| Depuis
quelques années, le Canada et le Québec subissent
un afflux croissant de populations de descendance africaine.
Comme partout ailleurs, cela se traduit par une transformation
en profondeur des rapports sociaux et de l'ambiance dans
les quartiers. Les habitants de Pointe-Saint-Charles, à
Montréal, témoignent de l'attitude et de l'albophobie
des nouveaux arrivants
Lendemain
de fusillades dans trois quartiers de Montréal
Louise
Leduc et Cyberpresse
La Presse
Des coups de feu ont été tirés en pleine
rue dans les quartiers de Saint-Henri, Saint-Michel et Pointe-Saint-Charles
jeudi soir. «Moi, c'est fini, je veux partir
vivre à la campagne», a lancé
hier une résidente de Pointe-Saint-Charles encore
ébranlée par la fusillade survenue dans son
quartier jeudi soir.
Une
soirée particulièrement violente que celle-là,
aux quatre coins de la ville: outre Pointe-Saint-Charles,
des fusillades ont également été recensées
dans les quartiers Saint-Henri et Saint-Michel. En pleine
rue, tout comme cette fusillade du 30 juillet, au centre-ville
de Montréal, qui a fait voler en éclat les
vitrines de cinq commerces.
Pour
cette dame de Pointe-Saint-Charles, c'en est trop. «C'est
simple, des vendeurs de drogues, il y en a à toutes
les deux portes. Là-bas, on vend du crack. De l'autre
côté de la rue aussi. Il y a la drogue, il
y a les prostituées qui se tapent leurs clients dans
une voiture garée à quelques mètres
de mon porche. Il y a aussi tous ces matins où l'on
voit les pneus de toute une série d'autos crevées
à grands coups de couteaux. Et c'est aussi à
un coin de rue d'ici qu'il y a quelques jours, un enfant
de 4 ans a mis le feu à sa maison.»
Jeudi
soir, la violence s'est élevée d'un cran.
Des coups de feu ont été entendus à
l'angle des rues Island et Centre. Puis les policiers sont
arrivés en trombe, sommant tout le monde du quartier
de rester chez soi. «Ils ne nous disaient pas ce qui
arrivait, et il y avait mon petit gars, qui n'était
pas à la maison...»
À
Pointe-Saint-Charles, comme dans le quartier Saint-Henri,
hier, un même bout de phrase en guise d'introduction:
« On n'est pas raciste, mais »... Mais quoi?
«Mais même nous, qui ne sommes mêlés
à aucune gang et qui faisons notre petite affaire,
on se fait dire par des Noirs de quitter la place. Que Pointe-Saint-Charles,
c'est leur territoire.»
La
réaction de cette québecoise illustre parfaitement
de quelle façon les professionnels de l'antiracisme
albophobe parviennent à faire croire aux gens que
toute critique vis à vis des Noirs est assimilable
à du racisme. Alors qu'en fait, ce sont les
habitants du quartier qui sont victimes de l'albophobie
des Noirs. |