12 décembre 2003
 

Dossiers: Des lycéens blancs en minorité
confrontés au racisme

 
 
 
 
 

Il y a un peu plus d'un an, alors que je travaillais encore dans l'administration et vivais en Seine Saint Denis, mon service avait accueilli pour quelques jours Hakima, une jeune adolescente maghrébine scolarisée dans le département. Un après-midi, alors que je me trouvais dans un grand bureau où nous travaillions à huit, la plupart des employés avaient relevés le nez des dossiers et détachés les yeux des écrans. Pendant cette pause café, une conversation avait commençé et on en était arrivé à parler avec la petite stagiaire du quotidien dans son établissement scolaire. Plusieurs de mes collègues étant des mamans, le sujet leur paraissait interessant. Après avoir raconté les quatres agressions subies par ses professeurs au cours de l'années scolaire, Hakima s'était mise à nous parler de relations entre élèves. Elle nous déclara en riant que dans son école, "Il n'y a que les Françaises qui se font frapper". Comprenez les adolescentes Blanches. Catherine, une de mes collègues, mère de deux filles, lui avait demandé pourquoi: "Parce que c'est des victimes" avait répondu la jeune arabe.

L'intérêt de Catherine n'était pas fortuit. Une de ses filles était scolarisée à Paris dans le XIXème, au Lycée Bergson. C'était un des lycées publics les plus côtés de la ville jusqu'à ce que sa population ethnique change. La fille de Catherine avait commencé à revenir de plus en plus souvent avec des bleus et ma collègue songeait sérieusement à la changer d'établissement. Le lycée a ensuite defrayé la chronique lorsqu'une jeune Maghrébine a été aspergée d'acide dans les toilettes, puis lorsque des adolescentes juives ont été maculées de fromage puis entourées d'élèves maghrébins qui les traitait de "Sales Juives". Quelques temps aprés le stage d'Hakima dans notre service, Catherine, en rentrant du travail, à retrouvé sa fille en larme: l'adolescente avait été suivie et harcelée en rentrant de l'école par une bande d'adolescents afro-maghrébins.

Les propos d'Hakima avait émue une de mes autres collègues, Françoise, qui avait une petite fille de trois ans scolarisée en Seine Saint Denis. Cette petite Blonde aux yeux bleus était dans une classe que les instituteurs appelaient "la classe des français" parce qu'il s'y trouvait huit petits enfants blancs, alors que dans les autres classes on n'en comptait que deux ou trois. Un jour, la "petite crevette" de Françoise était rentrée à la maison et avait dit à sa mère: "Maman, je voudrais être noire." Que s'était-il passé ce jour là, Françoise ne l'a jamais su mais sa fille avait déjà compris qu'en Seine Saint Denis, être blanche était un désavantage...

Ces quelques exemples sont révélateurs d'une réalité qui est actuellement peu discutée et témoignent d'un fait de société dont la plupart des Français -voir des occidentaux, car le phénomène est général- n'ont pas encore conscient. Si nous avons eu la chance de grandir dans une société éthiquement homogène où nous avons pu nous épanouïr, les enfants de souche européenne qui grandissent aujourd'hui, du fait de la sédentarisation des populations immigrées, évoluent dans une monde multi-ethnique dans lesquels ils se trouvent souvent, et se trouveront de plus en plus, en minorités et dans lequel leur groupe ethnique fait l'objet d'une inquisition et d'une dévalorisation constante.

A quels problêmes - racisme, culture, comportement - vont-ils faire face ? Quel est leur avenir dans un monde qui a fait de la subsitution des sociétés occidentales par des sociétés multiethniques un objectif ?

Pour tenter de répondre à ces questions, je propose les traductions de cinq articles qui évoquent ce problême. Qu'ils se déroulent aux Etats unis où en Angleterre, ils apportent un éclairage sur les implications des choix collectifs que nous sommes en train de faire pour l'avenir des générations qui nous suivent.

En Californie, où la combinaison de facteurs migratoires et démographiques font des blancs une minorité dans un nombre croissant de régions, une adolescente de 15 ans, Lisa McClelland, a essayé de créer un "Club Caucasien" (aux USA, le terme caucasien désigne les personnes de race européenne) dans son lycée où existaient déjà un club pour les élèves Noirs, Un club pour les élèves Latinos et un club pour les élèves Asiatiques. Ses efforts ont été reçus avec hostilité >>>>>>

Toujours en Californie, le reporter Jose Antonio Vargas a enquêté sur la vie de jeunes Blancs qui tentent de se définir une identité dans un environnement multiculturel. Justine se trouve en minorité dans un lycée où, le jour du rassemblement multiculturel, seuls les étudiants Euro-américains ne sont pas représentés. Jeffrey, qui a toujours grandi en minorité parmis les Noirs, est défini par des étudiants afro-américains comme un biscuit Oreo; Blanc dehors et Noir dedans.>>>>>>

A Seattle, une enquête sur le racisme en milieu scolaire a donné l'occasion aux élèves de s'exprimer de façon anonyme sur le racisme dont ils pensent avoir été victimes. A la surprise de tous, le pourcentage d'élèves afro-américains déclarant avoir été victimes de harcèlement racial est inférieur à celui des Blancs. Ces statistiques ont été ignorées jusqu'à ce qu'un journaliste du Stranger.com, après les émeutes du mardi gras pendant lesquels un blanc a été assassiné, ne les évoque dans un article >>>>>>

En Georgie, un lycéen blanc a été arrêté pour avoir possédé un manuel de fabrication de bombes, un couteau et pour avoir porté une swastika nazie dans l'enceinte de Spencer High School. Dans cet établissement où les Blancs ne forment que 22 % de la population lycéenne et les Noirs sont en majorité, Il faisait parti des Skateboarders, les seulsadolecents blancs qui n'aient pas adopté la culture et les comportements Afro-américains. Plusieurs skateboarders se réclamant de l'anarchisme et la mère de deux d'entre eux - qui les a changé d'établissement depuis - expliquent comment le port de l'insigne nazi est devenu une façon de se protéger du racisme de certains lycéens noirs >>>>>>

Plus près de nous, en Angleterre, les Gallaghers sont la dernière famille blanche de Manningham, une banlieue de Bradford où la sédentarisation des populations immigrés a abouti à une transition complète de culture. Un journaliste du Guardian, Safran Manzoor, s'inquiète de l'agressivité du petit Jake, 11 ans, qui se bat avec les enfants Pakistano- Bengali qui le traitent de "bâtard blanc" mais évoque aussi ses soeurs Ashlene et Amie, 10 ans, qui s'apprêtent à se convertir à l'islam. Aperçu d'un futur qui est déjà une réalité pour un nombre croissant d'adolescents >>>>>>

 

 
 
 
 
 
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Lycéens Blancs
en Minorité
 
 
 
   
   
   
   
   
   
   
     
 

Pour un nombre croissant d'enfants et de lycéens Blancs, être en minorité est désormais un fait quotidien.

Voici quelques éléments de réflexion sur les problêmes auxquels ils sont confrontés

 
 
 
 
 
         
 
 
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