31 mars 2006
 

Violences du 23 mars - polémiques

 
 

 


Un jeune Blanc pris à parti par les dépouilleurs
afro-maghrébins pendant les violences du 23 mars 2006

source Yahoo / reuters

Le manque d'anticipation

Dans les heures qui vont suivre la manifestation anti-CPE du 23 mars 2006, une petite polémique va éclater sur le rôle jouée par la police et sur son inaction. La méthode avait déjà été utilisée par les partis de gauche lors des manifestations lycéennes.

De façon plus surprenante, la capacité de Nicolas Sarkozy de prévenir ce type d'incidents n'a pas du tout été évoqué. Paradoxalement, Celui que les médias présentent comme un modele de fermeté s'avère pourtant, si on juge son bilan, être une catastrophe d'un point de vue sécuritaire. Jamais la France n'a vu, en si peu de temps, autant de manifestations de violence à grande échelle. Elles ont commencé avec les manifestations lycéennes contre la loi Fillon. Elles ont continuées avec la gestion calamiteuse des émeutes de banlieues, incidents qui sont généralement réglés en deux ou trois jours en Grande Bretagne, et qui se sont éternisés 18 jours en France. Elle ont rebondi quelques semaines plus tard lorsque les centaines de passagers du train Nice-Lyon ont été pris en otage par des bandes ethniques regroupant des dizaines de "jeunes". Elles se renouvellent à nouveau en Mars. Paris, en effet, n'a pas été la seule ville touchée par la violence des bandes, la Seine saint Denis a également été le théâtre de scènes d'émeutes.

Hors on peut légitimement douter de l'efficacité du Ministre de l'intérieur dans la gestion des violences raciales dans la mesure où l'on n'a pas affaire ici à un phénomène nouveau mais à la reproduction, à l'identique, de ce qui s'était produit un an plus tôt.

Manifestement, on n'a pas tiré les enseignements de ce qui s'était déjà produit. De plus, il y avait eu de nombreux signes avant coureurs de ce qui s'est produit à Paris le 23 Mars. La presse avait déjà signalé que les journalistes s'étaient fait agresser en banlieue pendant les manifestations et dès le 21 mars, le retour des dépouilleurs dans les manifestations à Paris même avait été largement signalé. la question n'est donc pas de savoir pourquoi les policiers présents sur place ne sont pas intervenus pendant les manifestations mais plutôt pourquoi le ministere de l'Intérieur n'a mis en place aucune mesure de prévention avant celles-ci. Comment expliquer ce Fiasco ?

"Racailles" et peur de stigmatiser

La réponse se trouve, en filigrane, dans les déclarations de Nicolas Sarkozy devant les caméras de télévision. Interrogé au sujet de l'inaction des policiers, Nicolas Sarkozy avait répondu aux journalistes que "Nous devons protéger les manifestants et interpeller les casseurs. Le problême c'est que bien souvent ils ont le même âge, la même tenue, et que ce n'est pas si facile de faire la différence entre celui qui est un casseur, avant qu'il ne casse, et celui qui est un manifestant." Derrière l'inaction de la police et les propos modérés de Nicolas Sarkozy, on sent poindre la polémique du "Karcher" et des "racailles", qui avait éclaté pendant les premiers jours des émeutes raciales lorsqu' Azzouz Begag, paralysant l'action du gouvernement, avait provoqué une crise politique en prenant fait et cause pour les émeutiers. Simplement, le 23 mars, on n'a pas voulu stigmatiser les "jeunes" de banlieue en procédant à des contrôles et à des interpellations, par crainte de heurter les sensibilités communautaristes des uns et des autres.

C'est aussi dans les émeutes d'Octobre-Novembre qu'il faut comprendre la modération dont la presse, particulièrement de Gauche, fait preuve vis à vis de Nicolas Sarkozy. Aujourd'hui, chacun est conscient que ces émeutes risquent d'avoir, à un an des élections présidentielles, un profond impact sur le scrutin et d'aucuns craignent de voir le Front National rééditer, voir améliorer, sa performance d'Avril 2002. Pour cette raison, alors que tout indique que le Ministre de l'Intérieur est incapable de gérer la violence urbaine, nul ne s'avise de porter atteinte à son image.

Souligner la gestion calamiteuse de l'insécurité de rue par Nicolas Sarkozy, alors que le Parti socialiste n'a aucune crédibilité dans ce domaine, c'est prendre le risque de voir les électeurs se tourner vers un Front National dont les prédictions se sont avérées, en fin de compte, exactes. Paradoxalement, c'est son incompétence qui vaut à Nicolas Sarkozy une bonne presse. En réalité, Celui qu'on présente comme le champion de la sécurité est celui de l'insécurité. il est le recordman du nombre de voitures brûlées en un an, soit 45 588 en 2005, du nombre de voiture brülées un nouvel an, soit 425 le 01 janvier 2006 et du nombre de voitures brülées un 14 juillet, soit 500. Un tel bilan mériterait pourtant bien des critiques.

Une conséquence de l'immigration

Autre polémique dont on évite de parler, bien sur, c'est celle de l'immigration. Il suffit de regarder les photos de dépouilleurs pour remarquer la dimension ethnique du phénomène. En sédentarisant Africains et Maghrébins dans l'héxagone, sommes nous en train de faire le bon choix ? On a vu, cette année, la nette émergence d'un phénomène d'hyper-violence clairement associée à la présence de jeunes immigrés africains dans les bandes de dépouilleurs. elle révéle que le changement démographique de la nature de l'immigration s'accompagne de nouvelles formes de comportements délinquants. Ce qui s'est déroulé sur la place des Invalide, c'est une forme de violence nouvelle en France, teintée de sadisme, qui fait écho à celle des campagnes du Zimbabwe, des banlieues d'Abidjan, des fermes d'Afrique du Sud ou des rues de Cincinatti.

Entre 1994 et 2002, les rapports sur les titres de séjours montrent que le nombre d'immigrés africains a augmenté de 63 % en à peine 9 ans. Encore les chiffres du ministere de l'intérieur sont-ils minimisés par le recours aux naturalisations, le fait qu'on n'attribue pas de titre de séjour aux mineurs -ceux là-même qui formaient le gros des bandes de dépouilleurs- et l'impossibilité de comptabiliser les clandestins. Devant une telle augmentation, on peut difficlement parler de maitrise des flux migratoires. Comment est gérée l'immigration africaine aujourd'huis? Difficile de le dire: depuis 2002, date d'arrivée de Nicolas Sarkozy à la tête du ministère de l'intérieur, celui ci n'a plus diffusé sur son site un seul rapport annuel sur les titres de séjours et ils ne sont pas disponibles non plus sur le site de la documentation française. Toutefois, l'absence de mesure significative en matière de lutte contre l'immigration clandestine et d'arrêt de celle ci laisse penser que la tendance générale de n'a pas changée.

L'enchainement de violences à grande échelle qui ont toutes une dimension raciale devrait nous pousser à nous demander si une société multiethnique est une société aussi généreuse et aussi saine qu'on veut nous le faire croire. Pour l'instant, tout indique le contraire, et force est de constater que les comportements de masse les plus violents et les plus racistes n'ont pas été le fait de la population blanche.

 
 
 
 
 
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