20 mai 2006
 
Seattle : le drôle d'anti-racisme de Caprice Hollins
 
 
 
 
 
Sous un alibi pédagogique, le site des écoles publiques de Seattle véhicule une vision démagogique du racisme
Une des spécifités qui font du racisme anti-blanc un phénomène distinct de toutes les autres formes de racisme, c'est qu'il existe une forme de discours haineux trés particulier qui incite sans relache à la haine envers les Blancs et véhicule une vision stéréotypée selon laquelle dans le pire des cas, seuls les Blancs sont racistes et, dans une version atténuée, les Blancs sont plus racistes que les autres populations. Dans certains cas, en effet, l'anti-racisme est vecteur de racisme envers les blancs.

Les stéréotypes anti-blancs véhiculés par l'anti-racisme albophobe sont propagés de plusieurs façons. D'une part, en présentant systématiquement ou surtout les Blancs comme les racistes. D'autre part en ne présentant soit jamais, soit trés peu, les Blancs comme des victimes du racisme, ou en minimisant les actes de racisme anti-blanc. Enfin, en présentant des définitions du racisme qui enferment les Blancs dans le role stéréotypé de racistes.

Les définitions du racisme dans les écoles publiques de Seattle.

Aux Etats-Unis, qui ont généralement une avance d'une dizaine d'années sur les phénomènes de sociétés qui vont se produire en France, l'anti-racisme albophobe se porte bien. On en trouve un parfait exemple sur le site internet des écoles publiques de Seattle où une section entière est consacrée au service des relations raciales. Dans un but pédagogique, ce service a mis en ligne les définitions du racisme qui sont enseignées dans les écoles de la ville. Inspirées de l'ouvrage "Teaching for Diversity and Social Justice". Elles sont les suivantes: (italiques ajoutées)

"Racisme: la subordination systématique de membres de groupes raciaux visés qui ont relativement peu de pouvoir social aux Etats Unis (Les Noirs, les Latinos, Les indiens-américains et les Asiatiques), par les membres du groupe racial vecteur qui ont relativement plus de pouvoir social (Les Blancs). La subordination est aidée par les actions d'individus, de normes culturelles et de valeurs, et de structures institutionnelles et de pratiques en société.

Le racisme individuel : Les croyances, les attitudes et les actions d'individus qui aident ou perpétuent le racisme. Le racisme individuel peut se produire à des niveaux conscients ou inconscients et peut être à la fois actif ou passif. Par exemple: dire une blague raciste, tenir un propos raciste ou croire à la supériorité intrinsèque des Blancs.

Le racisme actif : Les actions qui ont pour but implicite ou explicite le maintien d'un systême raciste et l'oppression de ceux qui appartiennent aux groupes ethniques visés. Les gens qui participent au racisme actif professent la subordination constante des membres du groupe visé et la protection des "droits" des membres du groupe vecteur. Ces buts sont souvent soutenus par une croyance en l'infériorité des gens de couleur et la supériorité de la population, de la culture et des valeurs blanches.

Le racisme passif : Les croyances, les attitudes et les actions qui contribuent au maintien du racisme, sans ouvertement professer la violence ou l'opression. Le maintien conscient ou inconscient d'attitudes, de croyances ou de comportements qui soutiennent un systême de racisme, de préjugés racistes ou de domination raciale.

Le racisme culturel : Ces aspects de la société qui, ouvertement ou secrêtement, attribuent une valeur et une normalité aux populations blanches et à la blancheur et qui dévaluent, stéréotypent ou catégorisent les gens de couleur comme "autres", differents, moins que ou les rendent invisibles. Les exemples de ces normes comprennent définir le ton de la peau blanche comme celui de la nudité ou de la chair, être orienté vers le futur, mettre l'emphase sur l'individualisme plutôt que sur une idéologie collective, définir une forme d'anglais comme "standard" et n'identifier que les Blancs comme de grands écrivains ou de grands compositeurs.

Le racisme institutionnel : Le réseau de structures institutionnelles, de politiques et de pratiques qui créent des avantages et des bénéfices pour les Blancs et de la discrimination, de l'oppression et des désavantages pour les populations des groupes ethniques visés. Les avantages créés pour les Blancs sont à la fois invisibles à leurs yeux ou considérés comme des "droits" disponibles pour tous contre des privilèges accordés seulement à certains groupes ou à certains individus.


Paradant sous un anti-racisme de façade, on est bien confronté ici à une réthorique relevant du racisme anti-blanc: toutes les définitions ont été verrouillées de façon à montrer du doigt et fixer des roles stéréotypés: le Blanc est toujours présenté comme un raciste. Plus encore, les définitions données par la commission raciale de Seattle ne laissent aucune chance aux Blancs d'échapper à ce rôle de racistes de service. S'ils ne sont pas activement racistes, alors ils ne sont de façon passive. S'ils ne le sont pas consciemment, alors ils le sont inconsciemment. Dans tous les cas de figures, ils bénéficient de privilèges "invisibles" qui les rendent, qu'ils le veuillent ou non, participants et bénéficiaires d'un systême raciste et en cela, ils sont tous, automatiquement, du fait de leur appartenance à un groupe ethnique spécifique, des exploiteurs..

Des études menées sur le racisme en milieu scolaire à Seattle.

Ce choix de définitions très spéciales du racisme, qui designent systématiquement les Blancs comme les uniques et éternels racistes est d'autant plus surprenante de la part des autorités des écoles publiques de Seattle que des études menées en milieu scolaire en 1995 et en 1999 avaient livrés des résultats surprenants concernant le racisme qui y règne et ceux qui le subissent. Dans ces études, on posait aux élèves - entre autres thêmes - la question suivante : "Quelqu'un vous a-t-il déjà tenu des propos racistes ou vous a-t-il déjà attaqué en fonction de votre race ou de votre ethnicité, à l'école ou en chemin de, ou vers l'école?".

Si de 1995 à 1999, l'étude mettait en lumière une diminution de 12 % de la victimisation raciale, elle révélait un phénomène inattendu. Pour ces deux années, les élèves latinos étaient ceux qui se plaignaient le plus, en proportion, d'être confrontés à des manifestations de racisme : 51 % en 1995 et 42 % en 1999 répondaient par l'affirmative à la question sur le racisme. Ils étaient suivi par les élèves d'origine "multi-ethnique" qui répondaient oui à 51 % en 1995 et à 38 % en 1999. Mais le résultat le plus surprenant est qu'en 1995 comme en 1999, une plus grande proportion d'élèves blancs que d'élèves noirs répondait s'être fait prendre à parti pour des motifs raciaux: 48 % des répondants blancs en 1995 contre 36 % des élèves noirs. 32 % des répondants blancs en 1999 contre 26 % des répondants Noirs - cette année là, les jeunes afro-américains étaient le groupe ethnique dont les membres se plaignaient le moins, en proportion, d'avoir fait l'expérience de comportements racistes exercés à leur détriment.

Que les chiffres de cette étude aient été présentés en pourcentage et sous forme de proportion de personnes appartenant à différents groupes éthniques ayant été touchées par des actes ou des propos racistes est une astuce statistique qui a permis aux auteurs de l'étude de minimiser l'ampleur du racisme anti-blanc.

Les élèves blancs, en effet, sont les plus nombreux dans les écoles publiques de Seattle, même s'il ne constituent pas la majorité des élèves scolarisés. Sur les 13 400 élèves des écoles publiques de Seattle à l'époque des enquêtes, on comptait 41 % d'élèves blancs, 23 % étaient afro-américains, les 36 % restant cumulant les élèves latinos, asiatiques et d'autres origines. Pour cette raison, même si la proportion d'élèves blancs qui disent avoir été victimes de comportement racistes est inférieure à celle d'élèves de certains autres groupes ethniques, en valeur absolue, leur nombre est inévitablement supérieur ou égal à celui des Latinos et des autres groupes ethniques.

En d'autres termes : ce sont les Blancs qui sont les plus visés par des actes d'hostilité raciale dans les écoles de Seattle. Et il est important de souligner ici que les élèves blancs eux-même ne commettent pas, bien sur, l'ensemble des actes d'hostilités raciales signalés par les membres d'autres groupes ethniques. Concernant le nombre d'élèves blancs et d'élèves noirs qui disaient avoir été la cible de comportements racistes en 1999, si les pourcentages sont appliqués à l'ensemble de la population scolaire et convertis en valeur absolue, cela veut dire que 1 758 élèves blancs ont été visés par des comportements racistes, contre 800 élèves noirs. Même si les élèves multi-éthniques se disent proportionnellement plus touchés que les Blancs par le racisme, s'ils ne comptent que pour deux ou trois pour cent des élèves scolarisés dans les écoles de Seattle, il est évident que ce chiffre reste trés faible en regard du nombre d'élèves blancs qui ont fait l'expérience du racisme, puisqu'eux représentent 40 % des élèves.

L'étude reproduisait quelques commentaires écrits par les répondants, et leur anonymat garanti, certains élèves blancs ont dit clairement ce qu'ils pensaient: "[le racisme dans notre école] n'est pas celui des blancs envers les Noirs mais des Noirs envers les Blancs." Un autre écrivait "On nous traite de "petits Blancs" ou d'"Ordure blanche." On n'y fait pas attention, mais si des Blancs appelent des Noirs des "négros", on se fait tabasser. je pense que c'est DEGUEULASSE." un autre encore: "Je ne vois pas de Blancs qui harcèlent des Noirs, mais je vois bien l'opposé. Pas de propos racistes, ils sautent au visage des gamins blancs, tentant de les effrayer. Et ils en rigolent." ce qui est particulièrment frappant dans ces passages, reproduit par un journal de Seattle, c'est qu'ils soulignent tous l'unilatéralité du discours anti-raciste et une inégalité de traitement face au racisme exercée au détriment des Blancs.

A l'époque, ces chiffres et ces propos, pour surprenant qu'ils soient, n'ont pas fait l'objet d'un débat. Pamela Hillard, la responsable des programmes d'éducation à la santé des écoles de Seattle, qui a dirigé l'étude, n'avait aucune explication à fournir à ce sujet et le phénomène n'a fait l'objet d'aucune étude approfondie. La question, visiblement dérangeait ou mettait mal à l'aise - On a donc décidé de faire comme si de rien n'était.

Le cas Rebecca Porcaro


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Melissa Lau et Rebecca Porcaro en 1997

Le racisme auquel les élèves blancs étaient confrontés à l'époque où ont été menées les enquêtes dans les écoles publiques de la ville de Seattle a été particulièrement bien illustré par l'affaire Rebecca Porcaro. En 2001, les services educatifs de la ville ont été condamnés à verser 40 000 Dollars de dommages et intêrets à cette jeune femme blanche. Pendant sa scolarité à Rainier Beach High School, les responsables des écoles publiques de Seattle avaient laissé se developper un climat d'hostilité raciale à son égard, en contravention des lois locales et fédérales.

Les problêmes de Rebecca Porcaro commencent en 1995. Rebecca, qui souhaite poursuivre sa scolarité en compagnie de sa meilleure amie, d'origine asiatique, passe des écoles privées où elle a suivit sa scolarité à l'école publique de Rainier Beach, où les Blancs sont très minoritaires parmis les élèves. La jeune femme témoigne qu'il était rare de croiser d'autres Blancs dans les couloirs. Blonde, ayant une peau trés blanche, élégante et bonne élève, l'adolescente est immédiatement prise en grippe par les élèves noirs qui lui font subir un quotidien fait de menaces, d'insultes racistes et de propositions obscènes. "Putain blanche. Idiote de blanche. Chienne blanche, retourne à Bellevue. C'est notre école." s'entend-elle dire jour après jour.

Face à sa detresse, elle va se trouver confrontée à l'indifférence des responsables de l'école. En une occasion, craignant pour sa sécurité, elle courre jusqu'au bureau de la principale du lycée, qui refuse de la recevoir. Se tournant vers un garde de sécurité de l'école, on lui répond s'implement d' ignorer le problême. Les responsables de l'école ne prennent pas la mesure du racisme auquel est confronté la jeune femme.

Ne recevant aucune aide de la part des autorités de l'école, pour échapper au climat anti-blanc de Rainier Beach High School, elle s'inscrit à un programme scolaire intensif qu'elle n'a pas les capacités de suivre et qui la surcharge de travail à la maison, une stratégie préjudiciable à long terme pour sa scolarité mais qui lui permet, dans l'immédiat, d'être peu présente dans l'enceinte de l'établissement. Elle renonce également à pratiquer certaines activités, notamment les sports d'équipes. Sa confiance en elle ébranlée, sa motivation s'effondre et ses résultats scolaires baissent. La jeune femme sèche les cours pour échapper au harcèlement incessant que lui font subir les jeunes Noirs, et elle intériorise un message qui l'amène à se dire : "Je suis une pute, je suis de l'ordure, je suis blanche." Les cicatrices émotionnelles de cet enfer la suivront après avoir obtenu son diplôme ; elle traversera une période de toxicomanie.

D'inévitables résultats

En 2000, après la publication de l'étude menée en 1999 dans les écoles publiques de Seattle, Pamela Hillard, la responsable de l'éducation à la santé des services scolaires, plutôt que de s'attarder sur les résultats inhabituels de celle-ci, mettait l'accent sur la baisse de 12 % des plaintes de harcèlement à caractère racial. Il n'est pourtant pas certain que cette baisse soit le résultat d'un quelquonque effort pédagogique dans les écoles de la ville.

Ironiquement, Rebecca Porcaro a commencé sa scolarité à Rainer Beach High School en 1995 lorsque le premier questionnaire avait été distribué aux élèves et elle pourrait bien être de ces garçons et ces filles qui, déjà, se plaignaient anonymement du climat de racisme anti-blanc qui régnait dans les écoles publiques de Seattle. L'indifference manifestée vis à vis des résultats de cette première enquête a incontestablement contribué au calvaire enduré par l'adolescente.

A l'époque, le lycée de Rainier Beach comptait 164 élèves de race blanche dans un lycée où ils représentaient 18 % de la population étudiante. En 2000, ce chiffre est tombé à 53 élèves de race blanche et ils ne représentent plus que 7.8 % des effectifs. Le corps étudiant de l'école a également diminué, passant de 912 à 683 élèves. En 2004, le nombre de Blancs avait encore légèrement diminué, les Blancs ne comptaient plus que pour 7 % des élèves mais la proportion d'élèves d'origine asiatique s'était elle aussi érodée, passant de 30.5 % en 2000 à 25 % en 2004, alors que le nombre total d'élèves de ce lycée, 701, est resté stable. Entre 2000 et 2004, le nombre d'élèves noirs a sensiblement progressé, passant de 52% à 60 %.

A Rainier Beach High School, la mesure la plus effective contre le racisme pourrait avoir été prise par les nombreux parents d'élèves qui ont retiré leurs enfants de cettte école et les ont inscrits dans les lycées où ceux-ci seraient moins en contact avec des élèves afro-américains. Si on en juge par l'expérience vécue par la jeune Rebecca, ce ne sont pas tant les Blancs qui ne veulent pas de diversité raciale que les jeunes Noirs qui, par leur comportements, font le vide autour d'eux.

Caprice Hollins, sous sa direction, on enseigne dans les écoles de Seattle que seuls les Blancs sont racistes et qu'ils ne peuvent être que racistes.

L'indifférence rencontrée par la jeune Rebecca s'explique aisement lorsqu'on découvre l'approche trés particulière de l'anti-racisme des écoles publiques de Seattle. Une approche somme toute haineuse qui enferme les Blancs dans le rôle unilatéral de l'oppresseur et de l'agresseur. Lorsqu'on lit les définitions du racisme répandues au cours de séminaires et de stages de "sensibilisation" des professeurs, on peut légitimement se demander quel soutien et quel aide des élèves blancs pourraient obtenir d'eux.

Mais s'interroger sur ce discours anti-blanc, c'est aussi s'interroger sur ceux qui en font la promotion. Allant à l'encontre de préjugés angélistes, Caprice Hollins, la personne qui dirige les services de l'égalité des écoles publiques de Seattle, est une métisse qui se revendique comme une afro-américaine mais qui met en avant ses origines métissées - son père est noir et sa mère, blanche - comme s'il s'agissait là d'une garantie de moralité. C'est oublier que le racisme de certains métisses consiste précisement à croire que leur origines mélangées leur confère automatiquement une supériorité morale sur ceux dont les parents partagent la même origine et que cette particularité biologique les immunisent automatiquement de la "tare de la haine raciale".

Lorsqu'on met en avant, comme Caprice Hollins, une pédagogie qui présente systématiquement et uniquement les Blancs comme d'éternels racistes, on est incontestablement raciste soi-même. Raciste envers les Blancs.

Le type de pédagogie enseignée sous la direction de Caprice Hollins - ses définitions réductrices du racisme - montre on ne peut mieux pourquoi il est important d'utiliser l'expression "racisme anti-blanc" plutôt que l'expression générique "racisme" pour parler de l'hostilité raciale à laquelle peuvent être confronté des personnes blanches de peau. Le terme "racisme" n'est compris - en particulier dans les milieux de gauche - que comme le racisme des seuls Blancs. Elle montre aussi on ne peut mieux la nécessité de parler d' anti-racisme albophobe, c'est à dire d'une idéologie qui s'annonce comme anti-raciste mais qui est en fait un puissant vecteur de haine envers les Blancs.

 
 
 
 
 
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Drôle d'antiracisme
 
     
   
 
antiracisme à l'école
 
   
   
 
 
 
 
         
 
Références
   
 
   
         
 
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