgeois"
chez nous, avec parfois les conséquences que l'on
sait. C'est ce qu'on appelait alors le "mépris
de classe".
Aujourd'hui,
ces mêmes personnes, qui ont simplement recyclé
leur discours, font des "petits blancs" la nouvelle
cible d'un "mépris de classe" devenu un
racisme "chic" et autorisé : le racisme
antiblanc.
Parce
que la personne ciblé par un propos raciste est blanche
"on peut se permettre" et on se permet d'autant
plus lorsqu'on est soit même blanc et que la personne
visée est identifiée comme appartenant à
une autre catégorie sociale, dont les membres ne
possédent souvent ni la même aisance matérielle,
ni le même bagage unsiversitaire. C'est dans cet état
d'esprit que se situe Madame Colombani.
Suis-je un tenant de la censure lorsque je vous fait part
de mon désagrément ? Je ne le pense pas :
je demande simplement une égalité de traitement.
En effet, je n'imagine pas ouvrir votre quotidien et y lire
des titres d'articles qui seraient intitulés ainsi
:
"L'ascension par l'humour d'un bicot
nommé Jamel"
ou
"L'ascension
par la chanson française d'un petit juif nommé
Jean Jacques Goldman."
ou
"L'ascension
par le rap d'un négro nommé Pit bacardi"
ou
"L'ascension
par le cinéma d'un chinetoque nommé Chow Yun
Fat"
Ces
quelques exemples n'auront pas manqué de vous donner
des éléments de comparaison avec le titre
d'article qui me déplaît, mais aussi de réflexion
sur sa nature raciste.
J'espère
donc qu'à l'avenir, le terme "Petit Blanc"
disparaîtra des colonnes de votre journal, quelque
soit le sujet abordé.
Veuillez
recevoir, Madame, Monsieur, mes salutations
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