08 juin 2004 - revue de presse
 

Chasse aux Blancs à Abidjan

 
 
 
 
 

Abidjan: Les « patriotes » terrorisent les français
par
Parfait Kouassi - 24 heures, quotidien ivoirien

Alors qu’il revenait d’une inspection sur le front de Kounahiri, le cortège du sergent-chef Chérif Ousmane a été bombardé par un hélicoptère des Forces armées nationales de Côte d’Ivoire (Fanci). Bilan, 12 blessés dont trois graves évacués à Bouaké.

Avoir la peau blanche et se trouver, hier après-midi, au Plateau, le quartier des affaires d’Abidjan était une malchance que rien ne pouvant exorciser.

Au bas des immeubles, dans les véhicules, et surtout devant l’Ambassade de France, les Blancs étaient traqués et systématiquement rudoyés, par les « jeunes patriotes » se réclamant du président Gbagbo.

Les forces de l’ordre les assistaient parfois avec une passivité complice.

Une fumée noire de pneus brûlés s’élevait devant l’Ambassade de France et environ une centaine de jeunes déchaînés continuaient de jeter des pierres à l’institution diplomatique vers 16 heures 30.

Pourtant, un détachement des forces de sécurité nationale, renforcé quelques minutes plus tard, par un char de la brigade anti-émeute s’était déployé entre les immeubles Sciam et Postel 2000.

Dès le début de l’après-midi, ces jeunes réclamant du chef de l’Etat ont pris d’assaut l’entrée de l’Ambassade de France.

« Nous allons brûler cette Ambassade et ceux qui y sont », menaçaient les meneurs de ces manifestants violents, vêtus de noir, qui allaient et revenaient, en galvanisant leurs hommes.

« Les rebelles ont pris Gohitafla à des forces Licorne qui les ont habillés en casques bleus. Il faut que chacun de vous ait son petit français », disaient-ils .

Les travailleurs terrorisés par ces mouvements descendaient des immeubles pour regagner leurs domiciles. Les magasins sont fermés.

C’est alors que plusieurs de ces jeunes composés essentiellement des désœuvrés endoctrinés à « La Sorbonne » se mettent à parcourir le Plateau pour « chasser ».
Le gibier ici, c’est la peau blanche.

Par endroit, des grappes se constituent autour des Blancs surpris. Ce fut le cas devant Alpha 2000, puis au rond-point de l’avenue Chardy.

A dix-sept heures, les manifestants sont convaincus par les forces de l’ordre postées aux environs de l’Ambassade de France que la rumeur selon laquelle la localité de Gohitafla serait tombée aux mains des rebelles n’est pas fondée.

Les « Sorbonnards » se replient sur leurs bases au centre du Plateau et se concertent.
« Les policiers ont dit cela pour nous distraire parce qu’ils savent qu’on est prêt à tout.
Mais, écoutez bien, rentrez chez vous et quel que soit ce que les Fanci diront à la télévision ce soir, retrouvons-nous demain (aujourd’hui) au 43e Bima », déclare leur chef de file, perché sur un podium.

La centaine de « Sorbonnards » arrêtés sur les bancs aménagés pour eux, étaient sur le point de se disperser, lorsqu’une voix s’élève dans la foule : « Nous, on ne va pas attendre demain. On vient de casser une voiture. Et nous allons continuer comme cela ! ».

Du coup, la foule reprend ses vivats et promet de casser tout ce qui rappelle le Blanc.
« Il faut les terroriser.
Ne laissez aucun véhicule de Licorne, Onuci », recommande à son tour le chef de file.

Les manifestants s’ébranlent à nouveau dans le Plateau. Le gros du lot va se poster sur le boulevard lagunaire et sur le boulevard de la République. Ils ont progressé au fur et à mesure et ont bloqué les deux ponts.

Tous les véhicules sont passés au peigne fin.

« Venez, on a eu un Blanc ! », s’écrient de temps en temps des manifestants qui vérifiaient les identités ; En effet, des infortunés qui tentaient de rentre chez eux, sont surpris par ces « jeunes patriotes » qui n’hésitent pas à les malmener.

« Nous allons attraper un vieux Blanc et le brûler devant l’Ambassade », promet un manifestant aux autres automobilistes.

Un couple à bord d’une Peugeot grise a été lamentablement séquestré sur le pont De Gaulle.

Selon un conseiller d’une institution internationale, témoin de la scène, les « jeunes patriotes » se sont aggripés à la Peugeot 305 grise à bord de laquelle se trouvait le couple dont une vieille dame.

Tirées de leur véhicule et rudoyées, les victimes étaient sans secours quand les bonnes volontés ont interpellé un policier présent sur les lieux.

La réponse du policier ivoirien fut scandaleuse.

« Ceux-là, on ne les défend pas. Vous ne savez pas qu’on a même attaqué l’Ambassade de France ? », répond le flic.

Se sachant traqué, aucun homme blanc n’était visible hier soir, dans le Plateau.
« Nous allons veiller ici pour les attendre.
Si nous n’en trouvons pas, nous irons à Mermoz (école française ) », a affirmé un autre manifestant.

Avoir la peau blanche et se trouver au Plateau hier soir, était synonyme d’enfer.

 
 
 
 
 
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Les chasses aux
blancs
 
     
   
   
   
   
   
   
   
 
Côte d'Ivoire - Abidjan
 
   
   
 
 
 

Etre pris pour cible d'agressions racistes est un phénomène qui n'épargne pas les Blancs.

Si les mots " ratonnade " et " Pogrom " sont devenus des mots familiers, les "chasses aux blancs" existent aussi.

 
 
 
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Côte d'ivoire
 
 
 
   
 
> Juin 2004 <
 
   
   
 
 
 

En Novembre 2004, plus de 8000 français ont décidé de quitter la Côte d'Ivoire suite au climat de haine anti-française et Albophobe.

 
 
 
         
 
 

Manifestations de vandales à Abidjan : les miliciens de Laurent Gbagbo briment et molestent les «Blancs»
Par Charles Sanga - Allafrica / Le Patriote (Abidjan)

Une atmosphère d'insécurité généralisée s'est emparée du quartier des affaires d'Abidjan, hier en début d'après-midi. Alors qu'ils vaquaient tranquillement à leurs occupations, les ressortissants français ont été pris à partie par quelques centaines de jeunes scandant des slogans hostiles à l'ex-rébellion, à l'opposition non armée et à la France. Vêtus de tee-shirts noirs, aux couleurs des milices favorables au régime en place, ces jeunes se sont immédiatement massés devant l'entrée principale de l'ambassade de France.

Armés de bâtons et de pierres, ils ont perturbé le travail pendant plusieurs heures. Selon les slogans qu'ils tenaient, il était aisé de comprendre que ces «fous de Gbagbo» protestaient contre l'information selon laquelle une trentaine d'éléments armés se seraient accaparés de la ville de Gohitafla, contrôlée par les Forces armées nationales de Côte d'Ivoire (FANCI) dans la nuit de dimanche à lundi, sans essuyer de véritables résistances.

A Abidjan, les «jeunes patriotes» étaient donc décidés à rendre la France responsable de la «chute» de Gohitafla et d'en condamner les ressortissants de ce pays.

Aux environs de 16 heures, les jeunes manifestants ont incendié des pneus usés et des palettes de bois devant le grand portail de la mission diplomatique française. Sous le regard nonchalant des éléments des forces de l'ordre nationales, les jeunes partisans de Gbagbo molestaient tout ressortissant français, en particulier et européen, en général voire tout simplement les personnes de couleur blanche. Plusieurs ressortissants de l'Afrique du Nord et du Liban, tenanciers de magasins ont été molestés.

Le service de sécurité de l'ambassade de France a dû employer les grands moyens pour tenter de disperser les manifestants surexcités. «C'est vous qui soutenez les rebelles. Vous voulez la chute de Gbagbo. Il est élu par le peuple. Il n'appliquera pas arcoussis, mais il sera toujours à son poste», scandaient-ils.

Un Occidental circulant en voiture à une centaine de mètres de l'ambassade a été entouré par une dizaine de jeunes aux environs du Commissariat du 1er Arrondissement au Plateau. Les vitres et pare-brise de son véhicule ont volé en éclats. Les policiers ivoiriens ont suivi la scène, mais ne sont pas intervenus.

D'autres ressortissants étrangers dont de nombreuses femmes non françaises ont été surpris par la réaction violente des partisans de Gbagbo.

Hier, il ne s'agissait pas que de la France. Tout ce qui était «Blanc» faisait naître un véritable sentiment de haine chez les «jeunes patriotes». Un peu plus tard dans la soirée, le mouvement de violences tendait à gagner timidement le quartier de Treichville sans être réellement suivi. En moins d'une demie heure, le quartier du Plateau s'est totalement vidé de son monde. Les magasins ont baissé pavillon. Les portes des bureaux ont été fermées. L'administration publique et le privé n'ont pu terminer la journée. Le mouvement s'est poursuivi dans la nuit en zone 4C où des blancs ont été agressés et des biens saccagés.

Les «jeunes patriotes» répondaient-ils à un mot d'ordre précis ? Difficile de penser autrement. Car depuis quelques semaines, les incidents anti-Français se multiplient à un rythme effréné à Abidjan. En effet, le 18 mai dernier, quelques dizaines de jeunes se réclamant de la FESCI avaient tenté de pénétrer de force dans les locaux du Lycée Mermoz à Cocody. Ils avaient réussi à en défoncer les portes à coups de pierres. Des élèves et un responsable administratif avaient été molestés. Samedi dernier, prétextant un sit-in devant le 43e BIMa, des jeunes avaient agressé un ressortissant français.

Depuis quelques jours, les slogans et autres messages anti-Français venant des plus hautes autorités du régime ont refait surface. Vendredi et samedi, Mme Simone Gbagbo, en meetings à Abobo et à Anyama, avait déclaré sans retenue : «Au fil du temps, les choses se précisent. La France est complice des rebelles. Chirac n'aime pas Gbagbo parce qu'il ne correspond pas au profil que la France a tracé pour les Présidents. On ne le trouve pas policé. Au contraire, Chirac le juge trop indépendant. Car, il ne prend pas d'instructions à l'Elysée», avait-elle lancé à ses partisans. Y avait-il mieux pour pousser les «jeunes patriotes» à casser du Français ?

 
 
     
         
 
  La communauté française d'Abidjan sous le choc

Allafrica / Le Patriote (Abidjan)

9 Juin 2004
Publié sur le web le 9 Juin 2004

(source : Pana)

La communauté française d'Abidjan a passé la nuit du lundi à mardi terrée chez elle et ceux qui n'ont pas pu rentrer chez eux sont restés au bureau ou dans les locaux de l'ambassade de France, sous la garde vigilante des gendarmes, a-t-on constaté sur place.

La veille, les forces de sécurité ont eu fort à faire pour contenir la foule des manifestants qui tentaient de prendre d'assaut les locaux de l'ambassade. «Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit. Mon mari a dormi au consulat. Ni lui ni moi n'arrivions à dormir. On s'est constamment appelés. Nous avions pris toutes les dispositions pour une éventuelle évacuation nocturne», a confié à la PANA Mme O. G, les traits tirés et les yeux cernés. Elles sont nombreuses, comme Mme O. G, à avoir vécu des heures d'angoisse, accrochées au téléphone, guettant le moindre bruit venant du dehors, attendant les premières lueurs du jour qui chasseront une nuit cauchemardesque.

Les enfants n'ont pas été davantage épargnés par cette atmosphère lourde et pesante comme une chape de plomb qui régnait encore ce mardi matin au sein de la communauté française dont tous les établissements scolaires ont été fermés. Certains d'entre eux gardent le pénible souvenir de la brutale intrusion dans leur univers d'un groupe de «jeunes patriotes», membres de l'Alliance des jeunes pour le sursaut national, mouvement se réclamant du chef de l'Etat ivoirien, Laurent Gbagbo. Beaucoup de «Blancs», des Français, des Européens et d'autres ressortissants occidentaux ont vécu des moments particulièrement pénibles lundi après-midi au Plateau, le centre des affaires de la capitale économique ivoirienne, et même dans la nuit, notamment dans le quartier résidentiel de la zone 4 ou de Bietry qui abritent de nombreux bars, restaurants et boîtes de nuit.

Pourchassés comme des malfrats par une meute de manifestants armés de gourdins et de cailloux, vociférant toutes sortes d'insanités, un groupe de jeunes Français, dont des filles, n'a dû son salut qu'aux gardiens de l'immeuble abritant les services du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) où ils ont pu trouver refuge. D'autres, qui ont eu moins de chance, ont été sévèrement bastonnés par les agresseurs qui les ont dépouillés de tout ce qu'ils avaient sur eux : argent, portables, chaînes en or, bagues, etc. Le spectacle était particulièrement pénible sur le pont Général de Gaulle où les «jeunes patriotes» ont établi de véritables postes de contrôle, arrêtant tout véhicule transportant des personnes de race blanche ou tout ce qui pouvait y ressembler. Ces passagers étaient extirpés sans ménagement des véhicules pour subir ce que certains manifestants appelaient cyniquement «le traitement réglementaire», c'est-à-dire une série de coups de poings et de gifles. Voyant de loin ce spectacle effroyable et soucieux d'échapper au sort peu enviable qui les attendait, beaucoup d'automobilistes de race blanche qui se trouvaient dans la file tentaient alors de faire demi-tour au risque de provoquer des carambolages ou d'entrer en collision avec les véhicules venant en sens inverse. Ceux qui réussissaient leur manoeuvre étaient pourchassés à coups de pierres par des manifestants sous l'oeil impassible, voire compréhensif, des policiers postés sur le pont depuis le milieu de l'après-midi. «C'est à croire qu'on les a envoyés ici pour regarder la lagune», fulminait une jeune dame qui avait difficilement réussi à se frayer un passage au milieu de la meute déchaînée qui faisait un raffut d'enfer. «A chacun son petit blanc», avait crié Jean-Yves Dibopieu, ancien Secrétaire général de la Fédération scolaire et estudiantine de Côte d'Ivoire (FESCI) au plus fort des manifestations anti- françaises de l'année dernière, sur la place de la République, à Abidjan. Les violentes manifestations d'hostilité dont ils ont été l'objet et les sévices qu'ils ont subi lundi, à Abidjan, ont dû provoquer une douloureuse réminiscence chez beaucoup de membres de la communauté française d'Abidjan qui se demande, avec l'angoisse que l'on devine, de quoi demain sera fait.

 
 
     
         
 
Références
 

Sur le site:

  • 26 octobre 2003 - "A chacun son Français" - l'assassinat du journaliste Jean Hélène avait provoqué un déchainement de haine sur les forums d'Abidjan.net

Sur l'attaque contre le lycée Jean Mermoz

Autre site

Elément de réflexion

  • 11 juin 2004 - Fraternité matin - L’Afrique, vraiment pauvre? par Venance Konan
 
 
   
         
 
 
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