| |
Il
y a un peu plus d'un an, alors que je travaillais encore
dans l'administration et vivais en Seine Saint Denis, mon
service avait accueilli pour quelques jours Hakima, une
jeune adolescente maghrébine scolarisée dans
le département. Un après-midi, alors que je
me trouvais dans un grand bureau où nous travaillions
à huit, la plupart des employés avaient relevés
le nez des dossiers et détachés les yeux des
écrans. Pendant cette pause café, une conversation
avait commençé et on en était arrivé
à parler avec la petite stagiaire du quotidien dans
son établissement scolaire. Plusieurs de mes collègues
étant des mamans, le sujet leur paraissait interessant.
Après avoir raconté les quatres agressions
subies par ses professeurs au cours de l'années scolaire,
Hakima s'était mise à nous parler de relations
entre élèves. Elle nous déclara en
riant que dans son école, "Il n'y a que les
Françaises qui se font frapper". Comprenez les
adolescentes Blanches. Catherine, une de mes collègues,
mère de deux filles, lui avait demandé pourquoi:
"Parce que c'est des victimes" avait répondu
la jeune arabe.
L'intérêt
de Catherine n'était pas fortuit. Une de ses filles
était scolarisée à Paris dans le XIXème,
au Lycée Bergson. C'était un des lycées
publics les plus côtés de la ville jusqu'à
ce que sa population ethnique change. La fille de Catherine
avait commencé à revenir de plus en plus souvent
avec des bleus et ma collègue songeait sérieusement
à la changer d'établissement. Le lycée
a ensuite defrayé la chronique lorsqu'une jeune Maghrébine
a été aspergée d'acide dans les toilettes,
puis lorsque des adolescentes juives ont été
maculées de fromage puis entourées d'élèves
maghrébins qui les traitait de "Sales Juives".
Quelques temps aprés le stage d'Hakima dans notre
service, Catherine, en rentrant du travail, à retrouvé
sa fille en larme: l'adolescente avait été
suivie et harcelée en rentrant de l'école
par une bande d'adolescents afro-maghrébins.
Les
propos d'Hakima avait émue une de mes autres collègues,
Françoise, qui avait une petite fille de trois ans
scolarisée en Seine Saint Denis. Cette petite Blonde
aux yeux bleus était dans une classe que les instituteurs
appelaient "la classe des français" parce
qu'il s'y trouvait huit petits enfants blancs, alors que
dans les autres classes on n'en comptait que deux ou trois.
Un jour, la "petite crevette" de Françoise
était rentrée à la maison et avait
dit à sa mère: "Maman, je voudrais être
noire." Que s'était-il passé ce jour
là, Françoise ne l'a jamais su mais sa fille
avait déjà compris qu'en Seine Saint Denis,
être blanche était un désavantage...
Ces
quelques exemples sont révélateurs d'une réalité
qui est actuellement peu discutée et témoignent
d'un fait de société dont la plupart des Français
-voir des occidentaux, car le phénomène est
général- n'ont pas encore conscient. Si nous
avons eu la chance de grandir dans une société
éthiquement homogène où nous avons
pu nous épanouïr, les enfants de souche européenne
qui grandissent aujourd'hui, du fait de la sédentarisation
des populations immigrées, évoluent dans une
monde multi-ethnique dans lesquels ils se trouvent souvent,
et se trouveront de plus en plus, en minorités et
dans lequel leur groupe ethnique fait l'objet d'une inquisition
et d'une dévalorisation constante.
A quels
problêmes - racisme, culture, comportement - vont-ils
faire face ? Quel est leur avenir dans un monde qui a fait
de la subsitution des sociétés occidentales
par des sociétés multiethniques un objectif
?
Pour
tenter de répondre à ces questions, je propose
les traductions de cinq articles qui évoquent ce
problême. Qu'ils se déroulent aux Etats unis
où en Angleterre, ils apportent un éclairage
sur les implications des choix collectifs que nous sommes
en train de faire pour l'avenir des générations
qui nous suivent.
En Californie,
où la combinaison de facteurs migratoires et démographiques
font des blancs une minorité dans un nombre croissant
de régions, une adolescente de 15 ans, Lisa McClelland,
a essayé de créer un "Club Caucasien"
(aux USA, le terme caucasien désigne les personnes
de race européenne) dans son lycée où
existaient déjà un club pour les élèves
Noirs, Un club pour les élèves Latinos et
un club pour les élèves Asiatiques. Ses efforts
ont été reçus avec hostilité
>>>>>>
Toujours
en Californie, le reporter Jose Antonio Vargas a enquêté
sur la vie de jeunes Blancs qui tentent de se définir
une identité dans un environnement multiculturel.
Justine se trouve en minorité dans un lycée
où, le jour du rassemblement multiculturel, seuls
les étudiants Euro-américains ne sont pas
représentés. Jeffrey, qui a toujours grandi
en minorité parmis les Noirs, est défini par
des étudiants afro-américains comme un biscuit
Oreo; Blanc dehors et Noir dedans.>>>>>>
A Seattle,
une enquête sur le racisme en milieu scolaire a donné
l'occasion aux élèves de s'exprimer de façon
anonyme sur le racisme dont ils pensent avoir été
victimes. A la surprise de tous, le pourcentage d'élèves
afro-américains déclarant avoir été
victimes de harcèlement racial est inférieur
à celui des Blancs. Ces statistiques ont été
ignorées jusqu'à ce qu'un journaliste du Stranger.com,
après les émeutes du mardi gras pendant lesquels
un blanc a été assassiné, ne les évoque
dans un article >>>>>>
En Georgie,
un lycéen blanc a été arrêté
pour avoir possédé un manuel de fabrication
de bombes, un couteau et pour avoir porté une swastika
nazie dans l'enceinte de Spencer High School. Dans cet établissement
où les Blancs ne forment que 22 % de la population
lycéenne et les Noirs sont en majorité, Il
faisait parti des Skateboarders, les seulsadolecents blancs
qui n'aient pas adopté la culture et les comportements
Afro-américains. Plusieurs skateboarders se réclamant
de l'anarchisme et la mère de deux d'entre eux -
qui les a changé d'établissement depuis -
expliquent comment le port de l'insigne nazi est devenu
une façon de se protéger du racisme de certains
lycéens noirs >>>>>>
Plus
près de nous, en Angleterre, les Gallaghers sont
la dernière famille blanche de Manningham, une banlieue
de Bradford où la sédentarisation des populations
immigrés a abouti à une transition complète
de culture. Un journaliste du Guardian, Safran Manzoor,
s'inquiète de l'agressivité du petit Jake,
11 ans, qui se bat avec les enfants Pakistano- Bengali qui
le traitent de "bâtard blanc" mais évoque
aussi ses soeurs Ashlene et Amie, 10 ans, qui s'apprêtent
à se convertir à l'islam. Aperçu d'un
futur qui est déjà une réalité
pour un nombre croissant d'adolescents >>>>>>
|
|