| Le
12 février 2005 à Saint Martin, une petite
île franco-hollandaise de la caraïbe, une camionnette
de gendarme s'installe à quelques centaines de metres
de la frontière qui divise l'ïle pour une mission
de surveillance. Entendant une moto arriver à vive
allure et soupçonnant qu'une randonnée sauvage
est en train de se produire, Raphaël Clin, un jeune
gendarme arrivé quelques mois plus tôt sur
L'ïle, se met en travers de la route pour obliger son
conducteur, un antillais nommé Cedric Hannicette,
à s'arrêter. Mal lui en prend car le motard,
qui ne l'aperçoit qu'à la dernière
minute, n'a pas le temps de freiner et le percute de plein
fouet.
Les
deux hommes sont transporté à l'hôpital
de Marigot, le chef lieu de L'île, où Rapaël
Clin va décéder quelques heures plus tard.
Mais dans la salle d'urgence, c'est un comité d'accueil
abject qui attend Stephanie Clin, son épouse, lorsqu'elle
arrive. Dès que la mort de son mari est annonçée,
l'enseignante se retrouve au milieu d'une quarantaine d'Antillais
qui esquissent de larges sourires. Certains exultent de
joie, d'autres crient "On a tué un Blanc!".
Devant elle, un homme déclare que "Les noirs
sont là pour tuer des Blancs".
Dans
une tribune libre publiée sur le site de l'adefdromil,
l'association
de défense des droits des militaires, Christian,
un collègue de Raphaêl a décrit les
manifestations de haine raciale qui se sont produites pendant
l'agonie du gendarme et après sa mort.
"Pendant
que Raphaël agonisait sur la chaussée, son collègue
et les secours entendaient des horreurs, souvent proférées
en anglais. Une autre Gendarme arrivée en renfort
s'est vu confrontée à un individu qui chantait
la fameuse chanson de Bob MARLEY "We shot the Sherrif"
en utilisant le qualificatif de "Gendarme" à
la place de Sherrif.
C'est
moi qui suis allé annoncer l'accident à Stéphanie.
Nous sommes partis à l'hôpital où Raphaël
vivait ses dernières minutes. Une horde d'individus
excités, gesticulants, proférant des menaces
et se "glorifiant" d'avoir eu un gendarme était
sur place. L'un d'eux a même été menaçant
envers Stéphanie. Il a fallu rester si calme, dans
une épreuve pareille, pour ne pas disjoncter.
Il
a fallu regagner la brigade, après l'annonce du décès.
A plusieurs reprises dans la journée, "ils"
sont venus au portail de service ou des familles. Cela a
failli très mal finir. D'autres disaient à
nos enfants que les "blancs n'avaient rien à
faire ici, qu'il fallait rentrer chez nous."
Dans
les jours qui suivent, les gendarmes et leurs proches font
l'objet d'une campagne de harcèlement informelle.
« Depuis dimanche nous vivons un véritable
cauchemar, témoigne un gendarme dans France
soir, De suite, j'ai pensé, comme beaucoup de
mes camarades ici, à partir pour que mon épouse
n'ait pas à subir un jour la même détresse
et la même colère que Stéphanie. On
va se battre avec elle pour la mémoire de Raf, puisqu'il
ne nous reste plus que ça... »
«
Tout le monde doit savoir que nous ne sommes pas venus au
paradis, raconte sa femme Tout le monde doit savoir
comment la gendarmerie travaille ici, dans quelles conditions.
»
Dans
les milieux militaires, l'affaire suscite énormément
d'émotion. Trois jours après le drame, Daniel
Bavois, le président de l'adefdromil, l'association
de défense des droits de militaires, écrit
une série de courriers à la LICRA,
au MRAP,
à la Ligue
des Droits de l'Homme, à SOS
Racisme et au ministre
de la défense. De tous côtés, les
militaires se heurtent à l'indifférence et
au silence.
L'affaire,
malgrès tout, parvient à se frayer un chemin
dans les médias. Elle est emblématique d'un
racisme anti-blanc très répandu aux antilles
dont se plaignent souvent les métropolitains qui
y séjournent. Dans son témoignage, Christian
décrit le climat qui reigne sur l'ïle :
"
A St Martin, la loi n'est pas respectée, les premiers
étant les dirigeants locaux. La haine du blanc et
de l'état français nous est jetée à
la figure quotidiennement, y compris sur nos épouses
et nos enfants. Seules les prestations sociales les motivent
à obtenir une nationalité Française.
J'ai horreur du mot que je vais employer mais oui, cette
haine s'appelle racisme.
[...]
Ici j'ai peur pour nos familles. Et j'ai peur pour les familles
qui vont être envoyées sur l'île ."
La
première personnalité à témoigner
sa sympathie pour la veuve de Raphaêl Clin sera jacques
Chirac qui adressera un petit mot à la veuve de Raphaël
Clin, mais en toute discrétion. Pour un blanc, pas
question que le chef de l'Etat dénonce le racisme
aussi bruyemment que dans d'autres circonstances.
En
métropole, l'affaire ne devient véritablement
publique que lorsque Phillippe de Villiers, le président
du MPF, dans un
communiqué du 20 février dénonce
"le racisme anti-blanc" et "l'incroyable
mutisme des médias et des politiques" avant
d'ajouter que « Le silence des pouvoirs publics,
comme des associations « antiracistes », est
une insulte à la mémoire de cet homme. Où
sont les donneurs de leçons, les défenseurs
des droits de l'homme ?Y aurait-il deux poids deux mesures
? ». Le politicien paiera cher son franc parlé
sur ce sujet et bien d'autres: le 26, le service d'ordre
de SOS Racisme l'empèchera, sous la menace, de participer
au défilé organisé en mémoire
d'Ilan Halimi, une autre victime de la violence.
Le
22, Marine Le Pen, la vice-présidente du Front National,
diffuse à son tour un communiqué
de presse dans lequel elle déclare en évoquant
les scènes qui se sont déroulées à
l'hopital que "Cette barbarie n’a fait aucun
gros titre de la presse nationale, n’a entraîné
aucune manifestation ni aucune déclaration du gouvernement
se scandalisant de cette ignominie. Le racisme anti-blanc
étant pourtant avéré !" et
que "Le Front National s’associe à
la peine immense de sa femme, de sa petite fille de 4 ans
et de ses collègues, et exige que cet acte raciste
monstrueux soit traité au moins avec autant de célérité
et de compassion que tous les autres."
Avec
les prises de positions publiques de ces deux personnalitées
politiques, il devient plus difficile d'ignorer l'affaire
. Elles sont d'autant plus courageuses qu'elles interviennent,
contrairement à celles qui suivront, alors que l'affaire
n'a pas encore eu beaucoup d'échos dans les médias.
La
polémique ne tarde pas à enfler sur L'île
et exacerbe encore les tensions raciales. Le maire UMP de
Saint Martin, Albert
Fleming, qui est antillais, se livre aussitôt
à des manoeuvres d'intimidations et il menace publiquement
"de porter plainte" contre les articles
de presse faisant état d'un climat raciste dans l'Ile.
En métropole, par contre, l'UMP Guy Tessier, président
de la commission de la Défense à l'Assemblée
Nationale déclare que les circonstances de la mort
du gendarme Clin n'ont «rien à envier à
la mort tragique et tout aussi inhumaine d'Ilan Halimi.»
Dans
ce contexte, Michèle Alliot-Marie, la ministre de
la défense, demande de son côté qu'
"eu égard à un contexte délicat"
"Les familles logées à l'extérieur
de la caserne de Marigot soient rassemblées sur un
site unique et que leur sécurité soit pleinement
assurée". On croirait entendre parler de
la situation en Côte d'Ivoire...
Dans
les jours qui suivent, plusieurs personnalités, sentant
qu'il y a désormais plus à gagner qu'à
perdre en s'impliquant vont s'indigner et faire à
leur tour preuve de solidarité et de compassion.
La réaction des associations anti-racistes, elles,
ne viendront que tardivement et bonnes dernières...
comme toujours quand les Blancs sont victimes de racisme
et d'albophobie.
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