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Depuis
1993, l'assemblée du Texas était le théatre
d'une âpre bataille juridique. L'enjeu était
le passage d'une loi sur les crimes motivés par la
haine raciale qui devait se traduire par une diminution
des libertés individuelles des Texans. Cette loi,
finalement votée par le parlement du Texas, était
encore bloquée par le Senat. Un nouveau vote du sénat,
prévu pour le 3 mai 2001, s'annonçait conforme
à toutes les décisions prises dans ce domaine
par cette assemblée de législateurs.
Le
3 mai dans la journée, en plein débât
sur la loi au sénat du Texas, coup de théâtre
!
On
annonçe que dans la nuit, un ignoble crime raciste
a été commis. Saint Luke Church, une église
de Dallas, fréquentée principalement par des
Noirs et par les personnalités les plus influentes
de la communauté afro-américaine du Texas
a été la cible de vandalisme et de graffitis
racistes. Acte ignoble: une Swastika avait été
peinte sur les fenêtres !
Huit
jours plus tard, la loi fut votée par le Sénat
et précipitamment ratifié par Rick Perry,
le gouverneur de l'état.
Mais
tandis que les législateurs s'affairaient, la police
de Dallas, le FBI et les journalistes menaient l'enquête.
Ce
fut un consultant afro-américain du FBI, spécialisé
dans les questions des Droits Civiques et des crimes racistes
qui fit part à Jim Schutze, un journaliste du Dallas
Observer, de son scepticisme.
"J'ai
dit au FBI que ce ne sont pas des blancs qui ont fait ça."
Les
éléments qui le faisaient douter d'un crime
raciste étaient les suivants:
-
Les Swastikas ne sont quasiment jamais utilisées
lors des attaques contre les églises des Noirs.
-
Aucune inscription du KKK ou des suprématistes
blancs ne se trouvaient sur les mur de Saint Luke
-
Aucun propos raciste typique des agressions contre les
Noirs n'avait été utilisé. l'expert
déclarait ne pas connaître de cas de vandalisme
contre une église de Noirs dans lequel le Mot "N****"
n'ait pas été utilisé.
-
La peinture, blanche à base de latex et étalée
au pinceau, était de trop bonne qualité
alors que les vandales privilégient la peinture
en bombe, plus facile et rapide à manier
- Saint
Luke Church était particulièrement bien
éclairée et connue de tous, alors les racistes
attaquent plutôt des bâtiment isolés
et mal éclairés, où ils ont peu de
chance d'être surpris.
Dans
les semaines qui suivirent, ces premières impressions
allaient être confirmées.
Ainsi,
la police découvrit qu'une entreprise de rénovation
venait de terminer des travaux dans l'église. Les
peintres utilisaient une peinture blanche à base
de Latex qui était erntreposée dans l'église.
Larry Murphy, le peintre, déclara que pendant la
nuit, il laissait les pots de peinture dans les couloirs.
Le
révérend Zan Holmes, qui dirigeait Saint Luke,
était un ancien législateur du Texas. Il avait
beaucoup milité pour la loi qui devait être
présenté au Sénat dans la journée
du 3 mai. Il participait activement à un lobby à
cet effet. Dans les semaines précédentes,
il avait beaucoup évoqué ce sujet dans ses
sermonts.
Après
plusieurs jours - et après que la loi ait été
votée et ratifiée - la police révèla
que dès le 3 mai, un couple d'automobilistes blancs
avait téléphoné à la police
pour signaler qu'ils avaient vu quelqu'un en train de peindre
quelque chose sur la façade de l'église le
02 mai 2001, vers 22 heure 30.La
description, rendue possible parce que l'église,
comme l'avait remarqué le consultant du FBI, était
trés éclairée, était trés
détaillée: Il s'agissait d'un jeune homme
noir, d'environ quinze ans ou un peu plus vieux portant
une chemise blanche, un pantalon sombre et chaussettes blanches
et des chaussures noires. L'enquête a montré
que ce soir là, la chorale des jeunes de l'église
avait travaillé jusque 22 heures 20 et
que ses membres avaient été les derniers à
quitter le bâtiment.
Au Texas,
Il est des coincidences troublantes, des témoignages
édifiants et des Timings fort opportuns!
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