02 mars 2006
 

Londres - le coup de folie raciste d'Ismail Dogan

 
 

 

Le 01 mars 2006 à Londres, Ismail Dogan, un turc d'origine Kurde âgé de 31 ans, a été reconnu coupable d'une série d'agressions et d'un meurtre commis le 23 décembre 2004, deux jours avant Noël. Les faits constituaient l'aboutissement d'une dégradation progressive de la santé mentale de ce schizophrène atteint de paranoïa.

La maladie mentale d'Ismaël Dogan avait été diagnostiquée en 2000. L'homme entendait parfois des voix et affirmait être en contact avec d ' "autres êtres". Son dernier séjour en hôpital psychiatrique remontait à l'année 2001, après quoi il avait fait l'objet d'un suivi médical jusqu'en 2002, époque à laquelle on lui avait prescrit des psychotropes.

A partir du mois de Novembre, Le turc commence à traverser une nouvelle crise. Il devient de plus en plus soupçonneux et violent, agresse ses proches et les menace. Terrifiée, sa mère se rend aux services sociaux et demande qu'il soit examiné par un medeçin compétent. Son interlocuteur, ne mesurant pas la gravité de la situation et les immenses difficultés auxquelles font face les familles de malades mentaux, renvoit la femme vers son medeçin de famille.

Ayant interrompu la prise de son traitement, Dogan bascule dans le délire complet, vit enfermé dans une terreur constante, persuadé que tout et tous le menacent. Et il y a les voix qui lui parlent, qui l'informent, qui le mettent en garde. Alors que Noël approche, elles crient plus fort, elles submergent sa volonté et elle lui disent:

"Tue des Anglais"

La phrase revient encore et toujours, obsessionnelle, dans l'esprit malade du Turc. Le 23 décembre. Ismaïl Dogan a pris sa décision pendant la nuit. Il faut qu'il agisse le jour même. A sept heures et demi du matin, il prend les clef de la voiture de sa mère, une Hyundai rouge et quittant Tottenham, il se dirige vers Edmonton en quête d'une victime.

"Tue des Anglais"

Un quart d'heure plus tard, Dogan aperçoit ce qu'il cherche: un anglais. Il s'agit de David Symes, un jeune homme de 29 ans qui se rend à la gare d'Edmonton Green pour prendre les transports en commun et aller au travail. Empoignant le couteau de cuisine qu'il a emmené avec lui, Dogan se précipite vers lui et le poignarde trois fois dans le dos. Symes s'effondre et, gravement blessé, commence à se vider de son sang. Son agresseur s'enfuit, perdant au passage son couteau.

Le paranoïaque se remet en route tandis que la voix qui resonne dans sa tête répète inlassablement son ordre. Vers 8h15, il entre dans un magasin d'outillage situé sur Tottenham High Road et achète un couteau de boucher. Comme beaucoup de malades mentaux, il est capable de donner le change pour de brêve périodes. L'employé, qui ne soupçonne rien, lui rend sa monnaie. A nouveau armé, Ismaîl Dogan remonte dans la Hyundai et reprend sa macabre quète.

Dans sa tête, la voix hurle "tue les anglais"

Alors quand, une demi heure plus tard, patrouillant à Wood Green, il aperçoit Roger Levy en train de marcher, un journal sous le bras, sur Gladstone avenue, Il se jette sur le dentiste et le poignarde à cinq reprises avant de remonter dans la Hyundai Rouge.

Dans sa tête, la voix hurle toujours "tue les Anglais"

Vers 09h07, à Compton Crescent, dans Tottenham, il s'arrête brusquement devant une cycliste, sort de sa voiture, s'avance rapidement vers Vicky Cann et avant qu'elle n'est eu le temps de réaliser ce qui lui arrive, elle sent brusquement une terrible douleur dans sa poitrine. le Turc vient de la poignarder, elle n'a même pas vu l'arme.

et dans la tête de Dogan résonne la mélopée lancinante "tue les Anglais"

Cinq minutes après avoir gravement blessé Vicky Cann, il est à l'Empire parade. Son attaque est si rapide, si brusque, si inattendu que Raymond Day, sa nouvelle victime, un retraité âgé de 76 ans, ne remarque même pas qu'il a été poignardé, imaginant qu'il vient simplement d'être frappé à la poitrine sans raison. C'est lorsqu'il arrive au supermarché pour faire ses course qu'un employé lui signale qu'il est en train de saigner. La blessure est en fait d'une extrême gravité.

Dogan, lui, poursuit sa macabre besogne, entièrement soumis à la voix qui lui intime encore et toujours "tue les Anglais"

A 09h13, alors qu'il passe en voiture près d'Ecclesbourne Gardens, à Palmer Green, il arrête sa Hyundai, empoigne son couteau, ouvre la portière, descend du véhicule, approche de Jeffrey Arthur et poignarde le quinquagénaire avant d'être mis en fuite par Kalpna Shah, un policier qui passe par là.

La voix continue de lui ordonner "tue les Anglais"

Deux minutes plus tard, arrivé à Edmonton, il s'attaque à Ernie Meads, un homme de 58 ans qui se trouve à un arrêt de bus ou sa femme vient de le déposer. Poignardé une première fois, la victime tombe à terre. Dogan lui monte dessus, brandit son couteau et le poignarde à plusieurs reprises avant de s'enfuir en le laissant pour mort. Ernie Meads parvient à se relever et, en titubant, à marcher jusqu'à un commerce tout proche. lorsqu'il arrive aux urgences, le medeçin qui l'examine déclare qu' "il est clair à 100% ...que considérant ses blessures, ce patient n'a aucune chance de survivre."

Ismaïl Dogan sera finalement arrêté prés de chez lui après une lutte farouche avec les policiers. Interrogé par les enquêteurs, il leur déclarera que "ces personnes qui sont mortes n'étaient d'aucune utilité. Il y a tellement de personnes qui meurent en Iraq, qui s'en occupe? Aujourd'huis, j'ai fait du bon travail."

Roger Levy subira de graves sequelles psychologiques et, en 2005, devra cesser de tarvailler en milieu hospitalier. Victoria Cann sera opérée au London Heart Hospital; les chirurgiens parviendront à la sauver en dépit d'une blessure d'une extrême gravité. Raymond Day, lui aussi, sera opéré d'une blessure qui mettait ses jours en danger. David Symes, qui perdra deux litres de sang, survivra à l'agression grâce à une opération effectuée en urgence. Ernie Mead décèdera quelques heures plus tard, laissant derrière lui une femme et deux enfants.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
         
 

 

Qui se souvient de Pascale Rolet ?

C'était le 24 décembre 2002, dans une entrée d'immeuble de la rue de la parfumerie, à Asnières, dans les Hauts de Seine. Pascale Rolet, une infirmière âgée de 37 ans rentrait chez elle lorsqu'elle a été victime d'une agression atroce.

L'homme qui allait la tuer s'appelait Samir Zaoui. il avait 39 ans, il était connu des services de police pour une multitude d'incendies de voitures, de dégradations, de traffics de drogue qui, depuis 1999, lui avaient values entre cinq et dix condamnations. Depuis l'année 2001, la police avait remarqué une accentuation de ses tendances criminelles.

Cette année là, l'approche de la fête de Noël perturbe plus qu'à l'accoutumé le délinquant arabe. Il reçoit, déclarera-t-il plus tard, une "inspiration divine": cette fois-ci, contrairement à ceux qui, chaque année, brûlent des centaines de voitures à l'approche de noël et du nouvel an, lui va brûler une femme.

Dans sa folie, Samir Zaoui reste méthodique. Son crime est prémédité. Quelques heures avant de passer à l'acte, il se rend dans une station service pour acheter de l'essence. Il ne choisi pas non plus au hasard l'entrée d'immeuble où il va se cacher. C'est celui où habite Marguerite, une femme d'une cinquantaine d'année qu'il avait aspergée d'essence et gravement brulée en avril 2001. On l'avait soupçonné d'être l'auteur de l'agression mais, faute preuve, on n'avait pas pu l'arrêter.

En cette veille de Noël 2002, à midi, tapis dans l'ombre, il attend que passe la victime idéale.

Il y a beaucoup de "hasards" qui s'accumulent dans la façon d'agir de Samir Zaoui. Un hasard qui tombe le jour d'une fête chrétienne et puis un autre hasard qui lui fait choisir d'agresser une française...

Lorsque Pascale s'engage dans le hall d'entrée, Zaoui se glisse derrière elle, l'asperge d'essence. Puis sort son briquet.

L'infirmière est immédiatement transformée en boule de feu. Elle courre dans le couloir en hurlant de douleur. Le vacarme alerte les gardiens de l'immeuble qui, totalement désemparés, jettent des seaux d'eau sur cette torche humaine d'où emergent des cris terrifiants. Lorsque les flammes s'éteignent, Pascale est si brûlée, si défigurée, que c'est à ses chaussures que les gardiens la reconnaissent...

Après avoir été plongé dans un coma artificiel pour lui épargner une agonie de souffrance , Pascale Rolet est morte dans les jours qui ont suivis.

Qui, aujourd'hui, se souvient de Pascale ? Pas grand monde. Sur Google.fr , le 21 décembre 2007, une recherche dans les pages francophones au sujet de "Pascale Rolet" recense 6 pages webs. Une recherche concernant "Sohane Benziane" - une jeune maghrébine qui a été brûlée vive dans un local à poubelle au cours d'une agression également atroce - en signale 4 250.

A la mort de Sohane, un millier de personnes ont défilé pour elle dans les rues de Vitry sur Seine, où on a posé une plaque et renommé une esplanade à son nom. Pour honorer sa mémoire, En 2003, la "marche des femmes", qui a abouti à la création de l'organisation "ni putes, ni soumises" a pris Vitry sur Seine comme point de départ. On a aussi baptisé un centre d'animation après Sohane Benziane dans le quinzième arrondissement de Paris. Le procès de l'agresseur de Sohane Benziane a donné lieu à un immense tapage médiatique.

Il est impossible de savoir si l'agresseur de Pascale a été jugé pour son crime. Il n'y a pas eu de marche pour elle, pas de tonitruante manifestation de sympathie. Française, tuée par un arabe, vraisemblablement de confession musulmane, à quelques heures de Noël, sa mort était trop embarrassante pour trop de monde. Elle était surtout trop comme la majorité d'entre nous et à cause de cela, elle a été exclue de notre mémoire collective. une recherche dans Google, simplement, en témoigne.

 
 
     
         
 

 

De l'inégalité des victimes en France selon leur race

Pascal Rolet : française de souche brûlée vive dans une entrée d'immeuble le soir de Noël 2002 par Samir Zaoui. Décédée.

Sohane Benziane : Maghrébine brulée vive dans un local à poubelle en octobre 2002 par Djamel Derrar. Décédée.

Mama Galledou : Sénégalaise brulée dans un bus à marseille par un jet de cocktail molotov en 2006. A survécu.

 
 
     
         
 

 

A propos de Pascale Rolet

 
 
     
         
 
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