| |
Pikogan
est une petite communauté du Quebec situé
au Nord Ouest de Montréal. Elle s'étend sur
un peu plus de 90 hectares et compte 791 habitants. C'est
le siège de la Nation Abitibiwinni, une population
qui appartient au groupe, plus large, des Algonquins.
Pikogan
est modestement connue pour ses activités touristiques,
notamment des randonnées en Canoë sur la rivière
Harricana, pendant lesquelles on peut découvrir de
nombreux aspects de la culture des Algonquins, dont leur
cuisine traditionnelle, leur usage des plantes médicinales
ou leurs légendes. L'endroit possède aussi
une école primaire, une petite radio communautaire,
un centre de santé, une église en forme de
tipi et un complexe administratif. Là, un conseil
de bande élu selon la coutume locale, qui comprend
un chef, un vice chef et trois conseillers veille à
la bonne marche des affaires des Abitibiens.
Si
vous avez au sujet des populations natives d'Amérique
du nord les stéréotypes habituels - shamans
dansant sous la pleine lune en harmonie avec la nature,
tolérance forgée par l'adversité du
destin et sagesse tribale inspirée par le grand manitou
- les Abitibiwinni s vont rapidement vous ramener les pieds
sur terre. Car à Pikogan, on est assez matérialiste
et surtout, on est raciste sans complexe: on aime bien les
blancs, mais seulement quand ils viennent en touriste dépenser
leur argent. Au quotidien, c'est différent.
A
Pikogan, on n'a pas de pétrole, mais on a des idées.
A défaut d'or noir, on a des Blancs! Une idée
est dans l'air depuis la semaine dernière et un membre
du conseil, Jean Paul Ranquin, l'a évoquée
sans complexe sur les ondes de
CKAG FM,
la radio locale. Pendant une séance, le conseil des
abitibiwinnis de Pikogan a eu une idée lumineuse:
créer une taxe spéciale de 150 dollars par
mois pour chaque personne de race blanche habitant la communauté.
Depuis
que le projet a été rendu public, le grand
chef des abitibiwinnis de Pikogan, Harry McDougall, est
bien embarrassé: "Mon conseiller a commis
une erreur en abordant ce sujet à la radio, Il est
encore trop tôt pour annoncer quoi que ce soit. Le
conseil en a effectivement discuté, mais il s'agissait
d'une idée parmis beaucoups d'autres."
 |
| Sous
le tipi abitibien, le racisme anti-blanc... |
Inutile
de le dire, la mesure ne plait pas à tous. La presse
locale a diffusé les témoignages de certaines
personnes qui, par crainte de représailles, s'expriment
sous l'anonymat: "C'est du racisme, explique
une femme, mon conjoint est Blanc ert voilà qu'on
voudrait discriminer ma famille pour ça"
et
une autre d'ajouter: "Ce n'est pas le montant qui
me dérange mais l'intention d'imposer une taxe selon
les races. On n'aurait jamais penser que le conseil irait
jusque là."
Le
chef de Pikogan explique que les Blancs qui vivent à
Pikogan bénéficient d'un "abri fiscal",
abri qui consite, selon les interessés, à
économiser 4 dollars sur le cable et 8 dollars sur
le téléphone alors qu'ils ne bénéficient,
par contre, quasiment d'aucun service et d'aucune prestation
dans la communauté.
"Je
crois, dit un homme, que le conseil veut que l'on
compense pour tout ceux qui ne paient pas bien leur loyer,
ce qui est tout à fait ridicule." Voilà
peut-être, somme toute, le problême de la minorité
blanche de Pikogan: eux travaillent et payent leurs loyers...
L'incident
de Pikogan nous rappelle une fois de plus non seulement
l'existence du racisme anti-blanc, mais aussi que le racisme
n'est pas l'apanage des Blancs. Une chose est sure: Pikogan
est l'endroit à éviter pour tout ceux qui
veulent faire du Canoë au Canada.
|
|